‹ Jésus-ChristChapitre 25 sur 139 · JÉS US2CBRISTAVE ANT · texte numérisé non relu

JÉS US2CBRISTAVE ANT

le recut de Jésus-Christ ressuscité, insiste sur la merveille dont il est luimême le plus merveilleux instrument : « Chose admirable! Dieu a converti le monde non point par l’art de la sagesse humaine, mais par la simple manifestation de sa doctrine qui est esprit et vérité... Il ne s’est pas prévalu des savants selon la chair, ni des puissants, ni des nobles pour établir son Évangile; mais il a choisi quelques hommes, les plus faibles ; pour confondre les forts ; ce qui n’était rien pour détruire ce qui est, afin que nul ne se glorifiât d’avoir réussi dans üne si grande entreprise, maïs que tout fût attribué à la puissance de Dieu. »

Les Apôtres étaient donc tous de pauvres bateliers et pêcheurs, et gens de rien. Judas seul était Juif, les onze autres Galiléens. Un proverbe populaire disait : Les Galiléens aiment l’honneur, les Juifs l'argent. |

Judas fut chargé de la bourse commune. On le croit originaire du bourg de Carioth, situé sur les confins de la mer Morte, lieu misérable dont le nom offrait plusieurs significations sinistres. Zscariote, l'homme de Carioth, veut dire l’homme à la bourse, l’homme d'usure, l'homme du meurtre, le traître. Pourquoi Notre-Seigneur, instruit du présent et de l’avenir, et qui lisait au fond des âmes, a-t-il admis ce malheureux parmi ses Apôtres ? Il y en a plusieurs raisons, toutes d’un grand enseignement. Notre-Seigneur voulut lui faire une grâce; il ne lui Ôta pas la liberté d’en abuser, et de se rendre plus coupable en la méprisant. Judas devint criminel par sa propre volonté, dans la condition la plus propre à faire un saint. Sa chute nous apprend avec quelle crainte et quelle vigilance l’homme doit toujours travailler à se sauver. D'un autre côté, il est certain que Judas, lorsqu'il préchait en vertu du choix de Jésus-Christ, ne devait pas être moins écouté que saint Pierre : d’où nous apprenons que le ministère est indépendant du ministre, et que nous devons respecter les pasteurs dans l'exercice de la mission qu’ils ont légitimement reçue, leur laissant à répondre devant Dieu de leur indignité personnelle. Enfin, Judas est un grand témoin. Par le crime de sa trahison, il accomplit les prophéties; par le crime de sa mort, il atteste l'innocence de Jésus. L’incrédulité insinue que peut-être Judas ne s’est pas suicidé. S'il avait eu quelque témoignage à rendre contre son Maître, il aurait vécu; s’il avait vécu, nous le saurions. Ni la Synagogue

ne l’eût voulu laisser dans l'ombre, ni l’Église n'eût consenti à le laisser

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dans le désespoir. Ou les Pharisiens l’auraient fait écrire, ou les Apôtres l'auraient fait pleurer.

Saint Augustin ajoute que le Seigneur ayant pris la fragilité humaine, il ne voulut point refuser cette amère destinée de l’infirmité humaine, d’être trahi par son apôtre. Ce n’est pas seulement durant le temps de sa passion qu’il devait nous donner l'exemple de la patience dans les plus cruelles douleurs. Il va supporter Judas pour que tout homme apprenne à supporter avec modération une erreur de son jugement et un mépris de ses

bienfaits.

SERMON SUR LA MONTAGNE, LÉPREUX GUÉRI, LE.FILS DE LA VEUVE, AUTRES MIRACLES.

