ACTE PREMIER
bête ; in, u festin! |J AOQUES . ... Il nous est cher à tous; mais ceux-là sont en faute | Qui ne s’informent pas des besoins de leur hôte. | Le nom de Jacques d’Arc soit à jamais flétri { | S’il refuse au malheur et le vivre et l’abri! rir [— | Mes trois fils prendront soin de vous, et dans la crèche ère Vos troupeaux trouveront la paille et l’herbe fraîche; | Nos voisins aideront à vous héberger tous.
| JEANNE... .Souffrez que ce vieillard prenne mon lit. LE VIEILLARD. Mais vous ?
" | JEANNE... .N’ayez souci ! que rien pour moi ne vous chagrine! non, Je peux coucher auprès de ma sœur Catherine. ème, ! JAOQUES ....Je voudrais faire mieux ; mais je suis à l’étroit., 1e. | Le vikizzarn. Mon hôte, que le ciel bénisse votre toit | u, | ; Dieu !
mal" | SCENE IL.
y sublimes ; ; Jacques ....Je voulais te parler sans témoin.—Notre Jeanne l | A des façons d’agir que la raison condamne ;
Son ardeur m'inquiète et me tient en émoi.
Oui ; quelquefois lenfant me fait peur comme à toi. Mais quoi ! ce sont ferments d’une jeune cervelle Que l’âge apaisera.
Tu te trompe sur elle.
Dès longtemps je l’observe, et je lis dans ses yeux Quelque chose d’étrange et de mystérieux :
Elle n’a point l’humeur des filles de son âge ; Elle s’isole et fuit les danses du villages ; On dirait que son âme, à l’heure du réveil, Avec les yeux ouverts, garde encor son sommeil ; Le seu] bruit des combats l’attire et la domine ; Aux récits qu’on en fait son regard s’illumine ; Elle s’exalte alors, et, comme in vieux routier, Il semble qu’elle aborde un terrain familier ; Est-ce raison ? Voit-on battre ainsi la campagne Catherine sa sœur, Mengette sa compagne ?
À force d’y rêver, le soupçon m’est venu.
Que les mauvais esprits out dans le bois chesnu Jeté sur elle un sort, quand à l’arbre des fées Nos filles vont porter leurs rustiques trophées. Non ! par la sainte croix, toi-même tu le sais, Tous les mauvais esprits en ont été chassés.
AE VE + mo à prets
Jacques ....Gardons bien cependant que le démon n’achève De troubler sa raison ! — Et puis j’ai fait un rêve! ISABELLE... . Un rêve ?
JACQUES .... Je voyais Jeanne, le heaume au front, Le fer en main, le pied chaussé de l’éperon, (Tel un soldat), malgré mes cris, malgré tes larmes, S’élancer à cheval parmi les hommes d’armes!
IsABeLLe....Dieu bon !
JACQUES .... Si je pensais que la chose en vint là, A mes autres enfants je dirais: noyez-là | Oui, j'en atteste Dieu, ce n’est pas un blasphème ; Et, s’ils ne le faisaient, je la noirais moi-même! IsaBeLLE.... Ah! tu me fais frémir!.. Par le eaint paradis, Jacques, pense-tu bien aux choses que tu dis ? JAOQUES ....Jacques d'Arc et sa femme Isabelle Romée Sont gens de bonne vie et bonne renommée, Et, si grand qu’à tous deux pût étre un tel malheur,
Mieux vaudrait-il pourtant qu’une tache à l’honneur ! ISABELLE ....Mais... ei que notre enfant à ce point te courrouce, ell
Qu’a-t-elle fait ? Elle est obéissante et douce, Honnête et bonne fille, économe du temps, Entre mille travaux partageant ses instants, Soit qu’il faille filer le lin, dresser la table, Ou garder les brebis, ou pourvoir à l’étable ; Ramasser les épis au temps de la moisson, Suffire à tous les soine, sans en prendre leçon.
Qui vaut mieux qu’elle ? Vois, qnand elle fait l’aumône, |
Si ce n’est pas aussi son âme qu’elle donne ?
On l’aime, et qui Poffense aussitôt s’en repent ; Sur tout ce a elle fait un bonheur se répand! De science elle n’a sans plus que sa prière :
Je crois en Dieu, l’Ave Maria, Notr: Père.
D'où ce mauvais instinct lui serait-1l venu, Dont sa candeur préserve un esprit ingénu ?
Le mensonge jamais a-t-il souillé sa bouche ? Elle parle du cœnr et ea parole touche :
‘6 Qui ; non; il est ainsi; cela n’est pas.’ —Voilà Celle que tes soupçons accusent ; convaie-la | Juge l’arbre à ses fruits, même ayant trop de eève; Et crois à ton enfant bien plutôt qu’à ton rêve!
Jacques .... Femme, que Dieu t’entende!... Il m’est doux d’espérer |
Que notre enfant jamais ne nous fera pleurer :
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hève h rêve!
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it l’aumône,
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Voilà
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l’honneur !
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