CIRCULAIRE DE CONSPIRATION
« Citoyens,
K Nommez-moi, nommez l'homme qui vous parle. Il a le « droit de parler haut; il porte les stigmates des fers delà (c royauté : il a connu les oubliettes de !a monarchie. Tandis « que d'autres pactisaient avec le pouvoir et se laissaient « corrompre en secret par Tor des tyrans, lui ne savait qu'opte poser sa poitrine au fer des séides. Ce qu'il a souffert pour « le peuple, demandez-le aux cabanons du mont Saint-Michel « et à cette paille humide qui recevait son corps exténué. « Entre nous, peuple, les preuves sont faites, les gages sont « donnés. Je suis un des martyrs de ta cause; vois mes plaies. « Pendant que tu souffrais, je conspirais. Tu souffres encore, « je conspire enc«5re. Je conspirerai tant que tu souffriras. « La prison, ça me connaît ; elle est l'orgueil et le délasse- « ment des âmes en dessous et des existences méditatives,
« TS'ommez-moi ! »
CIRCULAIRE d'origine.
« Citoyens,
« Je suis fils d'un constituant et par conséquent du bois t< dont on les fait. Mon père a vécu dans l'intimité des Mira-
d beau et des Lameth ; c'est assez vous dire que je manquerai « à rassemblée si vous ne m'y envoyez pas.
« Permettez-moi de rappeler un seul fait pour mieux éclaift rer votre choix. Après révéneraent de Varennes, lorsque « le roi fugitif fut ramené à Paris, mon père, qu'unissaient « à Barnave des rapports d'amitié, crut remarquer chez ce « constituant un secret retour vers la famille royale. L'i- (c mage de la reine poursuivait le jeune tribun. — Tiens-toi « bien, Barnave, s'écria mon père avec un stoïcisme digne ({ de cette âme pure. Le mot est resté.
« C'est assez vous dire ce que nous sommes, ce que nous « valons. Nommez-moi! »