‹ Jehovah et AgniChapitre 22 sur 22 · CORRECTIONS ET NOTES SUPPLÉMENTAIRES · texte numérisé non relu

CORRECTIONS ET NOTES SUPPLÉMENTAIRES

Nota. Outre les fautes d’impression pour les mots relevés à YErrata ci-dessus et celles d’accentuation et de ponctuation qui m’ont échappé dans la correction des épreuves et que le lecteur voudra bien excuser, le texte et les notes des chap. I et II contiennent des transpositions de chiffres, de mots ou de lignes et des omissions d’éclaircissements qu’il peut être utile de signaler et de réparer. En voici un relevé à peu près complet.

P. Il, ligne 17, note 2. — Cette note doit être placée et lue comme lre à la p. suivante.

P. 12, ligne 26, note l. — Cette note se rapporte avec son chiffre à la p. suivante.

P. 20, ligne 28, note 2. — Ajoutez à cette note : ou enfin la Grammaire comparée des langues classiques par M. Fr. Baudry, 1 re partie : Phonétique, p. 4-7 ; 52-71 ; 165-7 ; 174-200. Ce dernier ouvrage est le plus complet et le plus instructif pour la comparaison du grec et du latin avec le sanscrit. Je reviens d’ailleurs là-dessus aux p. 435, 438 et 446 du vol. académie le ou aux p. 27, 32 et 38 du tirage à part.

P. 24, ligne 2. — Ajoutez en note : Ce nom propre composé Iaoubid ou mieux Yaoubid, dans lequel ou est une transcription française de Vu, n’a point, les deux aspirées médiale et finale de l'hébreu Ihuh. M. J. Menant constate dans

son Syllabaire assyrien que les articulations du He sémitique, à la différence de cellesdu ’Heth, n’ont pas de représentantspécial dans l’écriture anarienne ou cunéiforme, parce que la légère aspiration que le h doux comporte y est réputée ou inhérente à la voyelle assyrienne ou absorbée par le caractère qui la précède ou qui la suit (Voir le syllabaire cité, p. 234, dans le 7e vol. des Mémoires présentés par divers savants à l' Acad, des Inscript, et Belles-lettres, Paris, 1869, in-4°). Le même phénomène se reproduit dans les inscriptions aryennes, également cunéiformes : témoin le nom zend Ahuramazdà qui, en persépolitain, s’écrit Auramazdà sans h.

P. 35, lignes 11 et 12, avant l’alinéa. — Ajoutez en note-: Voyez sur l’hypothétique Yahavan et sa signification présumée, (savoir : doué de force), le ch. II, § 5, p. 512-3, V, ou p. 104-3, Tirage. — Il paraît que les Basques ou Euscariens emploient pour désigner Dieu l’appellatif Yaun ou Jaon, Yain ou Jain « Seigneur, maître », ou même Jabe-on « maître bon ou Seigneur bon », et que très-souvent ils le font suivre de l’expression Goikoa « celui d’en haut », nom basque du dieu Lunus, appelé ordinairement Il-Argi « mourir-lumière », d’où le mois a été nommé lla-Bethe qu’on explique généralement par llargi-bethe « lune-pleine ». Voyez à ce sujet l’intéressante dissertation de M. Julien Vinson, de Bayonne, dans la Revue de linguistique et de philologie comparée, fascicule de janvier 1870, p. 274-305). — Je relève ces formes euscariennes Yaun, laon, labe-on à causa de leurs ressemblances avec celles de certaines transcriptions grecques du Tétragramme hébreu, telles que Taon ou laôn et Tabe (pour Yahveh). La finale un ou on rappelle les suffixes un ou ùn, et van ou ôn encore, les uns sémitiques et les autres aryens (Voir ci-dessus ch. I, § 7, p. 443, V. ou p. 31, T., et ch. II, § 5, p. 512-3, V. ou p. 104-5, Tirage). — Strabon déclare (Geogr. III, iv, 16) que les Celtibère .■> (c’est-à-dire les ancêtres des Basques), sacrifiaient dans la nuit de la pleine-lune à un certain dieu anonyme, dieu qui, suivant M. J. Vinson, devait être l’astre des nuits. J’accepte cette interprétation, mais en ce sens seulement que le Yaur Goikoa de ces peuplades répondrait ou au Yahuh-Elohim des Hébreux, ou au Sahasô-Yahuh des Aryas, je veux dire au dieu du

