OMPIEGNE, LE 2J MAI I4JO
■nière, soutenant l'effort des assaillants; mais, acculée au fossé du boulevard, elle est faite prisonnière, : c'est le commencement de sa passion.
.ni 1431. \ uir page 332.
i prélats et de hauts personnages, le troisième en maçonnerie pour Jeanne. Devant elle était un écriteau contenant
X lui ont dit : « Prends tout en gré; ne te chaille (soucie) de ton martyre; tu t'en viendras au royamnc du Paradis. »
l'avenir. Les phophètes ont eu des révélations déterminées- et, parmi les choses mêmes qu'ils avaient mission de publier, il en est qui ne se sont point accomplies, comme la ruine de Ninive, prèchée par Jonas : car les actes de la Providence ne sont point des actes de la fatalité; et si Dieu peut suspendre les effets de sa colère en faveur des pécheurs repentants, il peut aussi, devant une indifierence aveugle à la grâce, révoquer les promesses de sa miséricorde. Jeanne avait déclaré l'objet de sa mission : c'était de chasser les Anglais. Elle avait dit qu'elle délivrerait Orléans et ferait sacrer le roi à Reims; et, quand elle le mena devant Paris, elle pressa les siens d'être fermes à l'assaut, disant qu'ils y entreraient. Elle le disait encore, blessée, au pied des murailles; mais, pour cela, il fallait qu'on la suivît comme à Orléans, comme à Reims. Pour ce qui la concerne, elle avait su, et elle avait dit, qu'elle serait blessée à Orléans, qu'elle ne durerait guère plus d'une année, qu'elle serait prise. Quand et comment? elle ne l'avait pas su, et elle disait très-franchement, on l'a vu, que, si elle avait su qu'elle dût l'être dans cette sortie, elle n'y serait point allée. Prisonnière, sa vie active est terminée; mais sa mission ne l'est pas encore, et cette phase où elle entre en est le couronnement et la consécration. Où a-t-on jamais vu que le martyre fût un jugement de Dieu contre ses envoyés ? Sans sa captivité, plusieurs traits de son caractère seraient demeurés obscurs; sans son procès, sa mission serait restée dans le demi-jour de la légende. Son procès, et je parle surtout du procès de condamnation, est à lui seul un témoignage qui n'a rien de comparable dans l'histoire. Ses ennemis, qui la pouvaient tuer, ont cru faire plus que de lui ôter la vie , ils ont voulu perdre sa mémoire : et ils lui ont élevé un monument que personne n'a le droit de récuser, puisqu'il est l'oeuvre de leurs mains; un monument qui ne surpasse en valeur aucun de ceux où sont établis les droits des saints à la vénération des fidèles. Sa belle et grande figure brille plus, parmi ces outrages, qu'elle ne l'eût fait parmi les formules respectueuses d'un procès canonique; et toute la suite de cette longue et insidieuse procédure , en mettant journellement à l'épreuve la sincérité de sa parole, la fermeté de son jugement et ce bon sens exquis dont elle était douée, servira mieux que nulle autre chose à montrer ce qu'il faut croire de son inspiration.
Ornement tiré d'u
iùcle, n' jO, à U biblîoth. nationale.
ROUEN — LES JUGES
Le Marché. — Le Tribunal.