Aux environs de l’institution des Apôtres, peut-être le même jour, Jésus prononça le Sermon sur la montagne. Il l’adressa principalement à ses Disciples, mais en se faisant entendre de la foule. Ce discours contient toute la morale du Christianisme. Le Sauveur y prophétise la destinée de l'Église, et, par des traits pleins de majesté et d’empire, il prend possession du monde futur. Marquons ce qui appartient davantage à l'histoire et au caractère de l’Homme-Dieu. |

Voici donc ce qu’il dit à ces hommes de rien, ces hommes sans nom, sans fortune et sans lettres, qui sont groupés en petit nombre autour de lui, dans un pli de terrain, sur quelque colline ignorée d’une province tributaire. Il a proclamé la béatitude des pauvres, des pacifiques, des affligés, des opprimés, des miséricordieux. Il ajoute : « Vous serez heureux lorsqu’à mon sujet les hommes vous chargeront d'opprobres, qu'ils vous persécuteront, qu'ils diront de vous toute sorte de mal contre la vérité. Réjouissezvous et faites éclater votre joie, parce que la récompense qui vous attend dans le ciel est grande. Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. » Mais quelle lumière devront-ils porter ? Une vérité qu’il révèle, qui dépasse toute compréhension, qui requiert absolument la foi. Et quel sel devront-ils répandre? Une morale qu’il impose et qu’il fait incomparablement plus sévère que tous les devoirs dont la plupart des hommes trou-

vaient déjà le joug trop pesant :

« Vous avez appris qu’il a été dit à vos ancêtres : Vous ne tuerez point. « Mais moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère, « méritera d’être condamné... Vous avez appris qu'il a été dit à vos ancê- « tres : Vous ne commettrez point d’adultère. Mais moi je vous dis que « quiconque regarde une femme avec des yeux de concupiscence, a déjà « commis l’adultère dans son cœur. Il a été dit : Quiconque renverra sa « femme, qu'il lui donne un acte de divorce. Mais moi je vous dis que « quiconque renverra sa femme, si ce n’est pour cause d’adultère, l'expose « à commettre un adultère, et que celui qui l'épouse après que son mari « laura renvoyée, commet un adultère. »

Trois autres fois il répète ce souverain Ego autem dico vobis; Mais MOI, JE VOUS Dis. L'histoire du Christianisme, depuis la première jusqu’à la dernière page, n’est que l’histoire du triomphe de cette parole; par son caractère même, qui tient plus souvent de la défaite que dé la victoire, ce triomphe entoure sans cesse du rayonnement de la divinité l’homme qui a voulu l’imposer au monde, et qui a su que le monde le subirait. Si Jésus avait fini au Calvaire, il ne serait qu'un insensé sublime; la raison épouvantée se demanderait comment cet homme de miracle, ce modèle de toute sagesse, de toute justice et de toute sincérité, a pu se croire Dieu.

C'est dans le Sermon sur la montagne qu'il a enseigné et l’on pourrait dire créé la prière. Car peu d'hommes avaient jusqu'alors vraiment prié, ne sachant bien ni ce qu'est Dieu, ni ce qu'est l'homme, ni ce que l’homme doit demander à Dieu. Des lèvres de l'Homme-Dieu est sortie ; pour retentir éternellement, la prière commune du genre humain, cette brève mais pleine demande dont les deux premiers mots consacrent la fraternité des hommes dans la paternité de Dieu : Norre PÈRE!

Comme Jésus descendait de la montagne, un lépreux vint à lui. Fléchissant le genou, il lui dit : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. » Jésus le prit en compassion. Il étendit la main, le toucha et dit : «Je le veux, sois guéri. » Aussitôt la lèpre de cet homme disparut. L’attouchement d’un lépreux rendait impur. Jésus le toucha néanmoins, se mettant au-dessus des observances légales pour montrer que la charité les abolissait. {

La lèpre, dans le langage de l'Écriture, est la figure, le nom même du

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péché. Transmissible par le sang, elle est le péché originel; contagieuse, elle est le péché actuel. Elle brûle comme l'envie, elle dessèche comme l’avarice, elle enfle comme l’orgueil, elle énerve et détruit comme la paresse; elle corrompt, elle dévore, elle répand l'infection et l'horreur. Semblable au lépreux, l’homme en proie à tous les vices est séparé non-seulement de Dieu et des Anges, mais des autres hommes. Ils le fuient lorsqu'ils ne le séquestrent pas. Les condamnés de la justice humaine, comme autrefois les

lépreux, portent un habit particulier; les bagnes sont les léproseries du

MAR NIRSS.