feu, à celui qui venait de remplir le disque de la lune, qui apparaissait là dans toute sa gloire, comme le Soleil, et que l’on adorait dans sa brillante image. J’ajoute avec Maimonide et Spencer que le livre des Nombres (XXV111, 11), répète surabondamment que les holocaustes du jour de la nouvelle-lune doivent être offerts à Jéhovah ('exte hébreu lihuh ), de peur que le peuple ne fût tenté de les adresser à l’astre dont le croissant venait de réapparaître le soir après deux nuits de disparition. Au surplus, le sens de Seigneur ou maître que les Euscariens donnent à leur Yaun, Yain ou Jaon, J ain, est identique à celui de YAdôn phénicien et de VAdànài hébreu, qualifiés tous deux Yahô ou Yahuh. Les Juifs avaient substitué Adni à Ihuh, parce qu’ils les croyaient synonymes, et les Perses avaient agi de même à l’égard de leurs noms divins Ahù « l’esprit vital » Ahura « celui qui possède ou qui donne la vie », et Qadhàta « donné de soi-même », ainsi que l’a montré Eug. Burnouf dans son Commentaire sur le Yaçna Zend, p. 50-1, 70-2, et 544. 11 me semble donc que les anciens Basqnes s’étaient conduits de la même manière et que l’abbé Darrigol, cité par M. J. Vinson, approchait de la véritable étymologie, sans l’atteindre, lorsqu’il se bornait à rendre par « le bon maître d’en haut », les qualificatifs euscariens Yaungoika, Jaongoikoa, Yabe-on-goikoa et leurs abrégés, Yainkoa, Yinkoa, Jainkoa, Jinkua. En sa place je serais remonté jusqu’au Ihuh-al- aliun de la Genèse, XIV, 22 « Jéhovah, le dieu-fort, le Très-Haut ».

P. 30, ligne i 0-1 9, — Ces lignes à partir des mots Je me borne Jusqu’à § IX, ne rendent pas toute ma pensée et préparent assez mal la transition à ce § IX. D’abord, entre les mots je me reserve d’y revenir , et ceux-ci dans un chap. ultérieur, il faut lire : au § suivant et danse te. Ensuite, au lieu de Toutefois il est bon d’en dire dés maintenant quelques mots, lisez : Toutefois, il importe de l’exposer dés maintenant et même d’y insister, avant de dore etc. Enfin, avant § IX, lisez l’alinéa suivant :

« Quelle que soit la vraie date de la définition transcendante du Tétragramme Ihuh que le livre de l’Exode attribue à Moïse (III, 14, et VI, 3), et sur la quelle je me propose de revenir plus tard (Si quà fata sinunt), on a vu au § V de l’introduction que, selon moi, le rédacteur de la Genèse n’a pas commis d’anachro-

nisme en mettant ce nom divin dans la bouche de ses personnages, tous antérieurs à l’établissement du Mosaïsme et à la rédaction des trois documents Elohim, Jéhovah et Jehovah-Elohim à l’aide desquels on a composé le Pentateuque tel qu’il est parvenu jusqu’à nous. Force est donc pour moi de chercher ailleurs que dans la Bible hébraïque non seulement la vraie prononciation de Ihuh qui fait l’objet principal des deux 1er* chapitres de mes études Biblico-Védiques, mais encore son origineethnologique et sa signification patriarcale ou populaire. C’est ce que j’essaie de faire au § I \, par anticipation, au risque d’encourir le reproche de me livrer aune discussion prématurée dans un chapitre annoncé comme devant traiter de la forme et non du fond de l’énigmatique Tétragramme des Hébreux ».

Nota. Le reproche auquel je m’expose pourra aussi m’être adressé en partie au sujet du chap. II que j’ai jugé à propos d’adjoindre au 1er à l’effet de reprendre à nouveau et d’examiner, au double point de vue de l’histoire et de la philologie comparée, les lectures Jéhovah et Jehovih, tirées, à tort ou à raison, de la ponctuation massorèthique, ainsi que les autres formes ou transcriptions plus ou moins accréditées de ce nom divin. A cet égard, voici mes explications et mes excuses : D’abord, en pareille matière, il est bien difficile de parler du son d'un mot obscur sans s’occuper du sens qu’il peut avoir, surtout lorsqu’on s’écarte des opinions reçues, je veux dire sans aller au devant des objections que la prévention ne manque pas de faire. Ensuite, les retards inévitables qu’éprouvent l’impression et la publication des diverses parties du présent travail et, avant tout, mon âge avancé m’avertissent de ne pas remettre au lendemain des explications que je puis donner le jour même, fut-ce accessoirement et hors de leur place.

P. 54, ligne 15, avant les notes, ajoutez : et 5° Paul Renand, Christianisme et Paganisme, p. 209 (Bruxelles, 1851, in-8°).

P. 59, ligne 20, note 1. — Ajoutez en note : « l’écriture cunéiforme tient compte de l’A final dans le nom du roi d'Israél Jehu, hébreu Ihua, car M. J. Menant le transcrit Yahua à la p. 148 de son syllabaire assyrien, ci-dessus cité. Les formes grecques Iaua et Iauas de l’abbé Movers ne sont donc pas hypothétiques comme je l’avais supposé dans une note de la p. 479, V, ou 671, T, lig. 21-2, n. 1.

P. 61, ligne 20. — Ajoutez en note : Les langues de l’Inde dérivées du sanscrit, au lieu de Dyu écrivent Dju ei prononcent Djou. N’est-ce point d’une semblable permutation que vient, par redoublement, \e Bjou-Bjou des habitants du nouveau Calibar, en Afrique, mot par lequel ces indigènes de la Nigritie désignent la divinité , selon M. Vivien de Saint-Martin? C’est ainsi que le roi Ezécliias, nous l'avons vu, répète deux fois de suite le nom divin Yàh dans son élégie rapportée par le prophète Isaïe, XXXVIII, 11.

