COQUEBERT, L\ MARQUISE
LA MARQUISE
J'ai reçu voire lettre et j'accours !
COQUEBERT
Mais , depuis que je vous l'ai écrite , cela ne va pas mieux. Ce Galuchel est plus obstiné que jamais et ne cédera pas !
LA MARQUISE
C'est ce que nous verrons ! Je suis tranquille maintenant; aussi , pendant que tous nos parens sont rassemblés à l'hôtel de Diansac pour le mariage de mon neveu , je veux , sous le nom et les habits qui lui appartiennent , présenter moi-même ma peiile-fille a sa nouvelle famille... Mes femmes de chambre sont là qui l'attendent!
COQUEBERT
Vous avez donc quelques preuves?
LA MARQUISE
Oui , une lettre de quelques lignes , retrouvée ce matin seulement au milieu des papiers du général , et
76 JEAISNE ET JEANiNETOiN.
qui , en 1813, lors du retour de l'île d'Elbe, lui avail élé adressée par sa femme !
COQUEBERT
El celle letlre vousdil laquelle de ces deux jeones tilles est voire enfant?
LA MARQUISE
Non ! mais elle me donne du moins un moyen de la reconnaître!... Où est Galuchet?... Vous m'avez écrit qu'il élaii ici...
COQUEBERT
Il n'y est plus 1... Et même, d'après ce que j'ai entendu là, lout-à-l'heure , grâce à des protections qu'il a, je ne sais comment, il compre enlever ses deuxlillesî
LA MARQUISE, (IVCC cffroi.
Ah!... tout serait perdu !... et s'il les emmène... s'il les dérobe à mes regards...
COQUEBERT
Elles sont encore là... dans mon cabinet...
LA MARQUISE, bùs ct vivcmciit, à Coquebert. Courez chez M. de Biansac, mon neveu... dites-lui qu'une importante affaire m'empêche d'assister à son mariage ! Mais que l'on parle sans moi... Je le lui demande... je l'eu prie en giâce !
COQUEBERT, s'inclîiiant.
Oui, madame...
Il sort par la porte du fond.
SCEWE VIII.