SCÈNE IV
LES PRÉcÉDESTS, AGNES SOREL , une cassette à la main.
Agnès, que viens-tu faire ici, ma bien aimée ? Fuis plutôt.
AGNÈS
Est-il vrai, Sire, que votre armée A laissé pénétrer jusqu'en ses bataillons Le feu contagieux de nos rebellions ?
Que, pour être payés d'une solde arriérée, Les mutins du palais veulent forcer l'entrée? Est-il vrai, Duchatel? Ah! s'il en est ainsi, S'il faut de l'or, prenez, prenez l'or que voici, Les biens de mes aïeux, les châteaux de Provence Où, dans la paix du cœur , s'écoula mon enfance ; Terres, châteaux aimés, parures et bijoux. Que m'importe à présent! prenez; ils sont à vous.
Ah ! dans ce pur élan je reconnais ton âme. Toi, généreuse amie et toujours noble femme.
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Qui ne l'eriis de moi, dans mes plus heureux jours, Que la tleur priutannièi'e, image des amoui's.
Agnès se dévouant ne vous sauve pas, Sire.
Agnès se dévouant! Monseigneur, qu'est-ce à dire? Je ne cède, après tout, que de vains ornements. Pour vous, le sacrifice est de tous les moments ; Celui-là seul est vrai, grand et digne d'envie. Je donne mes joyaux; vous donnez votre vie. Change cet or en fer, Pioi ; que tes courtisans Marchent, l'épée au poing , en corps de partisans : Commande, que ta voix les enflamme ; et peut-être Les destins changeront, ô mon Seigneur et maître !
Tu dis vrai, mon Agnès, les destins changeront. Une bohémienne, un jour, le heaume au front. Vint à moi, me parlant ainsi: « Charles de France, « Les hommes d'Angleterre abattront ta puissance; « Mais une femme alors apparaîtra; sa main « De ton trône usurpé t'ouvrira le chemin. « Cette femme qui doit rendre mon sort prospère, Je voulus la trouver sous les traits d'une mère; Vain espoir 1 vains efforts! Cette femme, c'est toi ; Toi seule, mon Agnès, tu sauveras ton Roi.
AGNÈS
Quoi! n'as-tu pas l'appui de tes fiers capitaines?