‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 31 sur 59 · SORA TELE · texte numérisé non relu

SORA TELE

droit des gens, ne permettaient pas de maltraiter un prisonnier, à plus forte raison quand ce prisonnier était une femme, qui avait déployé en tant (l'occasions une vaillance et une magnanimité toutes chevaleresques. Jeanne devait être mise à rançon, et, en attendant qu’elle pût s'acquitter, subir une captivité honorable, Mais c'est ce que le gouvernement anglais ne pouvait souffrir. Les merveilleuses victoires de la Pucelle avaient ruiné en France le prestige des armes anglaises. Le seul moyen, pensaient les lords du grand conseil, de ramener la victoire sous les drapeaux de Bedford, c'était d’anéantir la cause de ses revers, et de l’anéantiv en la déshonorant. Pour atteindre un tel but, une accusation d’hérésie et de sorcellerie était naturellement indiquée par le caractère surhumain des actions de Jeanne, et par cette auréole mystérieuse dont le sentiment populaire entourait le front de la vierge de Domremy. Un procès de ce genre offrait ce double avantage : il enlevait à la Pucelle, en la mettant, pour ainsi dire, hors la loi, le bénéfice des règles de la chevalerie et du droit des gens ; habilement, c'est-à-dire iniquement conduit, il ne pouvait manquer de la mener à sa perte. En outre, le duc de Bourgogne et Jean de Luxembourg ne pourraient, en eussent-ils envie, refuser à l’Église une prévenue qu'elle réclamerait comme étant sa justiciable, surtout si la réclamation était appuyée de mesures politiques et d'offres pécuniaires de nature à déterminer leur conviction. Les Anglais avaient justement sous la main, pour faire mouvoir ce ressort, un instrument admirable en la personne du docteur Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, dans le diocèse duquel la Pucelle avait été prise.

Né dans le rémois à la fin du XIVe siècle, Pierre Cauchon avait fait de brillantes études à l’université de Paris. En 1403, il fut élu recteur, et dès 1407 on le trouve mêlé aux longues et difficiles négociations que suscita le grand schisme d'Occident, Quand éclatèrent en France les discordes civiles, Cauchon s’attacha à la faction bourguignonne, au triomphe de laquelle il dut sa rapide ascension dans la voie des honneurs. Évêque et comte de Bauvais, pair de France, il ambitionnait plus encore aussi n'eut-il pas honte, après le traité de Troyes, aux négociations duquel il avait pris part, de se faire un des plus fervents adeptes de la domination étrangère, Sous le duc de Bedford, comme sous Henri de Lancastre, il mit au sérvice de la cause qu'il avait embrassée les facultés éminentes de son esprit, les ressources de sa science en théologie et dans toutes les branches du droit, son habileté diplomatique, et, ce qui n'était pas de

petite importance, l'influence qu'il avait acquise sur ce grand corps qu’on

sonnier, à plus ait déployé en chevaleresques,.

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Le roi Charles VIL et Jeanne d'Arc se rendant à Reims

appelait l'université de Paris. Nommé en 1423 conservateur des privilèges de cette université, il la tenait dans sa main, comme un ressort qu'il pouvait mouvoir à son gré. En ce moment il était excité par deux raisons décisives à servir les cruels desseins des Anglais contre la Pucelle. En premier lieu, il était résolu à se venger de l'humiliant échec qu'il avait éprouvé dans son diocèse, quand les habitants de Beauvais s'étaient rangés sous l'autorité de Charles VII; en second lieu, le duc de Bedford lui faisait espérer, pour prix de son zèle, l’archevêché de Rouen, qui vaquait en ce moment, À peine la Pucelle avait-elle subi la fortune de la guerre en tombant aux mains des Bourguignons, que l’œuvre d'iniquité à laquelle ce méchant homme devait attacher son nom commença, sans qu'on puisse cependant absolument affirmer qu'il en ait inspiré ies premières démarches.