P. 76, lignes 20 et 29, notes I et 3. — Ces deux notes doivent être placées et lues, savoir : la 3° tout d’abord, et la lre avant la 2°.

P. 85, ligne 9 du texte et la dernière de la note. Ajoutez à la fin de cette note l’éclaircissoment qui suit :

11 paraît que Pythagore et Platon, après leurs voyages en Orient, avaient entrevu les rapports harmoniques des sonsvoyelles avec les notes musicales. Cette théorie, ébauchée en Angleterre, par les physiciens Willis et Wéatstone, selon M. Auguste Laugel (dans son petit livre intitulé : la voix, l’oreille et la musique, p. 63 et 68), a été mise récemment hors de toute contestation au delà du Rhin, d’abord par Donders, puis par Helmholtz et finalement par R. Kœnig. D'après ce dernier, les cinq notes vocales ou, o, a, e, ï sont caractérisées par les cinq octaves du Si bémol, ou, en nombres ronds, par les notes qui font respectivement 450, 900, 1800, 3600 et 7200 vibrations sonores par seconde. Ces savants négligent Vu exceptionnel, (grec et français), parce qu’il est trop voisin de 1’», et l’aspirée simple h, probablement parce qu’elle se confond avec la voyelle qui la suit. Cette loi extrêmement simple expliquerait pourquoi dans toutes les langues on trouve à peu près les mêmes voyelles; ce sont des timbres échelonnés par octaves. Voyez là-dessus ou le Journal des débats du 28 avril '870 ou le n° 17, p. 931-2, des Comptes-rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences (de Paris), pour le 23 du même mois.

P. 88, ligne 24. — Au lieu de la phrase : je me bornerai à rappeler dans une note relative au dcr, mes idées sur les trois explications etc., lisez : Je me bornerai à substituer dans deux notes relatives au 1er, mes conjectures personnelles aux trois explications etc.

P. 91 , lignes24-5, à là. note. — Le renvoi aux Purànas Hindous est fautif et doit être ici négligé. Vérification faite de mes notes sur le Vichnu-Purâna de Wilson, j’ai reconnu que les sept planètes y sont rangées suivant l’ordre qu’elles gardent chez les astrologues Egypto-grecs ou Chaldéo-perses dans l’une des deux distributions par domiciles ou par décans, qu’ils en faisaient systématiquement entre les 12 signes du zodiaque solaire, appelé en sanscrit Raçi-Tchakram « Roue des signes ». Ce qui me paraît plus ancien dans l’Hindoustan comme ail'eurs, c’est l’arrangement hebdomadaire relevé par Polier, par Colebrooke, par Abel-Rémusat et par M. Guigniaut, parce qu’il est tiré soit du très-vieux rituel des prières que les Brahmanes adressent encore aux sept planètes visibles, soit des calculs fantaisistes à l’aide desquels ils expliquent leurs grands cycles des quatre âges du monde et des 14 Manous dont sept sont encore à venir, soit des cartes uranographiques dressées en divers lieux et en divers temps par leurs imitateurs Bouddhistes, soit enfin des distributions astrologiques des sept corps errants entre les 28 astérismes ou Nakchatrus de leur antique zodiaque lunaire. Je reviendrai sur tout cela dans la dernière note supplémentaire ci-après.

P. 93, note 1. — J’ai oublié de joindre au Ps. CX1X le livre de Job, XXXVI11, 7, où il est parlé des étoiles du matin qui. lors de la création, poussaient des cris de joie avec les enfants de Dieu qui chantaient en triomphe. C’est par imitation que les plus pieux adorateurs de Jéhovah précédaient l’aurore pour le supplier. Cet usage s’est perpétué parmi les esseniens et chez les dévots du Talmud. Ces pieux adorateurs de Jéhovah attendaient dans une attitude religieuse le lever du soleil et terminaient leur prière du matin à l’instant même où son disque allait se montrer, et il paraît qu’ils y invoquaient secrètement le nom quadrilitére. Etait-ce en souvenir de la lutte nocturne de Jacob avec l’homme divin qui avait refusé de se nommer à lui, mais qui l’avait béni aux ires lueurs du jour après avoir changé son nom en celui d’Israël, suivant Genèse, XXXII, 24-3 1 ? Ace, sujet voyez le savant Essai de M. J. Derenbourg, couronné récemment par l’Académie des Inscriptions, sur Vliistoire et la géographie de la Palestine d’ après le Talmud, p. 1 09-70.

