LES SOLDATS
Oui !...
JEAN N F ? revenant à Lahire qui a écouté ce dialogue saus bi ug?r de place.
Pourquoi
Vous taisez-vous, Lahire? êtes-vous pas pour moi?
LAHIRE
Je serai franc ! Pour vous, oui ! non pour la bataille !.. On sait que pour frapper et d’estoc et de taille Lahire jusqu’ici ne s’est pas fait prier,
Et qu’il n’arrive pas à l’assaut le dernier;
Mais encore, au mépris de la sagesse humaine,
N’est-ce pas un caprice aveugle qui le mène; Rassemblés en un point, les Anglais sont bien forts.
Et l’on aura grand’peine à les mettre dehors !
Je pense, et c’est l’avis des autres capitaines.
Qu’il ne faut pas courir des chances incertaines ;
Qu’on peut, ravitaillé par un premier convoi,
Attendre les secours annoncés par le roi.
JEANNE, avec impatience.
Attendre !...
LAHIRE
Oh ! je le sais, de coupables faiblesses Rendent mal assuré l’effet do ses promesses ;
Le roi, trop indolent pour avoir des remords,
A bien vite oublié les absents et les morts !