Jeanne avait été prise le 24 mai 1430, Le 26 c'est-à-dire aussitôt que la nouvelle de cetévénement fut parvenue à Paris,le vice-inquisiteurde France frère Martin Belorme, écrivit au due de Bourgogne une lettre à laquelle sans doute était jointe une requête de l’université de Paris, pour réclamer “certaine femme nommée Jeanne que les adversaires de ce royauine appellent /& Puvelle,.., soupçonnée véhémentement de plusieurs crimes sentant hérésie”, Jeinne, si le gouvernement anglais s'en fût tenu aux termes de cette demande devait être amenée à Paris, “ pour se défendre par-devant nous (le vice-inquisiteur), contre le procureur de la sainte inquisition,” qui devait procéder contre elle “au bon conseil, faveur et aide des bons docteurs et maîtres de l’université de Paris, et autres notables conseillers étant par deça ”, Cette première démarche demeura sans résultat. Jean de Luxembourg ne livra point la Pucelle; il l’envoya sous bonne escorte dans son château de Beaulieu en Vermandois, à quelques lieues de Compiègne.

Le Pucelle demeura deux mois dans cette forteresse (fin mai-fin juillet 1430). Elle y fut, ce semble, traitée avec égards; mais elle était loin d’être résignée à la captivité. Outre qu'elle redoutait, à bon droit, d’être livrée aux Anglais, dont elle se rappelait les cruelles menaces, exprimées en de si poignantes injures, lorsqu'elle les sommait de lever le siège d'Orléans, sa vive imagination lui retraçait les angoisses de ses bons amis de Compiègneldont la défense héroïque défiait l'opiniâtreté des assiègeants; et elle ne pouvait se consoler de n'être plus au milieu d'eux, pour les encourager dans la résistance et pour les guider au combat, Un

Jour enfin, elle essaya de tromper la vigilance de ses gardiens, et il s’en

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fallut de peu que ce hardi projet ne réussit. Elle tenta de s'échapper, comme ses juges le lui rappelèrent dans son procès, “entre deux pièces de bois,” Soit qu'il faille entendre par ces mots deux planches qu'elle chargea sur ses épaules et qui lui masquaient le visage (elle avait gardé ses habits d'homme), soit qu'elle ait pu se glisser duns l'intervalle existant entre deux poutres et formant une légère ouverture dans la cloison de son appartement, toujours est-il qu'eile parvint à enfermer ses gardiens, et qu’elle se sernit sauvée sans la vigilance du portier de la fortereste, qui la reconnut et l’arrêta. Le comte de Ligny ordonna de la transférer plus loin du théâtre de la guerre, en sa forteresse de Beaurevoir en Vermandois, sur les limites du Cambrésis.

Cependant les ennemis de Jeanne avaient recommencé leurs démarches, Cette ‘is, non seulement la main de Cauchon s'y fait sentir, mais luimême se découvre et prend ostensiblement la direction de cette œuvre d'iniquité. A la date du 14 juillet 1430, l'université de Paris adressn deux nouvelles lettres, l'une au duc de Bourgogne, l’autre à Jean de Luxembourg, comte de Ligny. Elle se plaignait assez vivement que sa première démarche n’'eût pas reçu de réponse, et exprimait cette crainte “que par la fausseté et la séduction de l'ennemi d'enfer, et par la malice et subtilité des mauvaises personnes, vos ennemis et adversaires, qui mettent tout leur soin, comme on dit, À vouloir délivrer cette femine par voies détournées, elle ne suit mise hors de votre pouvoir par quelque manière, ce que Dieu ne veuille permettre” S'appuyant sur le danger de ces négociations, dont il serait peut-être juste de faire honneur au gouvernement de Charles VIT, elle insistait sur sa demande, et suppliait très instamment Philippe et Luxembourg de “ mettre... cette femme aux mains de l'inquisiteur de la foi, et de l'envoyer sûrement par deca (à Paris)...., ou la livrer à révérend père en Dieu monseigneur l'évêque de Beauvais, en la juridiction spirituelle duquel elle a été appréhendée, pour lui faire son procès en la foi, comme il appartiendra par raison, à la gloire de Dieu, à l’exaltation de notre sainte foi, et au protit des bons et loyaux catholiques, et de toute la chose publique de ce royaume. ”

