‹ JérusalemChapitre 80 sur 81 · ET PASSION (DE (N.-S TEÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

ET PASSION (DE (N.-S TEÉSUS-CHRIST

A E moment du sacrifice approchait, et Jésus } partit de Jéricho pour gagner la ville sainte, où il savait qu'une mort affreuse l’attendait. La Jéricho d'alors n’était plus sur l’emplacement de la ville cananéenne de ce nom,

qui fut la première conquête de Josué; elle

s'étendait principalement sur la gauche de la route qui conduit à Jérusalem en partant de la plaine du Jourdain. Là se voient encore des ruines qui, parmi les Arabes, portent le nom de Kharbet-Kakoun.

« Jésus prit à part ses douze disciples, etileuridit: «Moilà « que nous montons à Jérusalem, et le fils de l’homme sera «-livré aux princes des Mprétres/ et aux Scribes, Merise Con

« damneront à mort et le livreront aux gentils pour le faire

« bafouer, flageller et crucifier, et le troisième jour il ressusci- (OLCTA

L'expression « monter » à Jérusalem est d’une exactitude rigoureuse. Tous ceux en effet qui ont visité la plaine du Jour-

dain connaissent la montée si dificile qu'il faut franchir pour

arriver sur le plateau de Canaan, en quittant la Jéricho de nos jours. C’est une route rocailleuse, le long de laquelle les larges pavés de la voie antique, déchaussés par le temps, rendent la marche des chevaux et des hommes extrêmement pénible sinon dangereuse. |

« Et lorsqu'ils approchaient de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Beth-Phagé, sur le mont des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, leur disant : « Allez au village qui est « devant vous, et aussitôt vous trouverez une ânesse attachée, « et son ânon avec elle; déliez-les et amenez-les-moi. Et si « quelqu'un vous dirt quelque chose, répondez : Le maître en (Hapbesoin. et. iles renverratoutides suite.» Jes disciples étant allés, firent ce qui leur avait été commandé par Jésus, ctulsMämenerentilänesse mel änon Is mirent. sur, leur dos leurs Avetements set-lé firent aSseormidessus Mais unetioule nombreuse étendit ses vêtements devant Jésus; d’autres coupaient des branches d’arbres et en jonchaient le chemin. »

Saint Luc précise le point où se passa cette scène, en disant : « Lorsqu'il se fut rapproché de Beth-Phagé et de Béthanie, sur le mont des Oliviers. »

Mais l'emplacement de Beth-Phagé est tout à fait inconnu. Il semble que la localité doive être cherchée en un point qui précédait la situation de Béthanie. La tradition chrétienne la

place à environ 500 mètres du sanctuaire de l’Ascension, vers

létsuüd,- «en un lieu, dit lé frère Liévin,"qui fait l'effet d’une digue barrant une vallée. » Jusqu’aux ruines, tout a disparu.

Jésus fit son entrée à Jérusalem, et la légende veut que ce fût par la porte nommée aujourd’hui la porte Dorée. La chose me semble impossible. Voici pourquoi

D'abord, il paraît au moins étrange qu’il eût pénétré avec sa monture dans le portique de Salomon et les parvis sacrés,

dans lesquels la porte Dorée donnait accès; de plus, la pente

du flanc droit de la vallée du Cédron est tellement raide que jamais chemin n'a pu aboutir directement à cette porte, en partant du mont des Oliviers. La porte Dorée, placée à lorient, n’était en quelque sorte qu’une porte d’honneur, ouverte en face de l'autel et du temple; aussi je pense que c’est par une des portes actuelles percées dans la face nord du Haram-ech- Chérif, que le Christ, une fois entré à Jérusalem par la porte des Brebis, aura pénétré dans l’enceinte du temple, probablement par le Bab-es-Sobt.

«EtNIésuS entra danse hiéronadenDieu ter 1eme ceux qui trafiquaient dans le hiéron. Il renversa les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes, et leur dit : «Il est écrit : Ma maison sera un lieu de prière; et vous « en avez fait une caverne de voleurs. » Puis il sortit de la ville, retourna à Béthanie et s’y arrêta.