P. 99. — Après la ligne 20, en note, lisez les lignes 24 à 29, et reprenez alors les lignes 21 à 23, interverties.

P. 99, ligne 27, en note. — Ajoutez au mot Aberanenthôr : La Pistis Sophia donne pour variante Aberanenthô et Aberamentho, et dans les cxtraitsde Reuvens ( Lettres à M. Letronne, p. 5-6), 4 on lit Aberamenthôou, interprété « Seigneur habitant du vide » avec cette addition : c’est « l’une des 1 4 épithètes de Typhon ». C’est-à-dire de Seth que certains gnostiques confondaient avec le dieu des Juifs, à l’exemple des Egyptiens postérieurs aux deux Dynasties des Ramsès. (Voyez le § V de mon introduction, et notez à ce propos d’abord que, dans les 14 épithètes barbares de Typhon-Seth, relevées par Reuvens, entre le qualificatif Iô, et ensuite que sir Henry Rawlinson, suivant Bunsen dans l'édition anglaise de son grand ouvrage sur l’Egypte, IV, p. 208), a trouvé le nom du dieu Set ou Seth appliqué à Saturne (après l’avoir été au Soleil), sur des inscriptions cunéiformes de Babylone et de Ninive.

P. 105, ligne 25, note 1. — Ajoutez à cette note 1 l’explication suivante : Dans le sanscrit classique, la déclinaison du thème nominal Yahu, nif Yahuh, vocif Yahô, donnerait aux n,f et vocif pluriels, non pas Yahvah pour le masc. et Yahvih pour le fém., mais bien, pour les deux genres, la forme commune Yahavah, à l’exemple du masc. Sùnu « fils », et du fém. Tanu « corps », qui font à ces deux cas du pluriel Sùnavoh et Tanavah (Voir la Vergleichende grammatik de Bopp, p. 272, lrc édit.). Or je tiens d’un Israélite instruit qu’en Portugal et en Espagne les rabbins de nos jours rendent Ihuh par Yahavah ou Yehavah, à la différence de leurs collègues de Pologne et d’Allemagne qui le prononcent Yehovah.

P. Hfi, lignes 10 et 11. — A la phrase : mais la recherche de V étymologie etc., substituez celle-ci : Mais la comparaison de l’hébreu avec le phénicien peut fournir pour 1 ’Aô des Cypriotes une explication plus simple. — Puis à la phrase suivante, remplacez Or par En effet.

P. 117, ligne 2. — Ajoutez en note : On a vu précédemment que la suppression de 1 ’i initial de ce nom divin se retrouve en hébreu dans les trois noms propres ci-après : 1° Huhmpour

Ihuhm (Josué, X,3); 1aEuch’ma pour Hiuchm’a (l Chroniq. 111,18), et 3° huch’a pour Ihuch’a (Nomb. XIII, 9, 17).

P. 118, ligne 2, note 1. — Ajoutez à la note le renvoi qui suit : Primitivement les Mazzalôth ou Mazzarôth hébreux ou assyrochaldéens désignaient les Menâzil-al-Kamar arabes, c’est-à-dire les 27 ou 28 mansions de la lune durant sa révolution sidérale, et répondaient ainsi aux Nakchatras hindous, c’est-à-dire aux (célestes) gardiens de la nuit, et aux Sieou chinois, comme l’a prouvé M. Albrecht Weber tant dans ses deux dissertations allemandes sur les Nakchatras ( Mémoires de l'Académie des sciences de Berlin, années 1860-2) que dans les T. II et IX de ses Indische Studien. Mais, dans la suite des âges, on en a réduit le nombre à 12 pour les appliquer aux 12 soleils de l’année, puis aux 12 signes du zodiaque solaire parcourus par les sept planètes. Suivant moi, c’est en ce sens restreint que le livre de Job (XXXVIII, 32), emploie le pluriel Mazzarôth lorsqu’il fait dire à Jéhovah parlant au saint homme : « Feras-tu sortir les Mazzarôth en leur temps, et conduire ’Aich (l’Ourse) avec sa queue? ». Car les mots en leur temps supposent une succession d’années ou de mois tout au moins, bien plutôt que de simples jours dans un seul mois. — Dans l’astronomie poétique des Indiens, les 12 signes du zodiaque solaire sont réputés fils de 12 des 27 ou 28 constellations de l’ancien zodiaque lunaire, et à ce titre ils en tirent leurs noms distinctifs. Il a dû en être de même en Assyrie, en Chaldée et, par suite, en Palestine, s’il est vrai, comme je le pense avec M. A. Weber, que les prêtres chaldéens sont les inventeurs des deux zodiaques.

P. 122, lignes 9-10. — Ajoutez en note : On sait que la lune met en moyenne 29 jours 1/2 à revenir au soleil et 27 jours 1/3 à revenir à la même étoile, et que, dans ces deux révolutions, l'une synodique et l’autre sidérale, elle reste invisible durant au moins deux jours entre deux lunaisons, savoir : un jour avant et un jour après la conjonction, absorbée qu’elle est alors dans les rayons solaires. En se guidant uniquement sur elle, il était impossible d’en tirer chaque mois quatre semaines sans résidu au 1er cas et sans déficit au ; ce qui a fait dire à notre Delambre ( Histoire de l’ astronomie ancienne, 1, p. 401) que le cycle hebdomadaire n’était qu’une période

