ACTE II, SCENE II
ANATOLE
Qu'à cela ne tienne, .M. Gahichet...
Il court ouvrir une armoire, et place sur la table, à gauche, un plateau de liqueurs.
JEANNETON, bas à Galuchct.
Mon père !
GALUCHET
On ne marie pas sa (ille tous les jours, et j'espère bien qne le papa (>oqiiebert me tiendra tète... {A Analolc.) Verse, mon garçon, verse plein! .. je le rendrai cela le jour de les noces. Qu'esl-ce que c'est que cela ? du parlail-amour ou de l'aniselle?
COQUEBERT
Du rhum qui a plus de cent ans.
GALUCHET, buvant.
Il a assez vécu .. {A Anatole.) Verse du même!... {A Coquebert.) II pincée encore , ei je doute qu'à son âge vous et moi soyons aussi gaillards... A la vôtre!... {Montrant le Notaire.) Voyez donc un peu si ça avance, là-bas... C'est étonnant comme ça vous ranime et ça vous égaie... surtout quand il y a longtemps!... Ça et le bonheur, je n'y étais plus habitué... {Jeanneton enlève la bouteille qui est sur la table.) .Mais on renouvelle aisément connaissance... {Il va pour se verser U7i troisième verre, et ne trouve plus la bouteille.) Hein !.. qui a suppiinïé la bouteille?
Moi, mon père, et pour cause I
GALUCHET
C'est vrai, j'allais perdre la lèle... mais Jeanne-
ton conserve toujours la sienne. Quel trésor qu'une femme comme ça pour un mari!... aussi je t'en trouverai un... un autre tout pareil... {Montrant le Notaire.) Et nous nous adresserons à monsieur... quoiqu'il n'aille pas vile.
COQUEBERT
Je crois bien, on ne s'entend pas !... {A Jnatole.) Ferme donc ces fenêtres ! c'est un tapage dans la rue...
ANATOLE
C'est la file de voitures qui entrent en face , dans l'hôtel Blansac.
JEANNETON, UVCC émOtiOTl.
Chez M. Octave ?
ANATOLE
Qui se marie aujourd'hui à midi.
JEANNETON , regardant la pendule, n n'est que dix heures !
Il y a déjà un monde!... Je l'ai vu ce matin à neuf heures, en lui portant les diamans qu'il attendait.
El il est bien heureux?
ANATOLE
Ça doit être... Mais il n'en avait pas l'aiF... il était si pâle !
JEANNETON, vivemcnt.
11 est malade?
ANATOLE
Non... mais sombre et triste.
Air : Ce que f éprouve en vous voyant. A ces regards, je m'en souvien, Lorsque j'offrais celle parure,