Le lendemain matin, en revenant à Jérusalem, Jésus eut faim, et apercevant un figuier au bord du chemin, il en approcha et n’y trouva que des feuilles. Alors il dit à Parbre : « Jamais tu ne produiras plus de fruits; » et incontinent le figuier se dessécha. Les disciples s’en étonnèrent et dirent « Comment se dessèche-t-il de suite? » Jésus leur répondit : “En vérité, Je vous tlétdiss is VOuStavez la RIOoMetiStnous n'hésitez pas, vous agirez non seulement sur un figuier, mais si vous dites à cette-montagne : 1Lêve-toi et va te met ème mer, cela sera. Tout ce que vous demanderez avec confiance vous l’obtiendrez. » |

Les grands prêtres et les scribes ayant entendu ce que Jésus avait dit la veille aux marchands, cherchaient le moyen de le perdre; ils le craignaient à cause de l’admiration que la foule professait pour sa doctrine.

Les évangélistes ont eu soin de spécifier la profession de ceux qu’ils nomment les marchands expulsés du temple. Cela

est important, en effet, parce qu’il ne faudrait point penser que

les portiques de l’enceinte sacrée fussent comme une sorte de bazar où pouvaient s'établir impunément des marchands de tout genre. Il n’y avait là que des marchands de colombes et des changeurs.

Le ZLévitique nous apprend que les pauvres, qui n'avaient pas le moyen d’acheter un mouton à sacrifier comme victime d’expiation, devaient offrir à Dieu deux tourterelles ou deux pigeons. Il était donc naturel que ces oiseaux fussent tenus à la disposition des acheteurs, et à proximité de l'autel, c’està-dire dans les portiques mêmes.

Ainsi pour les changeurs. Nous lisons dans l’Fxode que « tout homme, à partir de l’âge de vingt ans, donnera à l'Éternel une offrande d’un demi-sicle. Le riche ne payera pas plus, et le pauvre ne payera pas moins. Ce tribut sera appliqué aussehricerdur culte. >mG'est lac quinconsutuaitelé rexenu fondamental du trésor sacré.

Ce tribut annuel se payaït régulièrement encore à l’époque de Jésus-Christ, et partout; il était perçu pour le compte du trésor du temple. Saint Mathieu nous en fournit la preuve quand il raconte que Jésus étant venu à Capharnaüm, les percépteurs de la capitation Vinrent' trouver !Pierre et lui dirent que son maitre n’avait pas payé le didrachme. Jésus alors dit à son disciple : « Va à la mer » (c’est du lac de Génézareth qu'il s’agit) « et jette ta ligne; ouvre la bouche du premier poisson que tu prendras et tu y trouveras un statère. Prends-le et donne-le-leur pour moi et pour toi. »

Le didrachme équivalait à la moitié d’un sicle, qu’il nomme un statère, car le statère n’est .autre chose qu’un tétradrachme. Or les sicles et demi-sicles hébraïques sont parfaitement connus; ils ont juste le poids des tétradrachmes et didrachmes frappés en Égypte et en Phénicie. La monnaie romaine, qui ne comprenait que des deniers d’argent offrant l'effigie de l’empereur,

devait, pour cette raison seule, être exclue du trésor juif. Il

Le

fallait, pour payer la capitation, se munir d’un demi-sicle té braïique; de Îà la nécessité de trouver des changeurs, auprès desquels on pouvait se procurer la monnaie admise contre la monnaie courante.

Nous arrivons au récit spécial qui a recu le nom de « la Passion ».

Où la sainte Cène a-t-elle eu lieu? Probablement hors des murs, au point même où la tradition séculaire place le Cénacle.

On peut croire qu’alors, comme toujours depuis, les portes de la, ville se fermaient autcoucher dutsoleiltetécommenn faisait nuit lorsque Jésus et ses disciples sortirent du Cénacle pour gagner le mont des Oliviers, il devient tout à fait vraisemblable que la dernière Pâque fut célébrée hors des remparts.

