LE ROI , DUCHATEL
LE ROI , se parlant à lui-même.
C'est là mon peuple, ardent et prompt dans sa colère, Mais bon, mais dévoué, généreux et sincère. Quels que soient l'avenir et ses maux persistans, Ces adieux dans mon cœur retentiront long-temps l
■i^2 JEANNE d'arc.
DUCHATEL
Les jours de l'avenir que vous voyez si sombres Ont des lueurs peut-être au travers de leurs ombres. Les Anglais sont, hélas! partout victorieux; Mais leur gloire d'emprunt s'éteindra sous nos yeux; Nous en verrons la fin. C'est leur auxiliaire Qui fit jusqu'à présent le succès de la guerre : Sans le duc de Bourgogne, ils n'auraient pu jamais, Sire, dresser un camp sur le sol des Français. Sans ce nom de Valois puissant et redoutable. Leur entreprise folle avortait misérable ; Philippe pouvait seul l'étayer de sa main Et du trône à Lancastre aplanir le chemin. Or, Philippe, et c'est là ce que Talbot redoute. Du devoir méconnu peut reprendre la roule.
Non , ne nous flattons pas d'un chimérique espoir. Philippe est pour toujours sorti de son devoir. Aux étrangers propice, au suzerain parjure, Il servit les Anglais et m'infligea l'injure ; îl méconnut les lois de la' fidélité ; Race, pays, serment, il n'a rien respecté. Grâce à lui, ces Anglais obtinrent la victoire; Avec sa honte enfin, il construisit leur gloire. Mais pour moi, son cousin, intraitable ennemi. Il ne sera cruel ni perfide à demi.
DUCHATEL
0 Roi, rappelez-vous le récit de La Hire, Le Duc ne demandait....