later

Fig. 48 et 49. — Les Béatitudes. Autour de la première : « Heureux ceux qui pleurent » (Beati qui lugent), sont des figures agenouillées qui expriment l'affliction. La seconde présente ce texte : « Bienheureux ceux qui ont l'esprit de pauvreté » ( Beati pauperes spiritu). — Couronne de lumière de la cathédrale d’Aix-la-Cha-

elle; travail en cuivre du x11e siècle.

péché. La loi humaine, impuissante comme l’ancienne loi, excommunie ces misérables. Elle enchaîne ses lépreux, elle n’entreprend pas de les guérir : il y en a qu’elle déclare inguérissables; il y en a qu'elle tue. Jésus va aussi vers ceux-là, et plusieurs aussi de ceux-là lui disent : « Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. » Il le veut et il les guérit; et si tous le disaient, tous guériraient.

Cependant il cherchait la solitude pour prier, mais la charité le ramenaïit parmi les foules, Étant revenu à Capharnaüm, les anciens de la ville le

prièrent d’aller dans la maison d'un Centurion qui attendait de lui la gué-

rison de son serviteur cruellement malade. Jésus répondit : « J'irai et je le guérirai. » Il se mit en chemin, lui, le Fils unique de Dieu, pour aller guérir un pauvre malade au service d’un étranger. Le Centurion, averti, lui dit ou lui fit dire : « Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais prononcez seulement un mot, et mon serviteur sera guéri. » Jésus, admirant ce langage, déclara qu'il n'avait point trouvé tant de foi dans Israël. Il annonca la conversion des Gentils et la réprobation des Juifs : « Plusieurs viendront de l'Orient et de l'Occident et seront placés au festin avec Abraham, Isaac et Jacob; mais les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres. » Alors il dit au Centurion : « Allez, et qu'il vous soit fait selon ce que vous avez cru. » A l'heure même le serviteur fut guéri.

L'Évangile fait mention de trois hommes de guerre à qui la grâce de la foi est accordée : celui dont Notre-Seigneur a guéri le fils, celui-ci, celui qui présidait au Calvaire. De plus, la tradition dit que le Soldat qui perca le côté du Sauveur crucifié se convertit ; l'on croit que c’est lui que l’Église honore sous le nom de saint Longin. Le centenier Corneille est le premier gentil que Pierre recevra dans l'Église. On voit aussi des soldats venir à la prédication et au baptême de Jean-Baptiste. La profession des armes, profession d’obéissance, de dévouement et de sacrifice, éveille dans le cœur des hommes certaines dispositions qui les rapprochent de Dieu ; le Christianisme, y faisant entrer des sentiments d'humanité qu’elle ignorait, l’a mise en un honneur où elle n’était pas avant lui, et où elle ne resterait pas longtemps sans lui.

Jésus alla ensuite à une ville appelée Naïm. Comme il approchait des portes, il se trouva en face d’une grande douleur. On conduisait au sépulcre le fils unique d’une veuve. Cette mère était là. Il lui dit : « Ne pleurez point. » Et, touchant le cercueil, il dit au mort : « Jeune homme, jete le commande, lève-toi. » Le mort se leva, s'assit et commenca de parler ; et Jésus le rendit à sa mère.

C’est la seconde résurrection mentionnée dans l'Évangile ; il y en aura une troisième. Chacune a sa signification différente, qui sera expliquée plus loin.

Le bruit de ses miracles remplissait la terre d'Israël. Jean- Baptiste en

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entendit parler dans la prison où Hérode Antipas le retenait, sans l’empêcher pourtant de recevoir au moins quelques-uns de ses disciples ; et lui, quoique captif, continuait d'annoncer le Messie. Ce qu’il apprenait de Jésus

ne lui permettait pas de le méconnaître ; mais ses disciples, comme il arrive

Fig. 50. — Les Béatitudes : « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice ». Les figures des disciples indiquent l'avidité. Au-dessus, un oiseau de proie exprime l'injustice et la persécution. — Couronne de lumière de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, travail en cuivre du xx1® siècle.

