ACTE II
JENNY, s’y opposant.
Non... non... je le vois bien !
( Continuant à chanter.)
» Topt mon courage expire s Et je me meurs d’amour !
{ S'interrompant .)
C’est bien exagéré !
MORTIMER
Ce vers... je l’avouerai.
Je le sentais si bien que j’ai cru biçn le rendre !
JENNY
Erreur! le chant est vague... incertain.
MORTIMER
Vous trouvez ?
(Avec dépit.)
Il est des sentiments qu’on n’a pas éprouvés Et que l’on ne saurait comprendre !
jenny, avec ironie et raillerie.
Vous voulez un'avis!... et quand on vous l’a dit, Soudain votre amour-propre et s’indigne et frémi j !
ENSEMBLE
(Agitatoct toujours en crescendo.) jenny, le regardant.)
De colère, il pâlit, il tressaille, il se trouble Son orgueil, que je blesse, et s’irrite ejt redouble '
J’ai promis ! soyons donc sans pitié, sans remord !
Pour ses vœux, que ce coup, soit celui de Ja mort!
MORTIMER
Cachons-lui, s’il se peut, ma douleur et mon trouble.
Le destin me poursuit!... de rigueur, il redouble! Ridicule à ses yeux ! vain espoir ! vain effort !
C’en est fait ! je le sens, c’est le coup de la mort ! j^enny.
Quand votre modestie ici nous interroge,
Elle veut un conseil, et non pas un éloge?
MORTIMER
Qui, certes!
JENNY
Eh bien ?...
(A part et parcourant la partition qu’elle tient.)
Ah !... ce n’est pourtant pas mal
(De mime , à part et parcourant toujours.)
C’est bien !... très-bien ! de la chaleur ! de l’âme !!! mortiiier, timidement.
Vous disiez donc, madame...
jenny, prenant sur elle et comme faisant un effort. Que c’est trop long ! c’est froid !... c’est glacial ! (Continuant à parcourir.)
Et des fautes !...
MORTIMER
O ciel !
JENNY
Fautes de prosodie !
Même une autre plus grave... et contre l’harmonie.. mortimer, avec accablement.
C’est vrai !... je ne la voyais pas !
JENNY
Dans cet art difficile où votre esprit s’applique Je doute qu’un succès accompagne vos pas !
(Souriant.)
Franchement, renoncez, monsieur, à la musique...
mortimer, froissant le papier avec douleur. - Oui ! par elle, en effet, je n’arriverai pas !
ENSEMBLE
Décoléré il pâlit, il tressaille, il se trouble! .
Son orgueil, que je blesse, et s’irrite et redouble ! Pour ses vœux, que ce coup, soit celui de la mort! J’ai promis ! soyons donc, sans pitié, sans remord 1
MORTIMER
Cachons-lui, s’il se peut, ma douleur et mon trouble. Le destin me poursuit! de rigueur, il redouble! Ridicule à ses yeux !... vain espoir ! vain effort !
C’en est fait... je le sens... c’est le coup de la mort!
mortimer.
Je ne défendrai pas et contre vous, madame, L'ouvrage infortuné que proscrit votre arrêt.
Mais j’invoque du moins, pour attendrir votre âme,
Le sentiment qui l’inspirait!
Quand je le composai, j’aimais !...
(Avec passon.)
Etj’aime encore...