LE DUC DE ROURGOGNE, LE DUC DE REDFORT
GUEBRIBBS DE LBUB SUITE.
LE DUC D£ BOURGOGNB.
Prince, lorsque autrefois Tespoir de me venger Rallia mes drapeaux à ceux de Tétranger, Je ne m'attendais pas que ma vaillante armée A Tombre de ces murs dût languir renfermée. Par Tordre du Dauphin dans un piège entraîné, Mon invincible ^ère est mort assassiné , Et j'ai promis du sang à son âme plaintive... C'est souffrir trop longtemps qu'une femme captive Nous occupe, et , trompant ma pieuse douleur, Nous retienne en des lieux oîi s'endort ma valeur. Prince , l'Inquisiteur par ma voix la réclame : S'il faut que Jeanne d'Arc périsse dans la flamme , Ou si c'est un pardon qu'on lui doive accorder. C'est à lui qu'appartient le droit de décider. Remplissons son espoir, laissons sa politique A bsoudre ou condamner la jeune fanatique ;
LA TORTUBï:. 463
Laissons-lui de TÉglise interpréter la loi ;
Et nous, libres des soins qu'exige un tel emploi,
De Talbot prisonnier allons venger l'outrage ;
Allons de Jeanne d'Arc anéantir l'ouvrage :
Oui 9 des exploits de Charle interrompons le cours.
Il osa triompher par ce honteux secours :
Un prestige fatal , complice de sa gloire,
Dans ses indignes mains fit tomber la victoire.
Marchons, et que ce fils d'un monarque insensé
Satisfasse, en mourant, au sang qu'il a versé.
LE DUC DE BKDFORT
J'approuve en un guerrier cet espoir magnanime, Ces élans dont l'ardeur aujourd'hui vous anime : Oui , de votre valeur vos exploits sont garants ; Mais nous avons tous deux des devoirs différents. Il n'est pas temps encor de ressaisir nos armes ; Et quant à la captive objet de tant d'alarmes, Épargnez- vous des soins désonnais superflus. . .
Lte DUC DE EOUHGOGNE.
Quoi ! de ses attentats ne vous 50uvient*il plus ? Infidèle aux chrétiens , de leur loi séparée , A des rites affreux dès l'enfance livrée , Vous vîtes vos guerriers^ dévorant leurs affronts, Sous son drapeau magique humilier leurs fronts, Et, saisis tout à coup d'une terreur mortelle. Jeter leurs étendards en s' écriant : — C'est elle ! — Que vous faut-il de plus ? Attende2>vous enfin Qu'après avoir au trône élevé le Dauphin ,
Franchissant de vos mers la barrière impuissante y Elle aille dans vos ports^ guerrière menaçante j De ses fers, quelque jour, vous demander raison. Et le glaive à la main acquitter sa rançon ? Charles. Six a déjà tenté cette conquête; Vous imploriez alors les flots et la tempête : Ces flots puissants, qui seuls ont arrêté nos pas, Contre le nom français ne vous rassuraient pas ! Tout tremblait, et déjà votre île consternée . Croyait revoir d'Hastings la sanglante journée !
LE DUC DE BBDFORT
Osez-vou3...