‹ Jeanne et Jeanneton, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 25 sur 41 · LE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LE DOMESTIQUE

Pour monsieur Coquebert.

COQUEBERT

Que disais-je?... l'écriture de la marquise! une lettre pour moi... (Tirant de la lettre une feuille de papier.) Et un papier timbré pour vous, Galuchet !

GALUCHET

Pour moi? (A Jeanneton.) Tiens, fille, déchiffre-moi ça, si tu peux.

Coquebert, lisant.

« Le peu de mots que je vous ai dils, monsieur, » auraient dû vous faire penser que celle que » vous allez marier à votre fils était d'une » naissance... au moins douteuse...»

tous.

0 ciel !

ANATOLE

Qu'est-ce que cela veut dire?

COQUEBERT, avec indignation.

Propos calomnieux et mensongers!... Et à supposer même qu'ils soient vrais, qu'en résulleraitil ? que mademoiselle Jeanne est d'une naissance incertaine.

JEANNE

Que dites-vous?

COQUEBERT

Inconnue... Tranchons le mot, illégitime!... Qu'est-ce que ça me fait à moi? Au diable les préjugés!... qu'elle soit ce qu'elle voudra... Nous sommes tous égaux... l'égalité avant tout!... Ces jeunes gens s'aiment, cela me suffit... je n'écoute rien, je ne regarde rien... Unissons-les d'abord, nous examinerons après... Signez...

JEANNE, se jetant dans ses bras.

Ah! l'excellent homme!

ANATOLE, de même.

Ah! le bon père!

galuchet, allant à lui et lui prenant la main.

Monsieur, ce que vous venez de faire là est une belle et bonne action ; mais vous en serez récompensé : Jeanne est à moi, Jeanne est bien ma fille!

JEANNE et ANATOLE.

Quel bonheur !

Coquebert, effrayé.

O ciel !

galuchet.

Et je défie à personne au monde de prouver qu'elle n'est pas à moi.

COQUEBERT, à part

Tout est perdu ! (A haute voix.) Ne signez pas !

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