Pierre Cauchon remit lui-même ces deux lettres à leurs destinataires, Il s'était transporté au camp devant Compiègne, et là, dans le logis fortifié ou bastille qu'occupait le duc de Bourgogne, il adressa en son propre nom la sommation suivante à Philippe le Bon, à Jean de Luxembourg et au bâtard de Wandonne :

“ C'est ce que requiert l'évêque de Beauvais à monseigneur le duc de

Bourgogne et à monseigneur Jean de Luxembourg, et au bâtard de

Wandonne, de par le roi notre sire Henri VI, et de par lui, comme

évêque de Beauvais :

” Que cette femme que l’on nomme communément Jeanne Lu Pueelle,

F TT ‘ F , : * RT Hs Prisonnière, soit envoyée au roi pour la livrer à l'Église, pour lui faire

son procès, parce qu'elle est soupçonnée et accusée par la voix publique

d'avoir commis plusieurs crimes, comme sortilèges, idolâtrie, invocation

de démons, et plusieurs autres méfaits contre la foi. Et quoique, à raison de ces méfait, elle ne do ve pas être considérée comme prison-

nière de guerre, néanmoins pour la rémunérat; n de ceux qui l'ont prise

et détenue, le roi veut libéralement leur accorder jusqu'à la somme de

six mille francs, et pour ledit bâtard qui l'a prise lui donner et nssi-

gner rente pour soutenir son état, Jusqu'à deux ou trois cents livres,

“Item. Le dit évèque requiert, en vertu de son autorité, aux dessus

dits et à chacun d'eux, comme cette femme à été prise dans son diocèse

et sous sa juridiction spirituelle, qu'elle lui soit rendue pour lui faire

son procès Coinme il appartient. Il est tout prêt à commencer la procé-

dure avec l’assistance de l’inquisiteur de Ja foi, et, si besoin est, avec

l'assistance de docteurs en théologie et en droit, et autres notables per-

sonnes expertes en fait de jugements, ninsi que la matière le requiert, afin qu'il soit mûrement, saintement et dûment procédé, pour l’exultade la foi et l'instruction de plusieurs, qui ont été en cette matière déçus et abusés à l'occasion de cette femme,

“Item. Enfin, si les dessus dits, n'étant pas satisfaits, ne v point abtempérer à la présente requête,

eulent

quoique la prise de cette femme

ne puisse être comparée à la prise d’un roi, d'un prince, ou de quelque

autre seigneur (le roi, suivant le droit, usage et coutume de France, pour-

rait réclamer un tel Personnage, en payant à celui qui l'aurait pris la

somme de dix mille francs), ledit évêque somme les dessus dits, au om

du roi, que ladite Pucelle lui soit livrée, et il donnera sûreté pour ladite

somme de dix mille franes, qu'il promet de leur payer. En vertu de son autorité épiscopale il requiert donc une fois de

les peines de droit, que la Pucelle soit re E ]

plus, en la forme et sous mise entre ses mains par ceux qui l'ont prise et qui la détiennent.”

Cette pièce montre clairement l'habileté de Pierre Cauchon. Il y

en

fait agir à la fois tous les mobiles : il commande au nom de l'Église, sa qualité de juge suprême des cus d’hérésie dans le diocèse de Beau-

8; Comine ambassadeur du roi d'Angieterre, il jette dans

la balance

le poid nuer, © conseil qu'on r reudre colère ( “ogne ] époque en effet

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La Puseelle, lui faire publique nvocation quoique, à le prisonont prise somme de et assiivres, ux dessus n diocèse lui faire la procéest, avec bles perrequiert, l'exulta-

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veulent e femme quelque ce, pourt pris la au rom ir ladite ü de son et sous

ar ceux

à, Il y rlise, en e Beau-

balance

Jeanne de Béthune, vicomtesse de

emboure en 1418 +:

le poids de l'argent offert, le prix du sang ; e

nuer, comme légiste, que, moyennant ces dix mille francs une conseillers de Henri VI ont le droit absolu de qu'on ne peut refuser leur offre, et que reidre coupable de désobéissance envers le colère du régent Bedford. Toutefois, ni Luxembourg ui le duc sogne ne crurent devoir céder encore :

époque l’horrible marché était en train ae se conclure, en effet, était pressé d'argent, et le du. d

de Bourgogne, qui avait oa alluit avoir beaucoup d'affaires sur les bras, ne

sè souciait pas de rompre abso-

Jeanne sortit à cheval au devant du roi, son étendard à la main.

lument avec un allié qui prenait déjà une attitude menaçante, pour sauver la vie à une héroïne dont il avait Ini-mâme grand'ne i moment même, était surtout tortur

habitants de Compiègne.