souvent, ne comprenaient ni ses lecons ni sa véritable grandeur. Voyant Jésus s'élever si fort au-dessus de leur maître, ils en concevaient une jalousie qui les disposait à l'incrédulité. Par un faux zèle pour Jean, ils refusaient son témoignage. Le Précurseur voulut sagement qu'ils eussent le témoignage de

leurs propres yeux. Il députa donc deux de ces obstinés vers Jésus, et ils lui

demandèrent de la part de Jean : « Etes-vous Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »

La réponse de Jésus fut divine. A l'instant même il guérit une quantité de malades et de possédés qui lentouraient. Ensuite, s'adressant aux disciples de Jean- Baptiste : « Allez, leur dit-il, râpportez à Jean ce que vous avez vu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, l'Évangile est prêché aux pauvres. Et heureux quiconque ne se scandalisera pas de moi. » Ces paroles font clairement allusion à celles d’Isaïe, annonçant qu'aux jours du Messie le boiteux bondira comme le cerf, la langue du muet sera déliée, les oreilles du sourd et les yeux de l’aveugle s'ouvriront. Ainsi les disciples de Jean reçoivent une double preuve, celle des miracles et celle de l’accomplissement des prophéties. Jésus fit ensuite l'éloge de Jean, relevant sa fermeté, sa vie austère et son rang entre les Prophètes : « Oui, et plus qu'un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : « Voici que j'envoie devant vous mon ange « qui vous préparera le chemin. » Et je vous le dis en vérité, entre les enfants des femmes, il n’y en a point de plus grand que Jean-Baptiste. »

La mort du Précurseur eut lieu peu de temps après. Hérode, qui le gardait sous sa main dans le château où il célébrait, depuis un an, ses noces incestueuses avec la femme de son frère, donna sa tête à une fille de cette Hérodiade, pour la récompenser d’avoir dansé devant lui à la suite d’un festin. C'était la mode parmi les femmes du haut rang de danser à l’imitation de deux mimes célèbres, Pylade et Bathylle, que Rome admirait; et tels étaient les rois et les puissants de la terre à l’époque de Jésus-Christ.

Cependant Jésus allait par les villes et les bourgades, annonçant le royaume de Dieu. Les Douze l'accompagnaient ; Se formant sur son exemple au ministère, encore inconnu d'eux, qu'ils auraient à remplir plus tard. Il y avait aussi à sa suite, comme l'usage le permettait, quelques femmes jadis guéries de leurs maux ou délivrées de malins esprits. C’étaient Marie-Magdelaine; Jeanne, femme de Chusa, intendant d'Hérode; Suzanne et plusieurs autres. Elles assistaient Notre-Seigneur de leurs biens. Il recevait donc des riches parmi ses amis, et l'Évangile, en marquant fréquemment cette circonstance, réfute l’erreur de ceux qui veulent voir en Jésus Christ une

sorte de niveleur, prédicateur de l'égalité des biens et des conditions. A la

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vérité, ces riches étaient pauvres de cœur; ils devaient l'être, puisque nul ne peut servir Dieu et Mammon. Jésus leur enseignait le bon usage des richesses, mais n’imposait sa pauvreté qu’à ceux qu'il appelait au ministère de l'Évangile.

Les Pharisiens aussi le suivaient. Mêlés dans la foule, ils tâchaient de corrompre le sens droit de ce peuple, qui ne pouvait entendre Jésus ni contempler ses miracles sans reconnaître l’envoyé de Dieu. Souvent, lorsqu'il était entré dans une maison pour se reposer, il y venait tant de monde qu’il ne pouvait pas même manger le pain. On lui amenait des malades, les malades étaient guéris, et le peuple s’écriait : N'est-ce pas là le Fils de David ? Cet enthousiasme populaire exaspérait la haine des Pharisiens. Ne pouvant nier le miracle, ils recommençaient à dire que Jésus chassait les démons par le moyen des démons. Il leur répondit : Le démon n’agit pas contre lui-même; ce n’est pas au nom de Satan que l’on peut chasser Satan. [l ajouta : « Si c’est par l'esprit de Dieu que je chasse le démon, le « royaume de Dieu est donc venu? » Mais ces sages ne voulaient point être convertis. Il vit leur obstination et la condamna : « Je vous le dis, tout « péché et tout blasphème se pardonnera aux hommes ; mais le blasphème « contre le Saint-Esprit ne se pardonnera point. Et quiconque aura parlé « contre le Fils de l'Homme, il lui sera pardonné; mais celui qui aura « parlé contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce monde ni « dans l’autre. » Ce qu’il dit, remarque l'Évangile, « parce qu'ils l’accusaient d’être possédé de l’esprit immonde, » c’est-à-dire de l'esprit de mensonge, qui est le nom mème de Satan. Que celui qui a des oreilles entende!

