LA VIER&E AVEC LENFANT JESUS, S. MICHEL ET JEANNE DARC
Peinture au blanc d'oeuf, excculfc du temps inénic de la Puccllc, nouvelleiiaent découverte et commiuiiquéc par M. Auvray, à Paris. — Saint Mickei pofte la balance dans la(\uelle il pèse les âmes. La FaccUe tient d'ime main son étendard. 'et de Vautre son éciiarmorié. Comme la Vierge, l'h.nfanl Jésus et Saint ^ficliel , r!U poi-te le nlinbe. attribut de la sainteté. .
ROUEN. - L'INSTKUCTKJN. 263
tôt mourut et fut mis en terre sainte. « Kt il y avait trois jours, comme on disait, ajouta-t-elle, que l'enfant n'avait donné aucun signe de vie, et il était noir comme ma cotte; mais, quand il bailla, la couleur lui commença à revenir. « Tout ce que Jeanne dit d'elle-même en ce récit, c'est qu'elle était avec les jeunes filles, à genoux devant Notre-Dame , faisant sa prière.
« N'a-t-on pas dit par la ville que c'est vous qui avez fait faire cela , et que cela se fit par votre prière? — Je ne m'en informai point. >>
Après cela, on lui parla de Catherine de la Rochelle, cette femme qui voulut faire l'inspirée, et à qui Jeanne conseilla bonnement de retourner à son mari et de faire son ménage. Jeanne raconta l'entrevue qu'elle eut avec elle, comme elle s'offrit d'être témoin de ses visions et comme elle ne vit rien.
Puis on en vint à ce siège de la Charité, où Catherine ne lui conseillait point d'aller, parce qu'il faisait trop froid; où Jeanne était allée pourtant, mais sans succès : c'est un échec que l'on opposait victorieusement à son inspiration. « Pourquoi, lui dit-on, n'y êtes- vous pas entrée, puisque vous aviez commandement de Dieu ? «
Elle répondit : « Qui vous a dit que j'avais commandement d'y entrer?
— N'avez-vous paseu conseil de votre voix? — Je voulais venir en France, mais les gens d'armes me dirent que c'était le mieux d'aller devant la Charité premièrement. »
On l'interrogea enfin sur son séjour à Baurevoir. Elle raconta comme elle avait voulu s'en échapper, sautant du haut de la tour, malgré ses voix, et comme sainte Catherine l'avait consolée en lui disant qu'elle guérirait et que ceux de Compiègne auraient secours. On \oulait faire de cette tentative d'évasion une tentative de suicide. On lui demanda, pour en insinuer, l'intention , si elle n'avait point dit qu'elle aimerait mieux mourir que d'être en la main des Anglais : — « J'ai dit, reprit-elle sans se soucier du piège, que j'aimerais mieux rendre l'âme à Dieu que d'être en la main des Anglais. »
On termina par l'accusation la plus étrange. On prétendait qu'en reprenant ses sens, elle s'était courroucée et avait blasphémé le nom de Dieu. Et de même, qu'en apprenant la défection du capitaine de Soissons, elle avait renié Dieu. — « Je n'ai, répondit-elle , jamais maugréé ni saint ni sainte , je n'ai point coutume de jurer. »