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eonditiop de vassal, elle agrandissait considérablement son état ; elle le faisait sur le sol étranger régal de son suzerain de France, avec une supériorité de ressources qui, au moindre diffé^ rend, le mettait en mesure de faire la loi, bien loin de la subir, I^ France, n'ayant pas su em-i pécher la conquête, voulut en prévenir les résul-» tats; et tout l'effort de sa politique tendit à rompre entre TAngleterre et la Normandie cette union qui la tenait elle-même en écbec 2 poli-^ tique inaugurée par Philippe l^*" lui-même en face de Guillaume le Conquérant, continuée avec plus de suite, mais sans plus de bonheur, par ÏjOuîs VI contre Henri l*^ et qui, mal soutenue par Louis VII, confondue par T heureuse fortune et l'habileté de Henri II son rival, fut reprise par Philippe Auguste contre Richard Cœur de Lion et surtout contre Jean sans Terre, Mais cette fois il ne s'agit pas seulement d'amener le partage des possessions anglaises entre les membres de la famille régnante. Le crime par lequel Jean s'est débarrassé de son neveu lui a suscité un prétendant bien autrement redoutable 2 le roi, son suzerain, armé des droits de la justice. De là ces réunions au domaine, maintenues par Louis VIII, et que saint Louis aurait eu si bien le droit et le moyen d'accroître, grâce ^ux at^^
XVI INTRODLCTION.
taques imprudentes et aux agitations intérieures de l'Angleterre sous Henri III, s'il n'avait mieux aimé les affermir en les réduisant, par un excès de scrupule et de modération (1259).
Jusque-là, la France a l'offensive. Malgré la disparité des ressources, elle attaque sa rivale, non-seulement sous Philippe Auguste, mais dès le règne de Philippe P', au temps du Conquérant, et sous Louis VU, lorsque Henri II réunit à l'Angleterre les domaines de la Normandie, de l'Anjou, de l'Aquitaine ; et les rois d'Angleterre ainsi provoqués ne vont guère au delà des nécessités de la défense, respectant jusque dans leur ennemi, leur suzerain. Mais la querelle va changer de face. Après la paix de saint Louis, les deux nations, détournées d'abord l'une de l'autre parles tendances diverses de leurs gouvernements, avaient été ramenées à la lutte, contre le gré d'Edouard P', par le génie remuant de Philippe le Bel : guerre moins funeste en ellemême que par le traité qui la termina (1299 et 1 303) ; car pour sceller l'union des deux pays, il stipulait entre le fils d'Edouard et la fille de Philippe le Bel un mariage qui contenait en germe la guerre de Cent ans.
Dès ce moment les rôles sont changés : ce n'est plus la France qui, en vertu des droits de
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la suzeraineté^ intervient dans les troubles de l'Angleterre pour arriver à la division ou à la confiscation de ses provinces continentales : c'est l'Angleterre qui revendique la France elle-même comme un héritée usurpé par la maison de Valois
sur le petit-fils de Philippe le Bel, Edouard III. La querelle change donc d'objet et de caractère: il ne s'agit plus de telle ou telle province, mais du royaume ; et la question, en cessant d'être féodale pour se faire dynastique, devient nationale : car la dynastie est le signe et la sauvegarde de l'indépendance du pays-
C'est à cette phase nouvelle de la rivahté des deux peuples que se rattache la mission de Jeanne d'Arc.
La guerre de Cent ans, qu'elle fut appelée à terminer, se partage en deux grandes périodes où les succès et les revers alternent pour F Angleterre et pour la France. Dans la première, la France vaincue par Edouard III sous Philippe de Valois et sous Jean, se relève avec Charles V pendant la vieillesse d'Edouard et la minorité de Richard II son petit-fils. Dans la seconde, après un intervalle où se produit, d'une part, l'usurpation des Lancastre (Henri IV), de l'autre la rivalité des Armagnacs et des Bourguignons, la France, vaincue sous Charles VI par Henri V,
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se relèvera sous Charles VII œntre Henri VL Mais de quel abîme elle se relève et pat quelle grâce inespérée 1 Pour le faire entendre^ signalons au moins les faits saillants de cette lamen-» table histoire.
Rien à T avènement des Valois (1328) ne pré-* sageait quelle sanglante époque cette maison allait marquer dans nos annales- Philippe VI^ reconnu par les trois ordres de l'État^ voyait tous les princes d'alentour saluer son élévation au trône^ briguer même une place dans son cor* tége ; et son jeune rival, Édouard> devenu roi prématurément par le crime de sa mère, gouverné par elle et déconsidéré par la tutelle où il était retenu comme par les revers qui la déshonoraient, se trouvait réduit à venir faire hommage au prince dont il allait disputer la cou-* ronne. Mais tout change dès qu'il s'est affranchi de la triste solidarité du parricide, et bientôt y on put voir ce qu'il y avait de faiblesse souS les brillants dehors du despotisme des rois de France, ce qu'il y avait de force pour les rois d'Angleterre, jusque dans le frein que la constitution leur imposait.
La guerre entamée d'abord par la Flandre et par la Bretagne, est bientôt portée au cœur même de la France. Edouard III débarque en