PALAIS D'HÉLÈNE, REINE D’ADIABÈNE
Hôpital de Sainte-Ilélène
HOPICSLEDE SAINTE-HÉLÈNE 321
L'hôpital de Sainte-Hélène porte parmi les musulmans le nom de Couvent de læ Sultane favorite, car sa fondation est l’œuvre de la sultane Roxelane, favorite de Souleïiman.
La porte extérieure, d’une structure très élégante, est ornée de nombreuses arabesques, et les pierres blanches, noires et rouges qui la constituent forment une sorte de marqueterie des plus charmantes. À cet établissement hospitalier avait été attribuée la totalité des impôts prélevés sur les villages de Beït- Lehem, de Béthanie et d’autres. Aujourd’hui ces revenus sont toujours affectés à la même fondation; mais, soit qu'ils aient diminué, ce qui est certain, soit qu’on les dilapide outrageusement, ce qui n’est pas moins certain, le couvent se trouve dans un déplorable état d'abandon.
Il est possible que la tradition chrétienne ait raison, et que là ait existé dès le 1v° siècle un établissement hospitalier fondé par l’impératrice Hélène, établissement qui aurait été continué, d'âge en âge, jusqu à notre époque. Mais comme je ne trouve pas de trace historique d’une telle fondation, je suis porté à Croire quesléernom, d'Hélène, tout réel! qu'il ést,-a; été attribué à limpératrice romaine tandis qu’en réalité il appartenait à Hélène, reine d’Adiabène. En Orient, si les monuments consacrés à une destination identique se succèdent et se superposent en quelque sorte, les noms se transmettent de père en fils avec une admirable persévérance.
La reine d’Adiabène, sous le règne de l’empereur Claude, sacrifia presque toute sa fortune personnelle pour venir au secours de la population de Jérusalem pendant une affreuse disette; de là, peut-être, la tradition qui a fait placer en cet endroit un établissement de charité. Pourquoi en cet endroit ? Parce que la reine Hélène d’Adiabène habitait un palais situé dans la ville basse et sur la colline d’Akra, probablement au point même où se trouve aujourd’hui l’hôpital de Sainte-Hélène. Voici ce que nous apprend Josèphe sur le compte de ce palais,
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lorsqu'il fixe les positions respectives des deux partis ennemis qui se partageaient la ville de Jérusalem au moment du siège de Titus.
« Simon tenait la ville haute et la grande muraille jusqu’au Cédron, et, du mur antique, tout ce qui à partir de Siloé s’infléchit vers lorient et jusqu’au palais de Monobaze (celui-ci était roi des Adiabéniens). Il tenait encore la piscine et le mont d’Akra (la ville basse), avec la région qui s’étendait jusqu’au palais d'Hélène, mère de Monobaze. De son côté, Jean occupait le Temple et ce qui l’entourait, sur une assez grande étendue, de même qu'Ophel et la vallée du Cédron. Ayant détruit par l'incendie tout ce qui se trouvait entre eux, ils s’ouvrirent ainsi un champ de bataille pour la guerre qu'ils se faisaient sans merci. »
Dans un autre passage du même récit de la guerre judaïque, Josèphe raconte que le lendemain du jour où les Juifs, encore maîtres de la ville haute, rejetèrent les dernières propositions de Titus et refusèrent de mettre bas les armes, les Romains livrèrent aux flammes le trésor des archives, Akra, la Curie et Ophel. L’incendie se propagea jusqu’au palais d'Hélène qui était au milieu d’Akra.
Cela posé, si l’on jette un coup d’œil sur le plan de Jérusalem, on reconnaïîtra que le soi-disant hôpital de Sainte-Hélène occupe réellement le milieu d’Akra, ainsi que le dit Josèphe en termes si précis. De là à conclure que l’hôpital de Sainte-Hélène a pris la place du palais d'Hélène, reine d’Adiabène, il ny a qu'un pas, et ce pas je le fais sans l'ombre d’hésitation. Sur place, d’ailleurs, j’avais dû reconnaître queles assises inférieures des murs de l'hôpital trahissaient par leur physionomie un âge bien antérieur à celui des parties hautes de l'édifice. Pour moi donc, ces soubassements sont des restes du palais de la reine.
En face de l'hôpital Sainte-Hélène, se voit une construction
contemporaine de celle du couvent de la sultane favorite, et qui