ACTE PREMIER
e et l’aime ? SCENE V.
6, | THIBAUT .... Je suis tremblant.
6, | JEANNE... Qu’as-tu donc à me dire ?
armée ? | TaisauT....O Jeanne! je tairais ces timides aveux dis, Si ton père n’avait encouragé mes vœux; L Souvieus-toi seulement de notre enfance heureuse ! nôtres ; Tout ce riant vallon arrosé par la Meuse 8 autres; En a gardé mémoire; il n’est prés ou buissons. ne croit Où ne résonne encor l’écho de nos chansons. droit; Toi plus grave pourtant et déjà réfléchie, e, De nos Jeux trop bruyants tu t’étais affranchie, rel Ecoutant volontiers les “loches, dont l’appel 1; Te semblait une voix qui montait vers le ciel! bien ; Et je te contemplais dans tes grâces discrètes, cence, rrandiseant comme un lis parmi les pâquerettes | Souviens-toi des beaux jours, quand, le printemps venu, illis, Une foule joyeuse allait au bois chesnu, Dames, eeigneurs, garçons, filles, Dieu sait le nombre, joie! Pour fêter le vieux hêtre et danser à son ombre ; a voie; T'es compagnes tressaient dans les prés d’alentour Lx ? Des couronnes de fleurs, et chacune à son tour, us. Avec un vœu secret, comme on fait d’une offrande, Aux ramcaux du beau mai suspendait sa guirlande; Comme elles tu faisais ta provende de fleurs, Mais l’arbre n’avait pas tes dons avec les leurs, Et tu les réservais, dans la foi de ton âme, Pour attacher leurs nœuds au cou de Notre-Dame. Souviens-toi! — Dès ce temps, à tes pas enchainé, oi-même J’attendais que par toi mon cœur fût deviné, ime, Et ce même secret que je n’osais te dire, C’est que je vis pour toi, qu'après toi je soupire, Que d’autres sont aimés qui sont moins amoureux, laisse ; | * Et que, si tu voulais, je serais bien heureux ! inesse ; {JEANNE ..... Hélas!.. pour oublier tout ce paseé que j'aime, 8. | Ï1 faudrait commencer par m’oublier moi-mêmel!.. 08 80in8. Mais quoi!.. d’autres destins pour moi sont résolus |
Je ne peux me donner, ne m’appartenant plus!
| TursaurT . ... Que dis-tu ?
JEANNE ...,, Que ton cœur me plaigne et me pardonne!
I1 me faut obéir à ce que Dieu m’ordonne.
Crois-moi, car je te dis les choses sans détour,
THIBAUT
JEANNE ,+
THiIBAUT ....
JÉANNE, ....
THIBAUT
JEANNE
THIBAUT
JEANNE
THIBAUT
JEANNE
THiBAUT ....
JEANNE
THIBAUT
Libre, je n’aurais pas repoussé ton amour.
Et ne Puin donc pas ?
Non!.., et puissé-je l’étrel Seigneur Dieu!.. sa raison.
Val mon regard pénètre Dans ton âme, et je sais eo que tu dis tout bas: Je suis folle pour toi qui ne me comprends pas!
Expliq te-toi | Je dois me taire.
Non ! sois franche !
Ne crains pas de tout dire, et que ton cœur s’épanchel |
Ce n’est pas le devoir qui le tient empêché ; Tu me hais |
Je ne hais rien, sinon le péché!
Et n’en commet-on pas alors qu’on désespère Par un refus sans cause et 84 mère et son père ?.. Moïi-même, dis-je encor, si ma douleur t’éraeut ? Et comment résister, si mon Seigneur le veut ? Quel seigneur ?.. parle donc!
I] m'est trop rigoureux de te voir mettre en doute Ma tendresse pour ceux de qui je tiens le jour, Mon amitié pour toi, dont je savais l’amour!
Tu triomphes d’un cœur résolu de ge taire.
À nul autre que toi je n’ai dit ce mystère
Où ma vie est pendante, où Dieu même apparaît!
Sur ton âme, Thibaut, gardes-en le secret | — J’avais treize ans ! Déjà nos campagnes ouvertes Voyÿaient se rapprocher la guerre et ses alertes ; Le trouble et la frayeur étaient dans les esprits, Et les yeux inquiets regardaient vers Paris!
Un soir, comme j'étais à genoux, en prière,
Une voix m’appela, dans un jet de lumière ; J’eus peur et je pleurai. La voix s’évanouit, Et Je rayon de feu disparut dans la ruit!
Rêve ou délire!
JÉANNE ..... Non 1 pour douter veuille attendre.
La clarté reparut ; la voix se fitentendre ;
Puis d’autres voix encor qui desceudaient du ciel! Je les connus; c'était l’archange saint Michel,
Et sainte Marguerite, et sainte Catherine ;
Et je les contemplai dans leur splendeur divine !
Le Roi du ciel!..—Ecoutel M
-je Pétre!
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franche !
en doute jour, ur |!
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