planétaire fictive, superstitieuse et relativement moderne. Appliquée aux Grecs et aux Romains, l’observation est très juste. 11 n’en est pas de même à l’égard des Juifs postérieurs à l’établissement du Mosaïsme et des Hindous postérieurs à la période Védique, car, chez les uns comme chez les autres et chez les premiers surtout, la semaine figure avec un cachet lunaire incontestable, quoique fort mélangé de traits relatifs à la cosmogonie. Bailly l’avait amplement établi tant dans son Histoire de l’astronomie ancienne que dans son Astronomie indienne et orientale, et ses idées ont été admises récemment par M. G. Rodier dans son Antiquité des races humaines. Sans remonter aussi loin que ce dernier savant dans les âges anté-historiques, j’admets à mon tour les vues de l’infortuné maire de Paris. La semaine me paraît avoir été successivement lunaire synodique, puis lunaire sidérale, ensuite lunaire cosmogonique, et finalement cosmogonico-planétaire. il me semble que les inventeurs ou promoteurs de cette petite période se sont d’abord guidés sur les syzygies et les quadratures qui se succèdent de 7 en 7 jours avec une fraction de 9 heures en moyenne, qu’ensuite, mieux éclairés par l’observation des phénomènes de notre satellite, ils ont substitué à sa révolution synodique sa révolution sidérale en la portant à 28 jours en nombre rond, au lieu de 27 jours avec 7 à 8 heures. Ce procédé simple et commode pour les calculs, mais peu accessible au vulgaire, vu la difficulté de bien reconnaître les étoiles qui chaque nuit avoisinaient la lune, leur a procuré des semaines exactes de sept jours, des mois lunaires de 28 jours ou de 4 semaines, et des années luni-solaires de 13 mois formant ensemble 364 jours (au lieu de 36a jours t/4, durée réelle de l’annnée solaire), et de 52 semaines complètes, sans déficit comme sans excédant. Bailly a trouvé des preuves de ces calculs et de ces usages raisonnés dans l’Inde méridionale et dans l’Indo-Chine, mais à une époque postérieure de plusieurs siècles à la mort du Bouddha Çakyamouni. A mon tour, je crois en avoir découvert des vestiges beaucoup plus anciens chez les Hébreux au chap. XXIX du 4e livre du Pentateuque où il est question du nombre décroissant jour par jour des veaux à offrir à Jéhovah depuis 13 jusqu’à 7 durant la semaine de la

fête des tabernacles qui commençait le 15 et se terminait le 21 du 7e mois, la solennité du 22 rentrant dans le cadre des sabbats de la néoménie. (Sur ce dernier point, comparez Nombres, XXVIII, 1 1 et XXIX, 35). Je vois là des traces d’une origine assyro-chaldéenne sur laquelle je reviendrai à la dernière note additionnelle qui va suivre.

Page 131, lignes 19 à 22. — Ce que je dis aux quatre lignes citées des idées cosmogoniques que les Indiens et les Hébreux auraient mêlées à leur acceptation plus ou moins ancienne de l’hebdomade planétaire, inventée et transmise, selon toute apparence, par les prêtres astronomes de la Babylonie, peut s’appliquer chez les premiers à leurs deux antiques quinzaines lunaires de chaque mois, commençant après les syzygies (conjonction et opposition) et chez les seconds à leurs quatre antiques Sabbats mensuels réglés originairement sur les quatre principales phases de l’astre des nuits (nouvelle lune, Ier quartier, pleine lune et dernier quartier). D’un côté en effet, les Hindous de nos jours continuent d’allumer avec pompe au commencement de chaque quinzaine lunaire, de même qu’aux quatre phases du soleil (les solstices et les équinoxes), les trois feux sacramentels du triple Agni, que leurs ancêtres considéraient comme le dieu rénovateur des phases de la lune et de celles du soleil, c’est-à-dire comme le feu universel et abstrait qui alimente en secret les deux astres régulateurs des nuits, des jours, des lunes ou mois, des saisons et des années (Voir à ce sujet le Rig-Véda Langlois, IV, p. 320, Sts 18-9). D’un autre côté, les modernes Israélites dans leurs prières du matin aux Néoménies et aux Sabbats remercient encore l’éternel créateur de renouveler les ligures de la lune (Voir leur Hecueil de prières journalières, traduites par M. Anspach, p. 179 et 259). Tout porte à croire qu’il en était de même chez les Assyriens de Ninive et d’Arbèles. Car il apparaît de leurs inscriptions cunéiformes qu’ils donnaient, 1° au dieu créateur, entre autres noms, celui d’Aswr ou Assur (sanscrit AsMra,esprit vivifiant), 2° au dieu Sin ou Lunus celui de dieu trente et 3° à la double déesse Islar ou brillante (Bible ’Achtoreth, plur. ’Achtarôth), à la fois guerrière et voluptueuse, celui de déesse quinze, nom qui paraît avoir passé des deux quinzaines lunaires à la

planète Vénus, étoile du soir et du matin qui a, comme la lune, des phases croissantes et décroissantes et que les astrologues d’Egypte, de Grèce et d’Italie appelaient planète d’Isî's, d’Héra, de Junon. Ajoutons qu’en même temps les Babyloniens donnaient à leur dieu Marduk (le Mérodakh de la Bible), pris à tort ou à raison pour Jupiter-Planète, le titre de dieu de la semaine et des légions (Voir à ce sujet les ouv. cités de MM. J. Oppert, A. Maury et Fr. Lenormant).

