ACTE DEUXIÈME
Je l’ai dit: remettons les soucis à demain !
Aujourd’hui je ne veux trouver sur mon chemin Que des rires joyeux sur des bouches vermeilles! Thouars n’a pas d’égal et fera des merveilles !
Ah ! depuis trop longtemps la dure pauvreté Vous sevrait des plaisirs dus à votre beauté ! L’opulence revient, et la joie avec elle,
Et ce bel art des vers qui vous fera plus belle,
Et des fêtes enfin où votre front heureux Répandra son bonheur sur mon cœur amoureux !
AGNÈS, à elle-même.
Des fêtes ! . ..
LE ROI
Qu’avez-vous ? ah ! je crois vous entendre ! Moins de folle gaîté vous semblerait plus tendre,
Et sans doute vos yeux me reprochent tout bas, Aimant trop le plaisir, de ne vous aimer pas !
Il est vrai ! ma raison fuit quand ie plaisir passe!
Mais c’est pour vous, ingrate ! obtiendrai-je ma grâce? Voulez-vous me donner votre main ?
Il veut prendre la main d’Agnès qui la retire vivement.
Quel émoi 1
Qu’attendez-vous, Agnès?
JEANNE O'AUC
AGNÈS, comme meuaut une résolution soudaine, et avec éclat.
Ali !... que vous soyez ro: !
Oui! lu clarté se fait dans mon âme et pénètre Jusqu'au fond de mon cœur houleux de se connaître! La vérité l’emporte, et je veux du mépris Défendre mon amour, que je mets à ce prix !
Sire ! sortez enfin de votre léthargie!
Découvrez vos vertus, avec votre énergie!
Oue, si dans le passé je dois m'humilier,
Je garde au moins l’honneur d’armer mon chevalier! Déployez l’oriflamme, et que les canons tonnent !
Lt que vos ennemis, qui vous raillaient, s’étonnent, Par ce coup de tonnerre éveilles en sursaut,
Que descendu si bas vous remontiez si haut !...
LE ROI
Ce langage...
AGNÈS
Est celui d’un cœur qui vous adore, Qui n’est qu’à vous, dùt-on le méconnaître encore, Et qui, peu soucieux de son propre bonheur,
A mis toute sa gloire à sauver votre honneur !
LU ROI
Qui donc te méconnaît?... Va ! je sais quota m’uiinesl