X PRÉFACE
qu'ils n'ont pas su le comprendre ou le lire. L'une et l'autre chose est aujourd'hui facile, grâce aux travaux de M. J. Quicherat. Nous emploierons concurremment les témoignages des deux procès ; et personne n'a jatnais entrepris de faire autrement l'histoire de la Pucelle; car si L'Averdy a présenté en deux tableaux les traits de sa figure, c'est qu'il faisait l'histoire non de Jeanne, mais de ses procès, dans le recueil particulièrement consacré à la Notice des manuscrits. Nous réunirons donc leurs matériaux, non pas, aveuglément sans doute, mais en disant où nous puisons, et sans oublier que, si l'un a été suscité par les amis de Jeanne, l'autre (on parait trop ne s'en point souvenir) est l'œuvre de ses ennemis; et> d'autre part, nous chercherons à distinguer ce qui est de la légende et ce qui est de l'histoire, non pour supprimer la première, mais pour l'admettre à son vrai titre, sans farder la seconde des fausses couleurs qu'elle en pourrait recevoir.
En reproduisant les paroles de Jeanne dans le français du temps, quand elles nous sont ainsi parvenues, nous ne nous croirons pas astreint