Même p. 131, ligne 26 et dernière du texte. — Ajoutez par annotation à Chbt lihuh : — Les anciens rabbins reconnaissent que lo nom propre Chbti, ponctué Chabbetaî, qu’Esdras, X, 15, et Néhémie, VIII, 7, XI, 16, donnent à un membre influent de la tribu de Lévi, revenu de Babylone à Jérusalem, désignait la planète Saturne. Gésénius (Voir son Thesaur. in V°) le rend par » Sabbato natus », né le jour du Sabbat. Ce lévite portait donc le nom de la planète qui, chez les Chaldéens, présidait au jour correspondant à celui de sa naissance.

P. 132, lignes 5 à 11. — Ajoutez par annotation : Les poètes du Rig-Véda emploient quatre noms pour désigner certaines phases lunaires. Deux de ces noms, Gungû (ailleurs Kuhù), et Râkà, sont reconnus pour s’appliquer aux deux syzygies (conjonction et opposition). Quant aux deux autres, Sinivàlî et Anumati, les indianistes y voient, les uns, les deux jours suivants, les autres, ceux des quadratures (l«r et dernier quartier). Ils conviennent tous d’ailleurs que le calendrier des Aryas était lunaire et que, pour ramener la célébration des fêtes aux saisons convenables, on intercalait deux mois, l’un au milieu et l’autre à la fin d’un cycle de 5 ans. C’est plus tard seulement et à une époque indéterminée que les Brahmanes ont adopté le calendrier solaire, toutefois sans abandonner l’ancien pour le comput des fêtes ou des cérémonies religieuses, observation qui s’applique également aux Egyptiens. — Tout récemment Max Müller, dans sa Rig- Véda-Sanhità, translated andexplained p. 241, semble adopter, l’opinion de W. Jones, Lassen, Wilson et Langlois sur l’usage de la semaine de sept jours chez les Aryas, non pas de la semaine planétaire, mais de l’antique semaine lunaire, car c’est aux sept jours de celle-ci qu’il rapporte les expressions

védiques Sapta-Adityàs « les sept fils à'Aditi » Sapta-Sàryâs « les sept soleils ». Suivant lui, la réunion des sept jours lunairesou Tithis formait un Parvan « un nœud, unejointure», célébré par une cérémonie religieuse. C’est ainsi que l’entendaient les quatre savants que je viens de nommer. Leurs arguments ne manquent pas de force, je me borne à renvoyer à leurs écrits. Me permettra-t-on d’ajouter que le retour de la fête hindoue du 7e jour (sanscrit Saptaml , grec Hebdome, latin Septima), dans les deux quinzaines lunaires de chaque mois, pourrait bien être indiquée dans les Védas par cette appellation Parvanâ-parvana « de Pan'an en Parvan » ? (Voir les textes cités par Benfey, p. 120 de son Glossar Védique). — Eu Judée, le Chabbat était consacré à Jéhovah , d’où son nom Chbt lihuh ; dans le Sapta-Sindhou, le Parvan, son équivalent, l’aurait été à Agni, comme plus tard la Saptami indienne, répondant à la Chabu’a juive suivant Wilson, le fut ou au soleil ou à la lune, selon que l’on suivait le calendrier solaire ou le calendrier lunaire (Voyez l’intéressant article de Wilson sur les fê es des Hindous dans l’ Asiatik Journal, VIII, p. 82 etsuiv.). J’appliquerais donc à ce Sabbat-Paruan de l’Inde, la strophe suivante du R. V. L. (I, 180, 4) : « Pour te rappeler notre souvenir, O Agni, nous voulons à chaque Pan'an, entretenir ton loyer, et t’apporter des libations. Et toi, exauce nos vœux, en prolongeant nos jours ». En place du voclf Agné, mettez son épithète Sahasô-Yahô, et vous aurez l’équivalent du Yahuh Elohim de la Genèse, créant le monde en six jours et se reposant au 7e. 11 est reconnu, je crois, que dès le temps d’Alexandrele-Grand, ce 7e jour des Juifs était le samedi, ou le jour de Saturne, auquel nous avons substitué le dimanche, ou le jour du Soleil, en acceptant d’ailleurs les noms païens des sept jours de la semaine. Cela indique, ce me semble, qu’au 4e siècle avant notre ère, les Juifs faisaient coïncider le jour du Sabbat avec celui de la planète Saturne et que Simonis, dans son Onomasticon, n’avait pas tout-à-fait tort de prendre le nom propre Chbti, cité à la note précédente, pour une abréviation de Chbtih et de l’interprétir par repos de Yàh. — A ce dernier égard, ce n’est pas trop s’avancer que de voir là un emprunt fait par les Israélites aux Assyro-Chaldéens. Ce qui me paraît

