J.-B.-L. Carré, Panoplie, p
DE CHINON A BLOIS
Telle sera Parmure de Phéroine, telles sont celles qu^on lui attribue; telles étaient du moins celles du commencement du xv* siècle. L'ouvrier, l'artiste plutôt, n'eut guère de peine à
Jeanne d*Arc armée et équipée en guerre.
(Départ de Blois.)
satisfaire ses exigences. La forme même adoptée généralement, « le plastron bombé de l'époque, la disposition des tassettes couvrant les hanches, convenaient aussi bien à la confor-
l5o JEANNE d'arc ÉCUYÈRE.
mation féminine qu'à la taille de Phonmie' ». Quant aux dimensions plus restreintes, elles ne durent pas non plus étonner, Penfant, au moyen âge, courant déjà tout armé les joutes, les tournois, ou du moins la quintaine. Et c'est même un très curieux spectacle, en l'un quelconque des grands musées de l'Europe, de voir l'habillement de guerre d'un géant sembler protéger une fragile armure qui fut peut-être celle d'un petit -fils galopant à ses côtés^
Jeanne dut s'étonner de se trouver à l'aise dans cette carapace qu'elle n'envisageait qu'avec une crainte bien justifiée. Ceux d'entre nous qui ont eu la bonne fortune de pouvoir essayer un habillement de fer à leur taille ont tous éprouvé cette sensation agréable de n'être privés en rien de l'aisance ni de la mobilité de leurs mouvements, sensation tout à l'honneur des armuriers du moyen âge.
Mais le destrier attend lui aussi son équipement et son armure. Jeanne n'aura guère d'hé-