Jésus ‘se rendit, avec ses fidèles, à Gethsemani, et leur dit : « Asseyez-vous ici pendant que j'irai prier là-bas. » Puis, prehantravec. lui Pierre et-lès-deux nis/de Zébédée ÿilléprouva un sentiment de peurteét-Idemintitriste COMOnRAMENCStTAMReLECr dit-il, jusqu’à la mort; arrêtez-vous ici, et veillez avec moi. » Et s’éloignant de quelques pas, il se prosterna la face contre terre, priant et disant : « Mon père, tout t'est possible; éloigne de moi ce calice. Néanmoins, qu'il soit fait non selon ma volonté, mais selon la tienne. » '

Certes, pas un des quatre évangélistes ne parle de la Grotte de l’Agonie; mais la tradition qui concerne ce sanctuaire remonte si haut, qu’il n’est guère possible de révoquer en doute son authenticité. Le jardin de Gethsémani, situé au delà du Cédron, était bien là où on le montre aujourd’hui, et de ce jardin à la grotte il n’y a qu’un jet de pierre. C’est dans ce jardin que le Christ a passé les heures mortelles ‘qui ont précédé son arrestation.

Jésus fut d’abord conduit chez Anne, le beau-père du souverain pontife en exercice de fonctions.

La tradition place la maison d'Anne au point où s'élève

aujourd’hui léglise du couvent des sœurs de charité armé-

niennes. Dans une petite chapelle de cette église, ouverte sur le côté gauche, on montre le Heu où Notre-Seigneur, interrogé par le grand prêtre, aurait recu un soufflet. C’est au dehors du Bab-Sahioun, ou porte de Sion, qu’une autre tradition, peu vraisemblable cette fois, place la maison de Caïphe.

Le matin venu, Jésus chargé de liens fut conduit au prétoire et livré à Ponce Pilate, le procureur romain de la Judée.

Depuis le règne des princes asmonéens, la robe et les ornements pontificaux que le grand prêtre devait porter dans les grandes solennités du culte étaient déposés dans la forteresse Baris, qui recut sous Hérode le nom d’Antonia. Hérode lui-même y garda ces ornements, et il est certain qu'il habita presque toujours la citadelle, puisqu'il s'était fait construire un passage! souterrain partant de là pour aboutir près de la porte Doree

Après la mort d’Archélaüs, son fils et successeur, la robe pontificale resta entre les mains des Romains, jusqu’au temps de Fibère. Sous le règne de celui-ci, Vitellius, préteur de la Syrie, étant venu à Jérusalem, y reçut un accueil si brillant, qu'il voulut témoigner au peuple sa reconnaissance, en appuyant auprès de l’empereur la demande qui lui avait été Huiebdesremettre lestJuiisment possession de larobe. et des ornements du grand prêtre. Tibère accorda la remise, et les saints objets en question restèrent au pouvoir des Juifs jusqu’à la mort du roi Agrippa. À ce moment, Cassius Longinus, qui administrait la Syrie, et Caspius Fadus, qui était procureur de la Judée, ordonnèrent de nouveau aux Juifs de déposer les ornements à la tour Antonia, où ils seraient sous la garde des Romains.

Alors la nation envoya des ambassadeurs à l’empereur Claude, pour obtenir le retrait de cette injonction. Le jeune

roi Agrippa, qui se trouvait à Rome, les seconda de toute son influence, et l’ordre fut envoyé à Vitellius de rapporter la mesure.

Josèphe nous raconte ce qui se pratiquait pendant tout le temps que les Romains furent dépositaires des ornements pontificaux.

Ils étaient enfermés sous le cachet du grand prêtre et des questeurs du trésor; la veille d’une fête, les questeurs se présentaient devant le chef de la garnison romaine d’Antonia, et, après avoir constaté que les cachets étaient intacts, ils emportaient l’accoutrement du grand prêtre; puis, la fête terminée, ils le rendaient au chef militaire.

Lorsque après la déposition d’Archélaüs, la Judée devint une province de l’empire, les Romains trouvèrent la robe pontificale dans une caisse de pierre scellée, et devant laquelle brülait chaque jour une lampe entretenue par les soins du commandant de la forteresse.