certain, c’est que, chez ceux-ci, la semaine planétaire s’était associée de très bonne heure à la semaine lunaire, soit synodique, soit sidérale, et qu’elle avait fini par la remplacer entièrement comme plus complète, plus exacte et plus sacrée. On sait d’ailleurs que ces peuples, naturistes comme les Aryas, étaient avant tout astrolâtres; qu’ils honoraient particulièrement le Soleil et la Lune, les cinq petites planètes et les 12 signes du zodiaque, et que leurs prêtres avaient distribué entre ces 12 signes les sept astres errants sous 4 points de vue astrologiques, c’est-à-dire en les considérant comme lieux de domicile, d’ exaltation, de décadence et de chute des Planètes (Voyez là-dessus, après Y Origine des cultes de Dupuis et Y Histoire des religions par Delaulnaye, le Chap. 2 moins compliqué de l’intéressant livre de AL Alfred Maury, intitulé La magie et l'ustrulogie dans l’antiquité et au moyen-âge, 4e édit.). — La substitution des planètes aux phases lunaires me ramène à la série hebdomadaire : Soleil, Lune, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne, que les érudits ont retrouvée à Siam, dans le Deccan, en Suisse et dans la Gaule. Pour abréger, j’ai négligé de dire qu’en Perse, cette série était remplacée par la suivante qui est la même prise en sens inverse : Saturne, Vénus, Jupiter, Mercure, Mars, Lune, Soleil (Voir le Boundehesch, le Viruf-Xameh et le Ze>'dust-lSameh, dans le mémoire de feu Félix Lajard sur deux Bas-reliefs mi thriaques trouvés en Transylvanie ). Ces deux séries me paraissent d’origine chaldéenne, et si j’y reviens dans cette dernière note supplémentaire, c’est qu’à mon avis elles se raltachent toutes deux aux titres Iaà et Sabaoth donnés par les Chaldéens au créateur ou Démiurge selon Jean le Lydien et Cédrenus. — Remarquons d’abord sur la première que Diodore de Sicile (lib. II, c. 30-1), en parlant des peuples de la Babylonie et de la Chaldée, déclare, non seulement qu’ils appliquaient aux cinq petites planètes les noms de leurs divinités nationalees, exemple suivi par les Indiens, par les Perses, par les Egyptiens, par les Grecs et par les Germains, mais, ce qui est plus topique, qu’ils les rangeaient dans l’ordre suivant : 1° Mars, 2° Vénus, 3° Mercure, 4° Jupiter et 5° Saturne, L’historien grec se trompe évidemment quant à Vénus, mais son erreur est facile à corriger. 11 suffit pour cela de rétablir

( *St )

cette planète à la 4® place, au lieu de la 2®, en se guidant sur la série hindoue, germanique et gauloise qui me paraît antérieure en date au système astronomique : Lune, Mercure, Vénus, Soleil, Mars, Jupiter, Saturne. — Remarquons ensuite sur les deux séries hebdomadaires rappelées ci-dessus, qu’on peut les retrouver dans les inscriptions cunéiformes de Borsippa, et de Khorsabad, anciens quartiers, l’un de Babylone, et l’autre de Ninive. Si je ne me trompe point, il y avait à cet égard entre les deux Zicurat ou observatoires sacrés de ces deux capitales, une différence qui paraît s’être reproduite dans les autres monuments babyloniens et assyriens du même genre. Elle consistait en ce qu’à Borsippa, Saturne figurait en haut de la série avant Vénus, et le Soleil en bas après la Lune, tandis qu’à Khorsabad, le 1er se présentait en bas et le 2<i en haut. Tel est du moins le sens que je donne, non sans hésitation, aux indications un peu trop succinctes et de M. A. Maury et de M. Fr. Lenormant, puisées sans doute dans les curieux déchiffremenrs de M. J. Oppert et de sir Henry Rawlinson (Voir pour le 1er, Revue des deux mondes du 13 mars 1S68, p. 476-7, et pour le 2J, Manuel d’histoire ancienne de l’Orient, I, p. 36-8; II, p. 199-200 et p. 231-4, 4® édition). Je suppose qu’au dessus, les prêtres astrolàtres des deux pays plaçaient le ciel des fixes, séjour du dieu suprême, adoré sous différents noms suivant les localités. — Cela posé, je crois pouvoir en tirer les conclusions suivantes : — 1° les deux séries hebdomadaires des planètes, considérées et prises alternativement de bas en haut et de haut en bas, semblent, correspondre à deux semaines diamétralement opposées, l’une directe et montante, l’autre rétrograde et descendante comme les deux gammes musicales do, rc, mi, fa, sol, la, si, et si, la, sol, fa, mi, ré, do ; — 2° elles se rapportent évidemmentaux deux voyages doubles, les uns demi-annuels, les autres demi-mensuels, que lesoleilet la lune exécutaient dans la bande zodiacale, tantôt pour monter du Sud au Mord, tantôt pour descendre du Nord au Sud. Je fais observer, par parenthèse et par forme de conjecture, que si dans les deux séries, les deux points de départ et d’arrivée (Cancer ou Lion d’un côté, Capricorne ou Verseau de l’autre) s’écartent

