LA FÊTE DE LA DÉDICACE. ST
ses miracles. Si on ne les admet pas, c’est qu’on résiste à l'évidence, c'est qu'on n’est pas du nombre des brebis qui entendent la voix du bon berger. Il n'a pas d'autre argument à produire; tout en revient là : c'est bien le fond du débat.
À ces incrédules obstinés qui ne veulent pas entendre la voix intérieure, il oppose les âmes dociles qui se sont rangées sous sa houlette et auxquelles il communique la vie éternelle. Le Père qui lui à donné ces brebis est plus grand que tous, et personne ne les ravira de sa main. « Moi et le Père, nous sommes un‘. » Un cri de mort répondit à cette affirmation de sa divinité. « Pour quelle bonne œuvre me lapidez-vous? répond Jésus. — C'est pour ton blasphème, reprennent les Juifs. » On verrait à tort une atténuation de cette déclaration dans les mots qui suivent, Jésus se borne à rappeler que l’Ecriture Sainte elle-même, dans la hardiesse de son langage, appelle dieux ceux qui exercent la justice auvsein du peuple élu?; il ne se compare pas à ces représentants imparfaits de la divinité; car il s’est posé comme leur étant infiniment supérieur, lui que le Père a envoyé. Il ne retire rien de ce qu'il a dit; il y a là simplement un argument & fortiori.
La conclusion du discours est entièrement conforme
ei \ e 1 Eyù xat Ô ratio ÉV Éc.eY. (Jean X, 30.) Il n’est pas ici ques-
tion de l’accord moral entre Jésus et Dieu, car il s’agit non de la
sainteté, mais de la puissance nécessaire pour que les brebis soient gardées. Or cela nous transporte nécessairement dans le domaine métaphysique. n
2 La citation est empruntée au Psaume LXXXTI, 6.