‹ Jenny Bell operacomique en trois actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 75 sur 87 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Oui...

MORTIMER

GEORGE

Et tu l’épouses ce soir... ü minuit?

MORTIMER

Oui... ( Avec. colère. ) Je tiendrai mon serment avec plaisir, avec bonheur...

GEORGE, vivement.

Je le crois bien... (se n»premnt et ^adressant froidement à Mortimer après un instant de sileuce. ) Me permettras-tu, mon cher lord, de te faire mon compliment?...

MORTIMER

Sans doute!... et tu penses bien, mon cher George, mon plus ancien ami, que je compte sur toi, ce soir, pour être mon témoin!

GEORGE, à part.

Ah' c’est trop fort! (Haut.) Je le voudrais, mon ami; mais une affaire indispensable m’oLlige à te quitter avant ce soir, à l'instant même!

MORTIMER

Et pourquoi donc? où vas-tu ?

GEORGE

Chercher querelle à quelqu’un! et me faire tuer !

MORTIMER

Toi ?... Et qui t'oblige à prendre un tel parti ? Serais-tu encore ruiné?

GEORGE, froidement.

Si ce n’était que cela, je me serais adressé à toi!

MORTIMER, lui prenant la main.

A la bonne heure !

CEORGE.

Ce ne serait pas la première fois !

MORTIMER

Eh bien! alors, quel motif?

GEORGE

Te crois-tu donc le seul au monde qui puisse être malheureux en amours?

MORTIMER, vivement.

Tu aimerais aussi ! il serait possible? Jenny-Bell?...

GEORGE, avec impatience.

Eh non! tu ne penses qu'à elle! il en est d’autres qui valent mieux!

MORTIMER, vivement.

Ce n’est pas vrai ! (se reprenant.) Si, si, tu as raison !

GEORGE

J'en connais une qui re’unit à la beauté la noblesse et la vertu, et dont, pour comble de regrets, je suis aimé !

MORTIMER

Qui t’empêche de l’épouser?

Un obstacle invincible !

MORTIMER

Lequel?...

GEORGE

Elle appartient à un ami !... et c’est une honnête femme ! j'ai donc raison de respecter son repos, son honneur et celui de son

mari! (Regardant vers h droite.) O ciel ! ...

MORTIMER

Qu'as-tu donc?

GEORGE, avec émotion .

Lord Oldoboroug et sa fille qui arrivent.

MORTIMER, froidement.

Qu'importe?

GEORGE, dfl meme.

Ne vas-tu pas offrir ta main à lady Clarence?

MORTIMER, de même.

Moi! à quoi bon? (Examinant George qui regarde toujours vers la droite.)

Ah mon Dieu !... quel trouble!... quelle émotion!... (Haut à George.) Ecoute ami?... j’ai dans ce moment une affaire, un devoir à remplit... fais- moi le plaisir d’être pour un instant le chevalier de lady Clarence.

GEORGE

Moi!

Je vais vous rejoindre; mais rends-moi ce service?... je t'en

prie! (George s’incline en signe de consentement. Mortimer lui serre la main, et Georges troublé s'éloigne vivement.)

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