La tour Antonia, reliée aux portiques septentrional et occidental du temple, était munie de rampes aboutissant à l'intérieur de ces deux portiques, et par lesquelles descendaient les postes qui, aux jours de fête, étaient répartis le long des portiques, pour veiller au maintien de l’ordre. Encore au moment du siège de Titus, Antonia était occupée par une cohorte romaine.

Si maintenant nous nous rappelons que c'était à Césarée, et non à Jérusalem, que résidait habituellement le procurateur, nous serons invinciblement amenés à penser que, lorsqu'il venait faire un séjour dans la ville sainte, c'était à la tour Antonia qu'il prenait gîte.

Du reste, nous avons une preuve matérielle qui ne, permet pas de mettre ailleurs qu’à la tour Antonia le prétoire, où la sentence de mort de Jésus fut prononcée.

Saint Jean nomme Zithostrôtos le lieu où se trouvait la

tribune sur laquelle Pilate prit séance. Le sens littéral du mot est : « pavé de pierres ou orné de mosaïques ».

Or un passage de Josèphe, dans sa Guerre des Juifs, fournit un précieux renseignement qui éclaircit tout à fait la question.

Aussitôt que les soldats de Titus eurent enlevé et occupé la tour Antonia, un combat violent s’engagea entre les Juifs et les Romains dans les parvis du temple. Comme les Romains étaient repoussés du côté de la tour, où se tenait Titus, un centurion, voyant ses compagnons d'armes plier et perdre du terrain, s’élança et, à lui seul, refoula les vainqueurs jusqu’à l'angle du hiéron intérieur. Mais personne ne peut échapper à sa destinée. Le centurion, qui portait, comme tous les soldats romains, des chaussures garnies de clous nombreux et aigus, glissa en courant sur le Zz/hostrôtos et fit une chute dont le bruit rappela les fuyards. En un clin d’œil 1l fut criblé de blessures, malgré sa résistance désespérée, et personne ne venant à son secours, il finit par succomber.

De ce passage, il résulte clairement que c'était la grande cour pavée du hiéron extérieur qui portait à Jérusalem le nom de Zaithostrôtos. C’est donc au bas de la tour Antonia et sur le pavé même du temple qu'était placée la tribune, du haut de laquelle Pilate prononcça les cruelles paroles Ecce homo, en montrant à la foule ameutée Jésus sanglant et meurtri.

Rappelons-nous en passant que la caserne actuelle, occupée par la garnison turque de Jérusalem, est précisément là où fut jadis la tour Antonia, et qu’à l’époque des croisades le Lithostrôtos n'avait pas d'autre nom que celui de Pavement.

La foule s’empara de Jésus, pour l'emmener. Portant luimême sa croix, il alla au Calvaire, où 1l fut crucifié.

L'Évangile de saint Jean, parlant de la résurrection, donne quelques détails précieux sur le saint Sépulcre. C’est lui qui

nous apprend que la tombe était fermée par une pierre; que

nr.

… pour jeter un regard à l'intérieur il fallait se baisser, à plus

É forte raison pour y entrer; que saint Jean et saint Pierre y + entrèrent et ”S'ywtinrent en/1méme temps; MeninwquenMarc, ; « » . . , s é mère de Jésus, y vit deux anges assis sur la couche funéraire, 5 ») A 3 9 , A , LS alors vide, l’un à la place qu'avait occupée la tête de Jésus, k l’autre à la place des pieds. F Il est donc indubitable que le saint Sépulcre était taillé : dans le roc comme tant d’autres tombes judaïques, qu'il était «fermé par un disque de pierre, et que dans la chambre sépul- * crale se trouvait, en face de l'entrée, un arcosolium sur lequel & le corps du Sauveur fut déposé, entouré d’aromates et de à linges, avec un suaire sur la tête. # F + L + A #4 Fi , La Ê

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III. Le Saint-Sépulcre IMRELES Portes Ge MÉPUSIEMN. TIME RER PRE # V. Le temple de Salomon et le temple de Zeroubabel VI. Le temple d’Hérode

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IX. L’enceinte du temple pendant la durée du royaume latin de Jérusal X. Le palais de Salomon

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XLV. Derniers jours de la vie humaine et Passion de N.-S. Jésus-Christ. . .

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