‹ Jeanne d'ArcChapitre 101 sur 112 · LJ · texte numérisé non relu

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JEANNE D’ARC ET LA MUSIQUE

Avant et surtout depuis le succès éclatant de l’œuvre de MM. Jules Barbier et Charles Gounod, on a entendu dans les concerts des mélodies, des chœurs orphéoniques et des cantates sur Jeanne d’Arc; mais aucune de ces compositions n’est devenue populaire. Nous nous reprocherions toutefois de ne pas mentionner ici la symphonie-cantate en trois parties que M. Adolphe Nibelle a composée sur des paroles de M. Guy Arnault, œuvre aux larges développements qui fut exécutée à Orléans le 6 mai 1 85 5 et fort bien chantée par Alexis Dupond, J. Lefort et MUe Montigny; le poème symphonique en cinq parties de M. Georges Pfeiffer, dont la première audition à Paris date du 8 décembre 1872 et dont plusieurs pages ont été justement applaudies 1 ; enfin Jeanne d’Arc à Domrémy, cantate bien écrite pour mezzo-soprano et chœur de femmes, que M. Charles Poisot a fait entendre à Paris le 8 mai 1875.

La place nous manque pour analyser l’opéra de M. Mermet, représenté pour la première fois le 5 avril 1876. Ce drame lyrique en quatre actes et six tableaux, si longtemps attendu, n’a peut-être pas répondu à toutes les espérances qu’avait fait concevoir son heureux devancier Roland à Roncevaux. Pour notre part* nous saurons toujours gré à M. Mermet, poète et musicien, de s’être inspiré de nos légendes nationales, d’avoir essayé d’enflammer les cœurs d'un plus ardent amour de la France et voulu prouver que l’Académie de musique n’est pas la cathédrale du matérialisme, quoi

qu’en ait dit un poète que nous aimons2.

Bien que la partition de Jeanne d’Arc vienne d’être publiée, on ne

manquera pas de lire avec beaucoup de curiosité les deux fragments que nous allons donner cà la suite l’un de l’autre3. Le premier est le chœur des anges invisibles, et forme un des épisodes du finale du premier acte ; le second est emprunté au duo du premier acte, et comprend tout le récit de l’apparition de saint Michel et des saintes. Ces deux morceaux décèlent une profonde connaissance de l’effet scénique et comptent parmi les meilleurs de l’ouvrage.

1 M. Géo Pfeiffer a fort habilement arrangé pour piano à 4 mains sa partition.

2 M. Victor de Laprade, Philosophie de la musique.

3 M. Mermet a eu l’obligeance de les réduire à notre intention pour chant et piano : qu-il nous soit permis de lui en exprimer ici tous nos remercîments: ( Note des Éditeurs.)

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