‹ Jeanne d'Arc; drame en cinq actes et en versChapitre 44 sur 76 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Par quels miraculeux et subits changements Le ciel a-t-il conduit ces grands événements'? Une fille, vouée à des travaux serviles, Paraît, sauve Orléans, cette fleur de mes villes. Répare les affronts de Poitiers, de Crécy, Plante mes lys vainqueurs à Troye, à Reaugenci, Renverse de Jargeau le rempart redoutable. Porte aux champs de Patay sa gloire impérissable, Renferme les travaux de trente ans en deux mois. Et le monde s'étonne au bruit de ses exploits. Chef de guerre invincible et soldat intrépide, Son cœur a les vertus d'une vierge timide. Grâce à celte héroïne, à peine si je puis

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Coinpi-endre quel j'étais en voyant quel je suis! La révolte entraînant les sujets et les princes, Armant contre le Roi ses villes, ses provinces , La Guyenne, l'Anjou, le pays qui s'étend Des bouches de la Meuse au rivage Normand ; Et no me laissant plus de mes États si vastes Que lambeaux dispulés à des destins néfastes. Dans un cercle de fer plus étroit tous les jours Et n'espérant plus rien, ni pitié ni secours. J'étouffais, j'étouffais... Maintenant je respire! Chaque soleil qui luit agrandit mon empire ! Philippe, mon cousin, cet arrogant vassal, Est entre mes féaux homme lige féal ; Car, mettant le devoir en place de l'outrage. Dans mon camp, devant tous, il me rendit hommage. Jeanne, habile et prudente, a su par un traité. Servant mes intérêts, ménager sa fierté. Et la croix de Bourgogne aux fleurs de lys unie Dissipe, astre vainqueur, l'ombre qui l'a ternie. Notre dernier combat vient de jeter enfin L'indomptable Talbot au pouvoir du dauphin ; Et cet heureux dauphin, roi dans toute sa gloire. Sera sacré tantôt des mains de la victoire ! Mais voici Jeanne d'Arc.

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