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ée par l'impossibilité de secourir les

Jeanne cependant avait trouvé à Beaurevoir deux protectrices, on peut même dire deux amies : c'étaient la femme et la tante de Jean de

Luxembourg, qui portaient l’une et l’autre ce même prénom de Jeanne, Meaux, avait épousé le comte de Luxaprès la mort de son premier mari, Robert taille d’Azincourt. Elle était Française de

nfin il ne pas manque d'insi.

fois payés, les s'emparer de la Pucelle, résister plus longtemps serait se roi et s'exposer à encourir la de Bour.maïs on peut dire que dès cette

Luxembourg,

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naissance et de cœur, Quant à la tante, Jeunne, demoiselle de Luxem- cos Angl bourg, qui était très âgée, elle avait véeu et allait mourir comme une Res: sainte, Ces deux nobles dames étaient bien faites pour comprendre et pour aimer Jeanne; et, tandis que le comte se faisait marchander par — ie : les Anglais l’héroïque jeune fille, elles lui prodiguèrent toutes les ee marques de la plus tendre affection, La Pucelle y fut particulièrement f —. = sensible, et ce ne fut pas sans douleur qu'elle refusn de condescendre à La ! leur désir au sujet de ses habits d'homme. En vain ses protectrices lui Æ offrirent des hubits de femme ou de l'étoffe pour en faire, Elle répondit bi penis ‘qu'elle n'avait pas la parmission de Notre-Seigneur, et qu'il n'était pas . , 5 cute, elle

la réconf

encore temps. Et cependant, elle le déclarait à ses juges, ‘si elle avait dû prendre habit de femme, elle l'eût plutôt fait à la requête de ces D r + à : leu, as deux dames que de toutes les autres dames de France, excepté sa reine 4 + . , secours & Loin de se rebuter, Pierre Cauchon poursuivait son œuvre avec une f | £ > de : orces, 6e rare persévérance, [l alla jusqu'à Beaurevoir pour tenter Luxembourg, Mui : : Ë Mais t qui sans doute était venu se reposer un peu de temps dans ce manoir JT \ ‘4 à . ; Jeanne, de des fatigues du siège de Compiègne. Ses instances furent pressantes, E = — — tombe, KE et il déploya en cette occasion son infernale habileté Il rencontra : : - = se prolong pourtant un noble et puissant adversaire dans la demoiselle de Luxem- | à eo F a transn bourg, qui ne cessait d'adjurer son neveu, qu’elle chérissait, et dont elle Huit : 11 rs. Ets . s j < uit jours avait fait son principal héritier, de ne pas souiller d'une tache innefta- — ‘ : = ar Cauch cable le blason de leur famille, Mais cette suint femme, courbée sous le . , : & ; FE v: ment de P poids des années, allait paraître devant Dieu. La Pucelle sentit bien ; tai : ; PE. tace de so!

qu'elle était perdue, et elle tenta un eftort désespéré pour recouvrer, : : - 0 es : : suivant la avec sa liberté, la faculté d'aller mettre obstacle à l’horrible danger qui, y , En : = = prendre la à ce qu'elle supposait, était suspendu sur ses bons amis de Compièwne, — er - ? à : : ar Louis Un bruit sinistre était, en effet, venu jusqu’à elle. Elle avait oui I . : } . : . A qu il causa dire que tous les habitants de lu bonne ville devaient être massua

