JOLIVET, RAIMBAUT
II& tont en habit de voyage , et entrent avec précaution.
joMVET , lui montrant du doi'^t Arthur qui s'éloigne. Tenez , tenez, le voyez-vous là bas , suivi de son coquin de valet?. . .
R A I M B A L T , rcgaidaii t .
Oui . . . c'est lui . . . Enfin nprès trois jours de recherches, voilà donc ce comte de Loirniont.. . Jolivet!. . .
JOLIVET
Not' maître . . .
RAIMBAUT
Personne ne nous a vus franchir cette haiei.'
JOLIVET
Personne.
F.t ma femme.''.
RAIMBAUT
JOLIVET
Elle s'est endormie à Taubergc. . .
RAIMBAUT
Bien ! . . . Tu sais ce que tu as à faire ?
JOLIVET
C n'est pas difficile !
RAIMBAUT
Surtout ne lui parle pas à lui-même , il le reconnaîtrait. . . et il ne faut pas qu'il m'échappe! Malgré sa fortune et ses titres. . . il verra qu'on n'outrage pas impunément. . . Quand tu te seras acquitté de ta commission. . . . rends-toi au château. . . tâche de savoir adroitement où est cachée ma pauvre Marianne et. . . (^11 entend du bruit. ) Chi vient. . . chut!. . . de la prudence. . . Je vais l'aile ndrel
Il ilisi>araU ihm le ixillis.
6S joMVET , seul.
Ilcini ! si 1 père Raiml)aut avait voulu , c aurait été moi... Et cette fois-ci , j' n'aurais pas visé eu l'air. LELiÈVRE , en dehors.
Allons donc ! ça n'est pas encore z' allumé au jardin. . .
JOLIVET
Quelfju'vin de la maison. . . )' vas V cliarj:;or de la commission. ( Jl regarde. ) Eh ! mais , je ne me trompe pas , au milieu de ces ilamLcaux, de ces valets. . . c'est M. Lelièvre. C'est 1h cette grande maison dont il nous parlait. . . Chutl... il n' faut pas qu'il me reconnaisse.
li enfonce son chapeau sur ses yeux.
JOLIVET, LELIÈVRE j wi plateau à la main a\'ec des rafraichisscniens.
i.E LIÈVRE , parlant à la cantonnade.
Allons donc ! . . . dépêchez-vous , la société z'est arrivée. ( A lui-même. ) Je vous demande où sont fourrés mes aidesde-camp. . . je veux dire mes aides de cuisine. . . Dans le moment du coup de feu . . .
JOLIVET . derrière lui et lui frappant sur l'épaule. Un mot , l'ami. . .
LELIÈVRE, effrayé.
Heim. . . qu'est-ce que c'est? Prenez-donc garde. . . vous a\Qz manqué me faire renverser. . .
JOLIVET
Vous avez eu peur?. . .
LELIÈVRE
Du tout, mais je n'aime pas ces familiarités - là. . . au milieu de la nuit (^ pa/'t.) Il aune mauvaise tournure.
JOLIVET
Vous êtes au service de M. de Loirmont? LELIÈVRE .^appuyant.
De M. le comte de Loirmont. . . Appuyons un peu. mon cher, et soyons respectueux, je vous en prie. . . Une r.ssex jolie place, je m'en Hatte.
JOLiVET.
Tant pis.
i-Ei.iÈvRE , posant son plateau sur un banc de côte. Et pourquoi ?
JOLIVET, lentement.
Parceque j'n'ai pas idée qw' vous la gardiez long-lenips, et j vous conseille de vous précanlionner d'une autre.
LELIÈVRF.
Eh bien! ... il serait joli celui-là 5 je ne suis pas encore entré. . .
JOLIVET
Suffit. . . Allez dire seulement à votre INI. le Comte , qu'il y a un de ses amis, un militaire. . . qui l'attend, au bout du j)arc, pour lui dire deux mots tète à tète. . . en particidier.
LELiÈvRE, étonné.
Au bout du pare ? Pour quelle aiïaire , mon cber ? . . .
JOLIVFIT.
On l'en instruira (à ^^oix Lasse. ) Du reste , il n'a pas besoin d'apporler des armes -, on en a . . .
LELiÈviiE, effrayé.
Des armes I comment, un duel! et qui êtes vous pour. . . ?
JOLIVET , lai serrant le hras,
l'ai tes ce qu'on vous dit, M. le cuisinier; et qu'il ne sorte pas un mot de plus de votre bouche. . . si vous tenez » vos oreilles. Sans adieu !
Jlil pariiîl. pondant ces derniers mots; des valets allument , autour de In salle do verdure, les lanternes et les [>ots a l'eu.
LELIÈVRE, seul.
Après un moment de silence.
L'insolent! J'en suis encore tout bouleversé! Un duel ! oser provoquer un comte! Il y a des gens d'une immoralité! mais il n'ira pas... Je me garderai bien de l'avertir... ])leux! . . . un si boa maître. . . et une si bonne j)lace . . . dont je n'ai |)as encore louché le premier trimestre! (7/ regarde de côté. ) Le voilà qui vient avec toute sa société ... si je pou\ ais. . . {Se frappant le front. ) Oh î quelle
iilcc. . . ( \'sl le seul iDOjeii de le sauver, de conserver ma jilacc... j)eul-èlre même d'obtenir de l'avanceraent. . . jMlons, I.elièvre, du courage. . . mon ami. . . ils en souperojit deux lieurcs plus tard , mais c'est égal I
Il sjrt en courant au moment ou toute la société entre du côté op[)osc.