‹ Jérome SavonaroleChapitre 162 sur 215 · LIVRE UT, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE UT, CHAPITRE IX

le traître Malatesta Baglioni, généralissime des armées ie la république , ne peuvent abattre de si grands courages, et le parti populaire repousse avec énergie la proposition d'un accord, que faisaient les modérés. L'armée impériale arrive (24 octobre), commandée par le prince d'Orange; elle commence à mitrailler Florence. Les habitants, enfermés, se laissent mener et se battent comme de vieux soldats : par de fréquentes sorties, ils causent de grands dommages à l'ennemi. Dans un traité avec l'empereur, François Ier les abandonne: ils maudissent la France, mais ne se rebutent pas. Malatesta refuse d'autoriser des sorties qui réussissaient si bien : ils sortent malgré lui. La famine, la peste, déciment leurs rangs : ils jurent de se tuer eux-mernes au dernier moment , et de mettre le feu à la ville. Après des prodiges de valeur, Ferruccio, leur grand capitaine, succombe et meurt à Gavinana : ils pleurent le héros , mais déposent Malatesta, qui entravait leur courage, et redoublent d'ardeur. Et, pour les empêcher d'aller jusqu'au bout dans la résistance, que faut-il? Il faut que les partisans des Médicis, insensibles à tant de vertu, prennent les armes pour venir en aide au traître et porter une main impie sur les derniers défenseurs de Florence. Ainsi, malgré le sacrifice de ses trésors et de son sang, Florence capitule. La liberté sera maintenue, est-il dit dans le traité. Qu'importe? Cet engagement est aussitôt violé que signé! Les Médicis sont rétablis; les magistrats intrépides, les héroïques volontaires delà milice florentine sont exilés ou décapités. Qu'importe? C'est le sort des vaincus. Florence est morte; mais elle a acquis plus de gloire par sa mort que par huit siècles de vie. Aujourd'hui qu'il ne lui reste plus que ses souvenirs, elle a du moins le mérite de n'en pas répudier le pie-

deux héritage, et la justice tardive de faire remonter ce culte pieux jusqu'à celui à qui elle doit l'honneur si rare d'avoir su bien finir ; elle se souvient que ces illustres martyrs de l'indépendance nationale avaient été formés par Jérôme Savonarole , un autre martyr qu'elle avait tué de ses propres mains.

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