it

d’un signe zodiacal, c’est probablement que l’une se référa aux planètes solaires de l’abbé Movers et l’autre à ses planètes lunaires. — 3° quoiqu’il en fût, c’est plus tard sans doute que les myslagogues de l’Orient, ceux de l’Inde surtout, ont mêlé à ces conceptions astrologico - mythologiques, leurs perpétuelles rêveries sur les voyages des âmes à travers les sphères, soit pour monter de la terre au ciel du soleil, lorsqu’elles avaient quitté leurs enveloppes corporelles, soit pour descendre du ciel de la lune sur la terre lorsqu’elles s’incarnaient de nouveau (Voir à ce sujet le Mémoire explicatif du zodiaque chronologeque et mythologique, vol. in-4° publié par Dupuis en 1806). — 4e De là est venue, l’échelle double des mystères de Mithra, adoptée par les sectes gnostiques et ramenée par Origène (dans son 6e livre contre Celse), à l’échelle mystérieuse du songe nocturne de Jacob à Béthel, et cela non sans apparence de raison, car cette échelle s’élevait de la terre au ciel, les Béni-Elohirn « enfants de dieu ou des dieux », y montaient e4 en descendaient, tandis que Jéhovah se tenait au sommet (Genèse, XXVIII, 1 1 -22), comme le Iaô-Sabaôth ou démiurge des Assyro-Chaldéens, selon Damascius, Jean le Lydien et Cedrenus. — 5° Les peuples voisins des Juifs confondaient Jéhovah, tantôt avec Saturne auquel ils donnaient le titre mystique de Soleil et le double rang de Ier et de 7*, tantôt avec le soleil que les Ghaldéens appelaient Aôum-is, au lien de Môum-is, selon la correction de Movers ( ouv . cité p. 553) qui le compare avec raison à l’Awm des Indiens, tandis que les gnostiques qui, à l’exemple de leurs devanciers, confondaient volontiers les deux astres, appliquaient au nocturne Kronos ou Saturne le titre d'Ialdabaôth « fils des ténèbres », d’abord propre au soleil levant, et voyaient en lui le Prôtogonos des Phéniciens et des Orphiques, le Monogenés des Assyro-Chaldéens, le Prathamah-Dévah ou Ekah-Bévâh des Védàntistes indiens, titres qui nous ramènent forcément, d’un côté, au Sahasô-Yahuh des Védas, de l’autre, au Yahuh-Elohim de la Genèse. — 0 îant à l’époque de la découverte des 5 petites planètes et de leur adjonction au Soleil et à la Lune pour faire des sept astres errants les génies tutélaires des sept jours de la semaine, i! paraît qu’elle remonte chez les Chai-

déo-Assyriens à une très-haute antiquité, si l’on s’en rapporte à l’inscription cunéiforme de Rorsippa, car Nabuchodonosor s’y vante d’avoir restauré la tour des sept lumières de la terre, construite par un antique roi du pays et haute de sept étages distingués par des teintes différentes répondant aux couleurs des sept planètes, et d’y avoir ajouté, lui, un dôme en l’honneur 'du dieu-suprême. MM. J. Oppert, A. Maury et Fr. Lenormant (Voir leurs ouv ci-dessus cités), ont très bien montré qu’il s’agit là de la fameuse tour de Babel mentionnée dans la Genèse, XI, 2-9, cr décrite par Hérodote. A l’égard de la coupole qui manquait à l’antique édifice et que Nabuchodonosor y avait ajoutée pour couronnement, elle représentait sans doute la voûte céleste (la Ràqy’a de la Genèse) avec tout le cortège des étoiles fixes qui la parsemaient et au haut desquelles se tenait l’ancien des jours (de Daniel) assis sur un trône de saphir, la tête tournée à l’est comme le soleil ouchant, ayant à sa gauche les sept astres de la grande- Ourse, ses companogus assidus et, à sa droite six de leurs sept épouses, les pléiades, condamnées à tourner loin de leurs maris respectifs pour cause d’infidélité. Il ne me paraît pas téméraire d’attribuer aux prêtres de la Chaldée un mythe relevé par les Purânas hindous, car l’amant des pléiades adultères était le Sahasô-Yahô des Aryas, le Iaô-Sabaôth des Chaldéens, le Yahuh- Elohim de la Genèse, c’est-à-dire le fils de la force ou des forces et le père des sept lumières. On sait qu’à Babylone on amenait tous les soirs au grand dieu Bel une jeune femme pour passer la nuit auprès de lui dans son sanctuaire, et de là vient peut-être qu’on ne distingue clairement au ciel que six pléiades, bien qu’en réalité elles soient au nombre de sept, suivant la remarque du poète Ovide.

Amiens. — Imprimerie de E. Yvert, rue des Trois-Cailloux, <4.

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