LE DOMESTIQUE
Pour monsieur Coquebert.
COQUEBERT
Que disais-je?... l'écriture de la marquise! une lettre pour moi... (Tirant de la lettre une feuille de papier.) Et un papier timbré pour vous, Galuchet !
GALUCHET
Pour moi? (A Jeanneton.) Tiens, fille, déchiffre-moi ça, si tu peux.
Coquebert, lisant.
« Le peu de mots que je vous ai dils, monsieur, » auraient dû vous faire penser que celle que » vous allez marier à votre fils était d'une » naissance... au moins douteuse...»
tous.
0 ciel !
ANATOLE
Qu'est-ce que cela veut dire?
COQUEBERT, avec indignation.
Propos calomnieux et mensongers!... Et à supposer même qu'ils soient vrais, qu'en résulleraitil ? que mademoiselle Jeanne est d'une naissance incertaine.
JEANNE
Que dites-vous?
COQUEBERT
Inconnue... Tranchons le mot, illégitime!... Qu'est-ce que ça me fait à moi? Au diable les préjugés!... qu'elle soit ce qu'elle voudra... Nous sommes tous égaux... l'égalité avant tout!... Ces jeunes gens s'aiment, cela me suffit... je n'écoute rien, je ne regarde rien... Unissons-les d'abord, nous examinerons après... Signez...
JEANNE, se jetant dans ses bras.
Ah! l'excellent homme!
ANATOLE, de même.
Ah! le bon père!
galuchet, allant à lui et lui prenant la main.
Monsieur, ce que vous venez de faire là est une belle et bonne action ; mais vous en serez récompensé : Jeanne est à moi, Jeanne est bien ma fille!
JEANNE et ANATOLE.
Quel bonheur !
Coquebert, effrayé.
O ciel !
galuchet.
Et je défie à personne au monde de prouver qu'elle n'est pas à moi.
COQUEBERT, à part
Tout est perdu ! (A haute voix.) Ne signez pas !