‹ JérusalemChapitre 76 sur 81 · X ETC · texte numérisé non relu

X ETC

ZE premier établissement de ce genre dont

Jérusalem ait été doté doit sa création à l’empereur Charlemagne. Voici comment un pélerin durrx° siècle, Bernard leSase "sexe piiine a cessuiet

« Nous fümes recus dans l’hospice du très glorieux empereur Charles, où sont accueillis tous ceux qui visitent ce pays par dévotion et qui parlent la langue romaine (c’est-à-dire le latin). Une église en l'honneur de sainte Marie y est attachée; elle possède une très riche bibliothèque, grâce aux soins de l’empereur, avec douze habitations, des champs, des vignes, et un jardin dans la vallée de Josaphat. Devant l’hospice même se trouve le marché. »

Évidemment cet hospice avait été fondé par Charlemagne à l’époque où des relations amicales s’établirent entre lui et le khalifs Haroun-er-Rachid.

Je ne serais pas étonné qu'il fallût attribuer au même siècle la grande porte extérieure actuelle du Saint-Sépulcre, avec ses

colonnes de marbre et ses chapiteaux carlovingiens.

Düutresehon/mensiuraitinmeux diremquenne l'a ditemMæecde Vogüé : « Le marché du 1x° siècle, comme l’agora du temps de Constantin, comme le chainge et les eschoppes des croisades, ont dü occuper l’emplacement du bazar actuel, c’est-à-aire 1e terrain placé à l’est et au sud-est du Saint-Sépulcre. C’est la que fut établi lhospice de Charlemagne, au même point où s'éleva plus tard l’église de Sainte-Marie-Latine, dont le nom vient sans doute de l'hospitalité accordée par l'établissement auquel cette église fut attachée, à tous les pèlerins qui parlaient la langue latine, et de ce que les offices s’y célébraient en latin. »

Les moines francs qui desservaient l’hospice latin de Charlemagne appartenaient à l’ordre des bénédictins, et leur supérieur était un certain Engelbald, Allemand d’origine, qui avait pris en religion le nom de frère Georges.

Fixée d’abord sur le mont des Oliviers, la communauté se donnait à elle-même le titre de « Francs du Mont des Oliviers »; mais l’hospice était dans l'intérieur de la ville.

La persécution du khalife El-Hakem amena naturellement la destruction de lhospice de Charlemagne, en même temps que celle de l’église du Saint-Sépulcre. Tous deux se reconstituérentuplus itard.s.et l'hospice--futt-relevékpar “les: Soins “des Amalfitains, que le commerce attirait en Orient. Il leur fallait haidomicilenireNdansla ville sainte retulsrésolurente d'y fonder un établissement où ils pussent descendre et séjourner en toute sécurité. Une députation chargée de présents propres à capter la bienveillance du Kkhalife réussit dans sa mission, et l'autorisation fut donnée aux Amalfitains de construire un nouvel hospice à Jérusalem. Un terrain leur fut concédé en face de la porte de l’église du Saint-Sépulcre, et ils y construisirent, avec une église, tous les bâtiments nécessaires au logement des moines qu'ils firent venir d’Amalfi. L'église prit le

nom de Sainte-Marie-Latine et fut bâtie entre l’année 1014, où

cessèrent les persécutions du khalife El-Hakem, et l’année 1023, date à laquelle le sultan Mozhaffer accorda la protection aux religieux francs, par un firman dont l'original est conservé dans les archives des pères franciscains à Jérusalem.

Plus tard, une maison spéciale où devait s'exercer l’hospitalité pour les émmes futannexée la première "erwrecurmle nom particulier de Sainte-Marie-la-Petite; mais leur ensemble resta toujours désigné sous le titre collectif de Sainte-Marie- Latine.

Au moment où commença ie siège de Jérusalem par les croisés, les deux hospices, se voyant menacés, payèrent un tribut qui les sauva de la destruction; ils furent donc respectés, et lorsque Jérusalem tomba au pouvoir des chrétiens, l’hospice des hommes était dirigé par un personnage du nom de Gérard, celui des femmes par une noble dame, Agnès. Gérard et ses compagnons, se consacrant à la vie religieuse, prirent pour signe une croix blanche qu’ils portaient cousue sur la poitrine. Nous touchons au commencement de l’ordre qui prit saint Jean pour patron et devint celui des frères de Saint- Jean-de-Jérusalem, nommés par la suite hospitaliers, puis chevaliérs de Rhodes et de Malte. Au même moment, Agnès prit également l’habit régulier, et ainsi fut fondé l’ordre des religieuses qui resta attaché aux hospitaliers jusqu’à la dispersion de l’ordre.

Au moment où Selah-ed-Dyn enleva Jérusalem aux chrétiens et renversa le trône des rois latins, les noms avaient quelque peu changé. L'établissement des religieuses était le premier que l'on rencontrait en allant du bazar au Saint-Sépulcre, par la rue des Paumiers, et c'était cette « abeïe de nonnains » qui se nommait Sainte-Marie-la-Grande; après venait, de l’autre côté de ja rue, le couvent de moines noirs nommé Sainte-Marie-la- Latine, puis, en troisième lieu, la maîtresse porte de l’hôpital,

située exactement en face de la maîtresse porte du Saint-Sépulcre.

