ACTE DEUXIÈME
Faut-il vous prier à genoux, Sire? Ne doutez plus ni de moi...
Baissant la voix.
Ni de vous!...
LE ROI
De moi, dis-tu?
Jeanne met le doigt sur sa bouche. — Le roi éloigne tout le monde du geste. — On s’écarte de façon à laisser le roi et Jeanne isolés sur le devant de la scène.
JEA.NNE, à demi-voix et de façon à n’ètre entendue que du roi.
J’ai lu jusqu’en \otre pensée La prière qu’à Dieu vous avez adressée :
« Si je suis légitime héritier des Valois,
« Qu’il te plaise sauver ma couronne et mes droits !
« Et, si je ne suis pas l’héritier légitime,
« Si mon trône est le fruit du parjure et du crime,
« Sire Dieu! qu'il te plaise, en ta grande bonté,
« Me conserver la vie avec la liberté!... »
LE ROI, dont l’étonnement a été croissant.
Je ne l’ai dit qu’à Dieu!
JEANNE
Qui me l’a su redire!
LE ROI
Et le sang des Valois? ..
JEANNE
De la part de messire
Roi du ciel, je te dis que le trône est à toi,
Étant seul héritier de France, et fils du roi!
LE R O I , avec éclat.
Ali! je ne doute plus!... la puissance immortelle T’illumine!...
Tout le monde sô rapproche du roi et de Jeanne.
Vous tous ! courbez-vous devant elle!...
Tout le monde s’incline.
Jeanne, tu marcheras l’cgale des barons!
Et, nos soldats levés, nous te les conduirons!...
AGNÈS
Bien, sire!. .
A demi- voix, à Jeanne qui la regarde avec étonnement.
Et maintenant, doutez-vous que je l’aime!
LF. ROI.
Tu partiras demain !
JEANNE
Non, sire! ce soir même!
DE THOUARS, portant la main à sou épée.
Voulez-vous mon épée?