‹ Jésus-Christ avant son ministèreChapitre 34 sur 37 · PET · texte numérisé non relu

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produit d’une libre décision. Rien neda brisera:; rien ne la fera fléchir. Sa vie sera le plus grand drame de l’histoire, et, en même temps, Le plus

parfait de tous, un drame moral dont le seul

facteur, facteur intime et toujours actif,.sera son héroïque volonté.

T'els nous semblent avoir été les deux traits dominants du caractère de Jésus. Ils se sont

complétés l’un l’autre, etontconstitué sa person- P

nalité. Nous les avions déjà constatés en définissant sa sainteté. Jésus nous montre, d’une part, l'homme tel qu’il doit être, dont la stature morale est complète, l’homme qui est un vrai Fils de Dieu; d’autre part, l’union avec Dieu intime et jamais troublée, l’harmonie complète entre le Père et le Fils.

Nous nous sommes efforcé, dans les pages qui précèdent, de séparer la figure de Jésus des notions théologiques et dogmatiques formulées plus tard par l'Eglise. La tâche était difficile,

impossible peut-être ; en tout cas, nous ne pou-

vons la poursuivre plus loin. Jésus a déclaré, pendant son ministère, qu'ilétait l’objetde la reli-

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gion chrétienne ; qu’à lui devaient se rapporter

la foi, l'amour et le culte des croyants. Plus

tard, l'Eglise dira : Jésus a dit qu’il fallait croire en lui, parce qu’il est ceci ou cela. Nouslaissons de côté ces parce que, et, fidèle à la méthode que nous nous sommes imposée, nous mous

bornons à constater les faits, les faits histori-

ques, qui, seuls, sont hors de toute contestation. Or, s’il est un fait certain, c’est que Jésus a déclaré qu’il réconciliait la terre avec le ciel, qu'il relevait le pécheur, qu’il consolait l’affligé, qu'il donnait la vie éternelle. Là est son originalité,et elle est indéniable ; là aussi sa puissance. Qu'on nous montre, si l'on veut, que toute la morale chrétienne est déjà dans la morale hellénique; il n’en est pas moins certain que la philosophie grecque est restée stérile, et que le christianisme a transformé le monde.

Sans doute, Jésus-Christ est né à son jour età son heure. Nous avons dit que Luther, né cent ans plus tôt, n’aurait pas été Luther, et tel précurseur de la Réforme, mort obscur, eût peutêtre été aussi grand que lui, s’il était né en même temps que lui. N'importe, car la person-

nalité de Jésus domine de bien haut tout ce qu’il a pu devoir à son temps et à son milieu.

Nous en avons bien des preuves. En voici une

entre mille et c’est encore une preuve de fait : A l'apparition de Jésus, se rattache étroitement la

notion du péché. Le Christ a mis la guerre dans

l'intérieur de l’homme, en y éveillant un sentiment purement moral, le sentiment du péché ; et, pour l’éveiller, il ne s’appuie pas sur la dualité de l'esprit et de la matière. Le trait le plus caractéristique de la doctrine chrétienne, la cause la plus profonde de son action dans le monde, vient de sa notion de la sainteté. La soif de pureté et de perfection a paru sur la terre avec Jésus. Sans doute, il ne l’a pas créée. La notion de la sainteté est une notion hébraïque; et cependant, ce n’est qu'à partir de J ésus-Christ

que l’homme a livré la lutte intérieure, est des-.

cendu en lui-même, et a découvert, dans son âme, des trésors cachés et des sources inconnues ; fait immense, inexplicable par la seule prédication de la sainteté, sur les lèvres du Christ, et qui ne s'explique que par la perfection morale de la personne même de Jésus. Si

NDS

des hommes comme saint Paul, saint Augustin, Luther, Pascal n'ont pas pris leur parti des souillures et des bassesses du monde, s'ils ont été affamés d’idéal, altérés de sainteté, s'ils se sont frappé la poitrine, et ont imploré avec larmes le pardon de Dieu, c’est parce que Jésus leur a montré quelle est la perfection que Dieu exige. Si Jésus, enfin, a opéré, dans l’histoire de l'humanité, la plus formidable des crises, c’est parce qu'il a été parfaitement saint. Cette conscience juive est devenue la conscience même de l’humanité. Toutes ses promesses, toutes ses

espérances, toutes ses aspirations, sont réalisées

en Jésus. Il est l’homme normal ; l’homme tel qu'il doit être. Il n'y a eu aucune défaillance dans sa vie, et l’on n’en découvrira jamais. La tradition du péché est vaincue, et c’est lui qui l’a vaincue.

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