ACTE II, SCENE XIV
ANATOLE
Rien, monsieur Galuchet... c'est que...
GAMJCHET.
C'est que... c'est que... Eh! parbleu ! je vais la chercher moi-même...
(Il va pour se précipiter dans la chambre à gauche.) JEANNE, le retenant.
Non, mon père, n'y allez pas.
GALUCHET
Et pourquoi? Je veux voir Jeanneton... je veux voir ma fille.
JEANNE
Mon père!...
GALUCHET
Eh bien!... ma fille?
JEANNE
Vous n'en avez plus qu'une !
GALUCHET
Et Pautre... l'autre?...
ANATOLE
Elle est à la marquise.
GALUCHET
Qui a dit cela?...
Moi ! (Lui tendant la lettre.) Tenez !
galuchet, parcourant la lettre.
0 ciel!... Jeanneton... Jeanneton, ma fille bienaimée! mon seul bonheur... Non, non!... pardonne-moi, mon enfant... ça n'est pas vrai... mais celle qu'on perd, vois-tu bien... (Sanglotant.) Jeanneton!... ma pauvre Jeanneton.... si bonne fille et si joyeuse!... elle qui me faisait oublier mes peines... qui me faisait rire... et qui me fait pleurer maintenant... ils en ont fait une grande dame... ils me l'ont enlevée... Ça n'est pas possible!... (Tombant dans le fauteuil, à gauche.) Je veux revoir mon enfant! Rendez-moi ma fille!... Où est-elle?
(La porte s'ouvre, paraît Jeanneton habillée en grande
dame, la marquise la suit. — Jeanneton s'avance vers
Galuchet et fléchit le genou devant lui.)
La voilà !
GALUCHET, poussant un cri et la relevant.
Ah ! (La regardant pour la reconnaître.) Sous ces riches étoffes... ces dentelles et ces diamans... estce vous... est-ce toi, Jeanneton ?
Toujours !... Mme ia marquise a daigné accepter mes conditions, et les voici...