: — conclusion excepté les enfants au-dessous de sept ans. Elle se plaignit à ses voir, “Comment Dieu, s'écriait-elle, laissera-t-il périr ces bonnes gens de 2. ù Compiègne, qui ont été et qui sont si loyaux envers leur seigneur! nie Sa Catherine lui répondait qu’elle se résiynât, qu'elle ne cherchât ue

4 point à s'enfuir, et que Dieu lui viendrait en aide, ainsi qu'aux habitants de Compiezne. Mais Jeanne : “Puisque Dieu aidera ceux de Compiègne, : jy veux èti inte Catherine lui dit alors : “ Sans faute, il faut que ” 0 vous preniez tout en gré; vous ne serez point délivrée que vous n'ayez Lee 3 vu | i \nolai Et Jeanne répondait : Vraiment je ne le voudrais ! En point voir; j s mieux mourir que d'être mise entre les mains | —

elle de Luxemrir comme une comprendre et sarchander par ent toutes les articulièrement condescendre à protectrices lui Elle répondit d'il n'était pas , “si elle avait requête de ces cepté sa reine ‘uvre Avec une r Luxembourg, ans ce manoir ent pressantes Il rencontra le de Luxemuit, et dont elle tache innefta- ‘ourbée sous le lle sentit bien our recouvrer, le danger qui, Compiègne.

Elle avait oui tre massacrés, plaignit à ses bonnes gens de leur seigneur !

Ile ne cherchât aux habitants de Compiègne, ute, il faut que e vous n'ayez

ne le voudrais

itre les mains

des Anglais, ” Enfin elle n'y put tenir; elle désohéit, et profitant d'un moment où elle n'était pas observée, elle se précipita du sommet de la tour principale on donjon, Telle est du moins la version qui paraît

résulter des paroles rnêmes de Jeanne. qui sont, sur ce point, en parfaite

concordance avec les assertions de ges Juges. Si pourtant on en croit

une chronique comtemporaine, Jeanne aurait essayé de fuir par une

fenêtre, à l'aide de quelque lien ou support qui se rompit, Quoi qu'il en

en soit, il est certain qu'elle tomba d'une très grande hauteur, et

demeura étendue sur le sol sans mouvement, Quand elle reprit ses sens eb quelle put parler, elle reconnut sa faute À la suite de cette chute, elle demeura deux ou trois jours sans manger, Mais sainte Catherine la réconforta, lui disant qu'elle se confessût et demandât pardon à Dieu, l'assurant que, sans faute, les habitants de Compiègne auraient

secours avant la Saint-Martin d'hiver, Peu À peu Jeanne reprit ses

forces; elle recommenca à manger, et en peu de temps elle fut guérie,

Mais tandis que la Pucelle revenait à la santé, sa noble protectrice,

Jeanne, demoiselle de Luxembourg, penchait de plus en plus vers la

tombe, Elle avait fait son testament le 10 septembre 1430, Son agonie se prolongeant, on jugea à propos de lui faire quitter Beaurevoir, et on

la transporta à Boulogne-sur-Mer, où elle expira le 13 novembre, Huit jours après la mort de cette sainte femme, l'infâme marché proposé

par Cauchon, et accepté par le comte de Ligny, était exécuté avec l'ugré-

ment de Philippe le Bon, fort occupé en ce mr it à recueillir l'héri tage de son cousin Philippe de Bourgowne, due «x Brabant. Cependant, suivant lu promesse de ses voix, Jeanne avait ou la consolati. d'apprendre la délivrar iène, heureusement opérée, le 24 octobre, par Louis de B comte de Vendôme. Cet échec, par l’humiliation qu'il causa Luxembourg, ne fut peut-être pas étranver à la conclusion ux accord aux termes duquel Jeanne fut échangée, vers le 21 re, contre dix mille livres en pèces d'or, qui proveaient (| mpôt extraordinaire levé par le duc de Bedf r la province d rmandie.

urevoir, la Pacelle avait été con à Arras, et d'Arras au chât de Drugy, près Saint-Riquier. De Sui quier, on la mena iu Crotoy, où les officiers bourguignons is des pleins pouvoirs de Jean de Luxembourg et du duc de Bourgoenx remirent aux mains dé inelais Aussitôt que les docteurs de l’université de Paris furent informés

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