SCÈNE V
Les Précédées , JEANNE D'ARC , conduite par
des Soldats.
MARGUERITE
Ah- mon pèreî.#. c'est elle!!!!
Voyez, voyez !...
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JE
ADHÉMAR
Moment terrible et solennel.
Peuple, je sais mourir et mon cœur... Ciel!! ô ciel!!! {Les sœurs de Jeanne d'Are tombent à ses pieds.) MARGUERITE.
Ma sœur!
LE PÈRE DE JEANNE D'ARC
Nous venons tous expirer à ta vue.
Quel mélange de pleurs et de joie imprévue!
LOUISE
Ma sœur !
Je vous revois.
MARGUERITE
Dans quel moment d'horreur!
( Pendant le reste de la scène , le père de Jeanne d'Ara demeure presque évanoui dans les bras d'Adkémar. JEANNE D'ARC.
Oui... Maisjevous revois... Oh! venez sur mon cœur. C'est vous !!! prête à périr, sans espoir, sans défense, Je crois renaître encore aux jours de mon enfance.
bus faites apparaître à mes yeux attendris Et le hameau natal et nos vallons chéris. Heureuse et m'énivrant d'une vue aussi chère, Je ne crois pas mourir sur la rive étrangère. Dieu l'ordonnait ainsi, renfermons nos douleurs.
MARGUERITE
A.h! sur ton sein chéri laisse couler nos pleurs! Qu'ils baignent cette main , la gloire de nos armes.
'ai sauvé mon pays, point de deuil, point de larmes! lieu de mes jours mortels vient briser les liens, /les sœurs, et de vos bras je passe dans les siens,
( 6a ) Emportant vers ce ciel qui soutient mon courage De vos traits adorés une récente image. Ne pleurez point ma mort... j'ai su la conquérir , J'ai su vaincre .. où Dunois ne savait que mourir; Et tant que les Français chériront la victoire , Mon nom Iibéra'eur vivra dans leur mémoire. Je vais au roi des rois demander leur bonheur ; D'intercéder pour eux j'ai mérité l'honneur , Et je n'oublierai pas, dans une autre patrie, Celle pour qui je meurs et que j'ai tant chérie.
LOUISE
Tes malheureuses sœurs partageront ton sort.
Et qui consolerait ce vieillard de ma mort ? Revoyez avec lui nos paisibles chaumières, Prononcez quelquefois mon nom dans vos prières. Au secours de mon roi quand Dieu me conduisait. Je sais qu'avec douleur ma mère m'accusait De l'avoir délaissée en son humble demeure. M'a-t-elle pardonné?
MARGUERITE
Elle t'appelle et pleure.
Portez-lui mes adieux ; dites-lui que je meurs Avec le seul regret de lui coûter des pleurs. Donnez-lui cette croix que je gardais pour elle. Les feux vont consumer ma dépouille mortelle , De mes restes proscrits rien ne doit demeurer ; Je n'aurai point de tombe où vous puissiez pleurer, Et dans cette humble croix je laisse à notre mère Tout ce qui restera de moi sur cette terre.