D'autres lui demandaient un prodige céleste; il refusa, comme il avait refusé à Satan qui osait le tenter dans le désert. En même temps, il leur annonca un miracle qu’ils ne demandaient pas, et plus merveilleux, celui de sa résurrection : « Cette race est méchante. Elle demande un signe, et «€ il ne lui en sera pas donné d'autre que celui du prophète Jonas. Car de « même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, « de même le Fils de l'Homme sera trois jours et trois nuits dans Île sein « dela terre. »

Comme il achevait de parler, une femme élevant la voix du milieu de la

foule, s'écria : « Heureux les flancs qui vous ont porté; heureuses les

€ mamelles qui vous ont allaité! » — « Dites plutôt, reprit Jésus, heureux « ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent! » C'est ainsi que sa sagesse et l’admiration publique confondaient les Pharisiens.

Néanmoins ces perfides avaient dès lors réussi à semer les germes de défiance brutale qui éclateront en cris de mort devant Pilate au jour de la croix. Quelques parents de Notre-Seigneur redoutaient l’effet de ces levains du pharisaïsme.

Un jour, selon saint Matthieu, -sa mère et ses cousins le firent appeler pendant qu'il parlait. Selon saint Marc (qui ne nomme pas ici la sainte Vierge), ils étaient venus pour l'arrêter. Leur foi encore faible se laissait envahir par la crainte, et cette crainte était sans doute éveillée par les mauvaises dispositions qu’ils voyaient naître dans les esprits ‘. Quoi qu’il en soit, Notre-Seigneur, qui connaissait mieux qu'eux le danger, répondit conformément à son caractère. — « Qui est ma mère, dit-il, et qui sont mes frères ? » Jetant les yeux sur ceux qui étaient assis autour de lui, il ajouta : « Voici ma mère et mes frères : car quiconque fera la volonté de « mon Père qui est au ciel, c’est celui-là qui est mon frère, ma sœur et ma « mère. » Aux bergers de Bethléem, représentants du genre humain, Ange disait : Un enfant vous est né. Jésus ratifie une fois de plus la promesse de l’Ange. Il appartient aux hommes plus qu’à ses parents et à sa mère. Cette harmonie de l'Évangile est le charme et la lumière du cœur.

Ensuite, Jésus sortit pour enseigner la foule. 11 leur proposa diverses paraboles, genre d'instruction par lequel il allait mettre pour jamais les vérités les plus hautes à la portée des esprits les plus simples. Le Prophète avait dit en son nom : Je parlerai en paraboles, je ferai éclater des choses qui ont été cachées depuis la création du monde. Jésus accomplit la prophétie par des prophéties d’un ordre nouveau , plus claires, non moins profondes, dont l'accomplissement renouvelé tous les jours sera dans son Église un perpétuel foyer de lumière et de foi.

4 On ne sait qui étaient ces parents. Des quatre cousins de Notre-Seigneur, que l'Évangile nomme ses frères, trois étaient en ce moment près de lui parmi ses Apôtres. Ce n'est donc pas d'eux qu'il est question. Quels que fussent les autres, on s'explique leurs craintes. L'humble vie de Jésus à Nazareth ne leur avait révélé que sa vertu parfaite, c'est-à-dire la qualité que les hommes remarquent le moins, et nullement sa puissance, La sainte Vierge gardait en son cœur ce qu'elle savait ; mais elle le savait, et l'on ne peut admettre qu'elle ait conçu la pensée seulement d'interrompre la mission de son divin Fils. On pense donc qu'elle était venue uniquement pour le voir, sans connaître le dessein des parents.

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