‹ Jeanne d'Arc écuyèreChapitre 25 sur 127 · ChAPOY^ p. l3o, /. c. — SiMÉON LucE^ p. i63, /. c · texte numérisé non relu

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34 JEANNE d'arc ÉGUYÈRE.

parts d'une forteresse destinée à tomber tôt ou tard, sans doute dès le premier printemps.

Cette trêve de l'hiver leur semblait de mauvais augure. Elle prouvait que leurs ennemis de tous les jours ne voulaient plus dépenser ni hommes ni argent pour un siège que conduisaient d'eux-mêmes les événements.

L'inaction ne pesait donc pas seule aux hommes d'armes de Vaucouleurs. Ramassis de mercenaires, ralliés à coups d'argent aux débuts, restés ensuite par le dévouement qui enchaîne tout soldat à la défense d'une cause pour laquelle il a combattu, originaires de Champagne, de Lorraine, du duché de Bar, voire même des bords du Rhin, ils interrogeaient fiévreusement leur chef et, dans ses réponses évasives, dans son attitude de diplomate, n'avaient pas de peine à lire le doute, l'hésitation de l'ambitieux qui va bientôt tourner sa voile du côté où soufQe le vent de la fortune '.

Il était pourtant à plaindre, ce Robert de Baudricourt, qui avait su conserver à la France le petit territoire de Vaucouleurs, îlot perdu que

SiMÉON Luge, p. 169.

n'avaient pu encore aborder ni les Anglais, maîtres de la Champagne, ni les Bourguignons, alliés du duc de Lorraine.

Les hésitations, la désespérance même étaient permises à ce brave et pour le blâmer, comme la plupart des historiens ne manquent pas de le faire, il conviendrait tout d'abord d'instruire le procès de ' ceux-là si nombreux qui, sans lutte, sans résistance, avaient changé la couleur de leur étendard'.

On s'ennuyait donc ferme à Vaucouleurs dans les premiers jours de janvier et la tristesse d'une inaction forcée se trouvait augmentée au centuple par l'angoisse morale qui faisait à chacun se demander : ce Où est mon devoir? Où m'appelle la fortune? »

Aux heures de découragement et de doute, le moindre événement qui traverse la vie frappe d'une acuité particulière et plus forte; souvent à ces heures-là un détail insignifiant fait vibrer des cordes préparées par une tension nerveuse, qui seraient restées muettes à tout autre moment.

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