LES PREMIERES APPARITIONS
de désespoir. On eût dit vraiment que la pierre de son sépulcre avait été roulée sur leur faible foi. Ils étaient comme anéantis. Les pieuses femmes qui avaient suivi Jésus jusqu'au pied de la croix se préparaient à lui rendre un dernier et funèbre honneur en apportant au tombeau les aromates qu'elles avaient préparés à la lueur mourante du jour de sa crucifixion, et qui prouvaient autant leur inintelligence de ses paroles que leur k tendre attachement pour sa personne. Elles attendaient avec impatience la fin légale du sabbat pour accomplir ce douloureux devoir. .
Au point du jour, elles se rendirent au sépulcre. . € Quel spectacle les y attendait! La pierre funéraire. avait été roulée, le sépulcre était vide, deux anges. en vêtements blancs se montrent à elles : « Pourquoi, leur disent-ils, cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n'est pas ici, il est ressuscité. » L’extrême joie écrase l'esprit autant qu’un grand malheur; ces femmes devaient passer en un instant de l'abattement le plus profond à la plus étonnante félicité; cette brusque transition d’une sombre nuit à la pleine lumière ne s’accomplit pas sans ébranlement. Dans cette première confusion d’impressions, tremblantes de joie et d’effroi, elles étaient incapables de porter aux apôtres la glorieuse nouvelle. L'une d'elles paraît s'être détachée du groupe au moment même où, jetant un premier regard dans la grotte sépulcrale, elle avait reconnu que le Corps avait disparu. C'était Marie de Magdala, délivrée jadis par Jésus de la plus affreuse