ARCHEVÊQUE D*AIX, ARLES ET EMBRUN
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous dédier l'œuvre que je viens d'achever à la louange de Jeanne d^Arc, et dans laquelle j'ai mis toute ma foi et tout mon cœur.
Vous n'ignore^ pas la dure épreuve qui, depuis quelques années, en m'interdisant le travail de la prédication, me condamne à un repos forcé. Je n'ai pas cru pouvoir mieux employer mes heures de loisir, malheureusement trop longues, qu'à chanter la grande héroïne que vous nous ave^ appris à connaître et à aimer.
Je vous offrCy avec une confiance toute filiale, cette note, si imparfaite soit-elle, que j'ai jetée dans le concert unanime d'admiration qui monte vers elle.
Vous y reconnaître^^, je l'espère, celle dont vous avei dit, par une de ces expressions si heureuses dont vous ave^ le secret et que la France entière répète après vous : Nostra est, Elle est à nous.
C'est cette Jeanne d'Arc, la chrétienne et la Française,
l'inspirée et l'envoyée de Dieu, lliéroïnc et la martyre, la nôtre, en un mot, que j'ai essayé de faire revivre dans mes vers. C'est le principal titre de mon œuvre à vos faveurs.
Votre approbation sera pour elle une bénédiction, venant d'un prélat qui, comme notre grande héroïne, unit à Vauréole du dévouement qui le distingue, omnibus omnia factus, celle non moins glorieuse de confesseur de la foi, qui en est peut-être, dans les desseins de Dieu, la première récompense.
Je suis, avec le plus profond respect, Monseigneur,
de Votre Grandeur,
le fils obéissant et dévoué,