‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 102 sur 127 · Chronique de la Pacelle · texte numérisé non relu

Chronique de la Pacelle

2. Vallet de VmiviLLE, note de l'édition de la Chronique de la Pucelle,

2l8 JEANNE D^ARG ÉGUYÈRE.

second*. C'est sans doute à la même époque que se place Pincident de la haquenée de Tévêque de Senlis, de cette pauvre haquenée qu'on reprochera tant à Jeanne d'avoir prise. Dans les interrogatoires, les gens d'église semblent scandalisés qu'on ait osé toucher au a gradarius, gallice : haquenée », d'un évêque* Gomme ce mot latin du moyen âge gradarius qualifie bien l'animal destiné à la route, par opposition à Yemissarius, le coursier de la bataille î

Cette haquenée devait avoir une certaine réputation, car ce fut La Trémoille qui la fit envoyer à Jeanne. Elle eût convenu sans doute au grand chambellan ; mais la Pucelle ne montait guère des gradarius d'évêque. Elle ne peut dans ses réponses dissimuler une pointe de mépris ; elle dit qu'elle ne voulut pas garder l'animal parce que ce nec valebat sustinendo pœnam », et plus loin « quia equus ipse nihil valebat pro gentibus armorum^. »

Bref, la haquenée fut renvoyée à La Trémoille avec prière de la remettre à l'évêque ou

1. i3« compte de M« Héiuon Raguier, publié par Quicherat, V, V. 267.

2, Procès, 6« interrogatoire secret.

tout au moins de faire à ce dernier ce assignation de deux cents saints d'or ». II paraît que le prélat ne reçut jamais ni cheval ni argent ', ce qui prouve que la conscience des courtisans était plus élastique que celle de Jeanne.

Ainsi un cheval fut payé 38 livres lo sols tournois, un autre 187 livres 10 sols, un troisième 200 saints d'or. Nous avons déjà vu Jean d'Aulon acheter un coursier VIP^ ('4o) écus d'or. Enfin, les registres de Gompiègne mentionnent la somme de 8 livres 16 sous parisis payés au messager Ghambet en dédommagement d'un cheval mort de fatigue*.

Gertes, il est impossible de comparer la valeur des monnaies de l'époque à celle qu'elles auraient aujourd'hui. Le cours a toujours reposé sur la confiance et, dans la première moitié du XV* siècle, les plus étranges variations (parfois de I à 9 ou 10)^ se succédaient sans intervalles. Si on ajoute encore la mauvaise foi des souverains qui n'hésitaient pas à « affaiblir

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