‹ Jésus-ChristChapitre 1 sur 16 · RUE GARANCIÈRE · texte numérisé non relu

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BT30I

De faux savants, aidés de quelques journalistes, et formant association, essayent d'ébranler la croyance à la divinité de Jésus- Christ.

Tant qu'ils n'ont écrit que pour le petit nombre, je me suis borné k opposer de solides preuves h leurs inventions. J'ai démontré, à la suite de bien d'autres, que leur histoire est fausse, leur science absurde, et leur dessein coupable.

L'un d'eux, M. Renan, veut aujourd'hui répandre sa Vie de Jésus jusque dans les villages et les ateliers. Je l'y suivrai, s'il plaît à Dieu , en donnant , moi aussi , l'édition populaire du volume scientifique qui montre

que son livre est faux \ Ce ïivre faux a déjà reçu, dans l'Europe entière, tous les démentis de la science, et il va soulever toutes les protestations du sens commun. Car le peuple, qui est tout le monde, le peuple a le sens commun. Aussi je ne crains pas de dire ici que, dans cette discussion, je prends pour juge tout homme qui sait lire.

Une parole a été dite il y a dix -huit cents ans : « Venez k moi , vous tous qui » travaillez et qui êtes chargés, et je vous » soulagerai. »

Depuis ce jour, s'il y a sur la terre un peu de justice, s'il y a dans la vie un peu de bonheur, s'il se fait sous le soleil un peu de bien , si la force injuste est bridée , si les bons se dévouent, si les petits et les pauvres s'élèvent peu a peu , nous le devons a l'Évangile, nous le devons à Jésus-Christ.

Notre sort est encore bien dur, mais avant Jésus -Christ le travailleur était esclave; son travail était k son maître-, le maître avait sur lui droit de vie et de mort : quel enfer! N'oublions jamais ce

1 Voir les Sophistes et la Critique.

h. PRÉFACE. *

progrès, ou plutôt cette révolution, qui sépare comme par un abime le monde ancien et le monde nouveau.

Or, qui donc est le fondateur du monde nouveau , si ce n'est Jésus-Christ?

Amis, lorsque votre sort vous pèse, et quand une larme mouille vos yeux, vous pensez au Christ sur la croix. C'est k Jésus que vous présentez votre femme, votre enfant nouveau -né, votre fille virginale.

Sur la poitrine de votre père, à la dernière heure, vous placez le crucifix-, vous le placez sur la tombe des vôtres, et c'est encore la Croix que vous saluez, au haut de votre église, lorsque vous revoyez la patrie.

On vous dit que ce Jésus, votre Dieu, votre ami, votre exemple, votre espoir, on vous dit qu'il n'était qu'un simple homme, maintenant disparu, incapable de vous entendre , mais capable de vous tromper.

♦ On veut arracher le crucifix à votre muraille, le tabernacle à votre église, la religion à votre âme, a votre enfant la piété divine, et avec elle la piété filiale.

Et ceux qui ont tenté cette œuvre impie, dont ils auront a rendre compte devant Dieu et devant les hommes, ces professeurs, ces docteurs, ces journalistes, ils viennent vous dire : « Voyez le prêtre! Pour se dévouer aux hommes il a renoncé à la gloire, k l'ambition, à la fortune , k la famille Quel hypocrite !

Mais nous, qui sommes riches, fameux, heureux , puissants , nous sommes les successeurs des premiers chrétiens; nous sommes les vrais apôtres, les bons apôtres, les guides de vos progrès.

« Nous venons vous apporter un nouvel évangile^ dont le premier article de foi, c'est qu'il ne faut plus croire. »

Mes frères , qui travaillez , et qui ne pouvez pas tout lire , on vous trompe odieusement, on vous flatte grossièrement.

Quant aux tromperies, lisez le livre que je vous mets entre les mains. Vous jugerez* Quant aux flatteries , voici la vérité : «

On vous dit que vous valez mieux que les autres. Non, il n'y a pas de classes parmi nous pour la vertu, comme il n'y en a plus,

grâce à Dieu , pour le droit ni pour le devoir. Nous sommes tous de pauvres hommes, qui avons besoin de nous aimer, de nous pardonner, de nous soutenir les uns les autres. Et c'est ce que Jésus, le chef de la nouvelle humanité, nous enseigne par son Évangile, et, chose plus nécessaire et plus difficile, c'est ce que, par sa force vivante, il nous apprend et il nous aide a pratiquer.

Restons unis k notre ami et à notre frère aîné Jésus-Christ. Ne laissons pas circuler parmi nous la fausse monnaie de l'Évangile.

Et que l'esprit de Jésus-Christ toujours présent, que son cœur toujours agissant, conserve aussi toujours un asile sacré dans nos cœurs.

A. Gratry,

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