‹ Jésus-ChristChapitre 244 sur 376 · LE DISCOURS SUR LA MONTAGNE · texte numérisé non relu

LE DISCOURS SUR LA MONTAGNE

il aurait parlé à la multitude'. L'auditoire est bien le même, et la seule différence entre les deux évangiles, cest que l’un nous donne le discours avec tous ses développements, au lieu que l’autre nous l’a conservé sous une forme plus brève et plus vive *. On remarque dans Matthieu l’intercalation de plusieurs paroles prononcées en d’autres circonstances, mais On ne peut méconnaître que Luc n'ait de nombreuses lacunes? Le discours sur la montagne est la charte du royaume de Dieu, tel que Jésus-Christ a voulu le fonder. Entre la législation du Sinaï et cette législation nouvelle tout est contraste, bien que la seconde soit le développement légitime de la première. | Nous ne sommes plus dans le désert brûlant, au pied de l’Horeb couronné d’éclairs, dans une contrée d'épouvante où la voix divine roule comme un tonnerre sur des rocs dénudés. Jésus s’est établi sur un

1 C'est l’idée de Lange, Leben Jesu, ll, p. 516: ne

? Matthieu place le discours sur la montagne, et Luc dans la plaine. (èrt zôrov neotyoÙ, VI, 17); mais ce dernier mot peut très bien désigner un des plateaux des montagnes galiléennes. |

$ Lange et M. Lutteroth ont, chacun à leur manière, établi l'unité du discours rapporté par Matthieu. Nous ne nions pas qu’on n’y puisse retrouver du commencement à la fin un enchainement assez rigoureux. C’est grâce à leur affinité que toutes ces paroles de Jésus ont été ainsi rassemblées; nous croyons précisément que l’ordre logique l’a emporté sur l’ordre chronologique, mais il est évident pour nous que Luc place dans leur vrai cadre historique un bon nombre des paroles rapportées par Matthieu à cet endroit. M. Lutteroth, pour expliquer la iongueur du discours de Jésus dans le premier évangile, traduit de cette manière les premiers mots dn chapitre V : Jésus s'était établi sur la montagne. (Kabioavros aètoÿ.) Nous aurions ainsi moins un discours qu'une période d'enseignement, (Voir aussi Ewald, ouvrage cité, p. 308.)

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