LES HOSPICES DE JÉRUSALEM © dr.

GuillaumetdenRyrraconte qué vers rm13010u 1140; les frères de l'hôpital, sous la direction de Raymond du Puy, firent construire, en face des portes mêmes de l’église du Saint-Sépuicre, des édifices qui, par leur splendeur, primaient leur voisine, et dont les cloches étaient si puissantes et si sonores qu’elles couvraient la voix du patriarche quand il prêchait sur le Calvaire. De toute cette splendeur passée, il ne reste aujourd’hui que des monceaux de décombres, ou des murailles englobées dans les maisons modernes. Aussi ne peut-on faire que des suppositions sur le plan original du vaste hôpital qui, au dire de Jean de Mandeville, était encore en 1322 soutenu par cent vingt-quatre colonnes de marbre et par cinquante-quatre piliers de pierre engagés dans les murailles. C'était un immense khan construit suivant le système arabe.

Au reste, on pourra juger de son étendue par l’assertion de Jean de Wirzbourg, qui nous dit que le nombre des malades atteigtut le chiffre de deux mulle, et qu'il en: mourut parfois cinquante en une Journée.

L'établissement des hospitaliers finit par couvrir tout le terrain immense que J'ai vu livré à la culture, et qui s'étend jusqu’à la rue David, c’est-à-dire jusqu’à celle que borde au nord une longue suite d’arcades ogivales de très bel appareil, ouvrant sur les salles voütées qui forment aujourd’hui le bazar, et que la tradition, parmi les habitants de Jérusalem, rattache unanimement à l’hôpital de Saint-Jean.

De 1115 à 1187, neuf grands maîtres de l’ordre des hospitaliers de Saint-Jean résidèrent à Jérusalem; le neuvième, Garnier de Naplouse, en cette année 1187, alla s'établir avec les chevaliers ses frères dans la banlieue, où ils restèrent jusqu’en 1192, pour se réfugier plus loin à Saint-Jean-d’Acre. Pendant tout un siècle, les hospitaliers, les templiers et les chevaliers de l’ordre teutonique établis à Acre ne cessèrent de guerroyer

contre les musulmans; mais ils durent céder devant le nombre,

et les chevaliers de Saint-Jean se fixèrent dans l’île de Chypre, où il résidèrent, à Limassol, pendant une vingtaine d’années. En 1500 ils allèrent à Rhodes, d’où les Turcs réussirent à les chasser en 1522. Ce fut alors qu'ils vinrent à Malte.

Quant aux bâtiments de l’hôpital de Jérusalem, Selah-ed-Dyn les fit respecter, tout en ordonnant la profanation de l’église ; il s’y établit même de sa personne. ALes ruinesh de l'écliseude Saint-Jean furent changées en mosquée.

Mais jusqu’à la fin du xv° siècle il y eut là un hospice, où logeaient les pèlerins qui venaient visiter la Terre sainte. Enfin, au xvui® siècle il n’y avait plus une seule portion habitable dans toute l'étendue du terrain couvert jadis par le somptueux hôpital de Saint-Jean.

Depuis 1869, ce terrain a été concédé à la Prusse, et j'étais à Jérusalem au moment même où le prince Frédéric, fils du roi Guillaume, en prit possession avec une solennité encore modeste.

Les restes de Sainte-Marie-la-Grande ont fourni à M. de Vogüé une des planches les plus intéressantes de son livre sur les églises de la Palestine. A l’église, parfaitement orientée, s'adossait le cloître placé entre les cellules d’habitation; plus loin,"$e itrouvaitilé sréfettoire pins deux Srandessalles pète être celles delinfirmerie.

Dans la rue qui passe devant le Saint-Sépulcre, c’est-à-dire dans l’ancienne rue des Paumiers, on voit encore le vieux portail de l’église ouvert au nord, à moitié enterré dans les décombres et les moellons.

Ce qui est véritablement curieux dans cette porte, c’est le bandeau sculpté qui Pencadre; tout mutilé qu’il est aujourd’hui, il laisse deviner la présence de sculptures caractéristiques. On y voit les douze mois de l’année, accompagnés de leurs noms latins en. lettres dur #sièele Mrerdonrul/reste des Mtrèces

suffisantes pour qu’on puisse les déchiffrer. Entre les mois de

juin et de juillet sont représentés le soleil et la lune avec leurs noms SOL et LUNA.

Au-dessus de l’archivolte extérieure de la porte et du cordon sculpté qui l'entoure, court une corniche supportée par une série de modillons, dont les intervalles sont eux-mêmes remplis de sculptures ornementales.

Le tympan de la grande porte d'entrée était garni d’un basrelief à figures, dont les restes sont beaucoup trop frustes pour qual soitpossiblérd'émidéviner le-suer,

Il paraît qu’à la prise de Jérusalem par les musulmans, l’église de Sainte-Marie-la-Grande ne fut pas détruite, puisqu’en 1522 Jean de Mandeville la vit debout et l’admira; un peu plus tard, elle fut ruinée et le cloître transformé en caravansérail.

Quant à Sainte-Marie-la-Latine, il n’en reste rien, et même

il serait fort difficile d’en déterminer l’emplacement.

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HOPITAT DE SAINDE HELENE

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