LIVRE III, CHAPITRE ï. 22t
un rapport. Les religieux ont été unanimes à souhaiter la séparation dans l'unique but de mener une vie plus austère et plus conforme aux vœux monastiques.
Enfin , il reproduit, touchant son refus d'aller à Rome, les arguments qu'on trouve dans sa réponse au bref du 21 juillet 1495*.
Après avoir ainsi terminé la justification du passé , il entreprend celle de l'avenir. Il px'ouve, par les canons et les docteurs de l'Église, que des religieux ont le droit de passer d'un ordre dont la discipline est relâchée dans un autre où elle est plus sévère, mais qu'ils ne pourraient sans péché faire le contraire ; et pour montrer que la communauté de Saint-Marc est bien dans ce cas, il en décrit rapidement la vie, et fait voir combien elle est plus sainte et plus pure que celle des autres couvents* Ses frères espèrent, ajoute-t-il, que le pape ne voudra pas ruiner l'édifice qu'ils ont élevé. Ce qui veut dire, pour tout bon entendeur, que si Alexandre ne tenait pas compte de leurs vœux, on saurait lui résister.
Savonarole dissimule si peu son intention de ne pas obtempérer aux ordres du saint-siége, qu'on trouve dans sa péroraison la prière suivante : « Votre. Sainteté daignera » accepter cette justification avec bienveillance, et croire » que c'est la prudence et non l'insubordination qui nous fi fait agir. Cette doctrine, » dit-il en terminant, « je l'ai » puisée chez les prédécesseurs de Votre Sainteté. Cepen- » dant je suis prêt à me soumettre, si vous envoyez un » légat pour examiner les choses de près, et si l'on veut » m'indiquer d'une manière précise ce qu'on trouve à re- » prendre dans mes prédications et dans mes écrits. »
Ainsi Savonarole, comme Luther, en appelait du pape au