‹ Jérome, ou, Les deux époquesChapitre 21 sur 44 · SCÈNE M · texte numérisé non relu

SCÈNE M

LES MJÈMES , JOLIVET, entrant par la droite, ensuite LELIÈVRE.

JOLIVET

Par ici , monsieur, par ici . . .

MARIANNE , à pari.

C'est Jolivet. . . je respire.

LELiiiviiE, entrant.

Diable . . . diable ... je crois que ma créance est furieusement z'aventurée. . . Maison modeste.. . mobilier zùlem... Ah ! ah ! une jeune personne qui paraît fort émue . . .

JOLIVET, allant à elle.

Dieux! marazelle Marianne. . . comme vous êtes pâle. . .•; Qu'avez-Yovis donc?

MARIANNE , se levant.

Rien. . . Mais que veut monsieur.-*. . .

JOLIVET

Est-ce que je sais?. . . Il m'a demandé la maison Martin et compagnie. . .

LELIÈVRE

Oui, mon enfant.... j'arrive zà 1 iuslanl de Paris, et...

MARIANNE

Ah! monsieur, c'est vous sans doute qui apportez Targent que nous attendons. . .

LELIÈVRE

L'argent.. . Non , non, permettez , ne confondons pas... Je viens au contraire en clierclier.

JOLI VET , à part.

Ah ben !.. si je Tavais su! . .

LELIÈVRE

Oui , ma belle demoiselle. . . Il faut que vous sachiez que l'on m'a passé plusieurs effets ... Il s'en trouve un de 800 francs... sur la maison Martin et compagnie.... et

MARIANNE

Ah .' mon Dieu , mon père n'y est pas ....

LELIÈVRE

Je sais... je sais... des embarras... mon huissier m'a prévenu qu'on saisissait. . . J'en suis navré. . . mais tel que vous me voyez. . . je ne suis à iNJontargis qu'un oiseau de passage . . . j'ai accepté une fort belle place . . . chef de cui- .sine. . . . chez un grand seigneur que je vais rejoindre dans sa terre ... Ça m'était bien dû , après ce que j'ai souiî^rt dans les temps I . . .

JOLIVET

Ah I vous avez souffert. . . .

LELIÈVRE

Oui, oui , oui. . . Mais comme je vous disais. . . l'intendant de M. le Comte, qui m'a amené avec lui de Paris, ne m'a donné que deux hcui'es. . . pour surveiller mes petits intérêts...., et si je trouvais dans cette vente qiiehpie chose qui me convînt... la batterie de cuisine par exempk^ .. Je vais jeter un coup-d'œil dans les appartemens.

Il s'approche de la porte de la cbambre de Marianne.

MARIANNE , W-Vement et se mettant devant lui. C'est ma chambre, monsieui'. personne n'y entrcjra..

i.Ehi'E\-R^ , souriant.

Oh ! personne. . . la jnslire entre partout , mon enfant... et tout-à-l'heure il faudra bien.. .

JOLI VET , qui s'est glissé près de la porte.

On verra alors, monsieur. . . . mais en attendant vous n y entrerez pas. . . vous.

Il ferme et prend la clé.

mahianne, inquiète.

Jolivet.

JOLIVET

N'ayez pas peur, mamzelle... la clé estdans ma poche... et je ne la remettrai qu'à monsieur votre père. . .

MARiANJSE 5 à part.

Ah ! grands dieux ! . .

vALEKTiN , dans la chambre et entrouvrant la petite fenctre.

Dites donc, monsieur... nous voilà compris dans la saisie. . .

AKTHUR , de même.

Et aucun moyen de nous échapper. . .

LELiÈVRE, à Jolivet.

Trcs-hien, c'est tout ce que je veux.. . jeune homme... qu'est-ce que je demande, moi... qu'on ne détourne aucun

objet. . .

MARIANNE , baS à JoUvCt,

Mais . . . celte clé .... Ciel ! voici mon père . . .

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