‹ Jésus-ChristChapitre 32 sur 139 · ENFANT DÉLIVRÉ DU DÉMON, LE DIDRACHME, PRÉCEPTE DU PARDON · texte numérisé non relu

ENFANT DÉLIVRÉ DU DÉMON, LE DIDRACHME, PRÉCEPTE DU PARDON

Comme Jésus descendait de la montagne, une grande foule vint audevant de lui. L'Évangéliste saint Marc dit qu’à son aspect « tous furent frappés d’étonnement et de crainte ». Quelque chose sans doute lui restait de cet éclat qui avait terrassé les trois Apôtres.

Un homme se jeta à ses pieds, le priant de délivrer son fils, possédé d’un démon que les Disciples n'avaient pu chasser. Sur l’ordre de Jésus, on amena le malade. C'était un jeune garçon. Le démon le tourmentait depuis son enfance, et souvent il l'avait précipité dans l’eau et dans le feu pour le faire périr. En ce moment, il se roulait et écumait. — S: vous pouvez quelque chose, dit le père, s’adressant à Notre-Seigneur, ayez pitié de nous

et secourez-nous !

À cette prière d’une foi imparfaite, Jésus répondit : « Si vous pouvez croire, tout est possible à celui qui croit. » Le père, les yeux en larmes, s’écria : « Je crois, Seigneur; aidez mon incrédulité ! » Alors Jésus commanda au démon de sortir du corps de cet enfant et de n’y plus rentrer. L'esprit immonde jeta d'abord de grands cris ; puis l'enfant, violemment secoué, demeura par terre sans mouvement, en sorte que dans la foule plusieurs le crurent mort. Mais Jésus, le prenant par la main, lui aida à se lever, et dès ce moment il fut guéri.

Par les détails où entrent les Évangélistes, on voit qu’en cette occasion comme toujours, Jésus s'applique à faire naître la foi. La réponse qu'il adresse au père affligé correspond à sa demande, empreinte de doute. Au lieu de lui accorder tout de suite la guérison, comme au lépreux, qui a prié d’un cœur confiant, il l’oblige à décrire cette terrible maladie que les Disciples n’ont pu vaincre ; il permet que le malade soit tourmenté devant lui. D'ailleurs le mal est profond; il peint une âme tout entière livrée au péché, et il ne faut rien moins pour la délivrer que la püissance même de Dieu. Mais qu'importe, puisque Dieu est là ; puisqu'il descendra toujours de la montagne vers ceux qui sauront l'appeler ?

De l’âge du malade, tourmenté depuis son enfance, saint Augustin tire une preuve du péché originel contre le pélagien Julien, qui avançait que tous les hommes viennent à la vie sans aucune tache du péché et tout à fait innocents, tels qu'Adam à la création. Comment ce possédé eût-il été tourmenté dès son enfance, s’il n’y avait eu en lui aucun lien de péché originel ? Quel péché avait-il pu commettre qui lui fût propre ? À son tour, le Vénérable Bède fait remarquer que Jésus guérit en le touchant de la main celui que l’ennemi avait rendu semblable à un mort, et qu’ainsi, par ce véritable toucher, est réfutée d'avance la folie de Manès, qui niera que le Sauveur eût revêtu la même chair que nous. Mais ce n’est pas là seulement, c’est partout que l'Évangile réfute et réfutera toutes les hérésies. :

Cependant les Apôtres demandèrent au Seigneur pourquoi ce démon leur avait résisté. Jésus répondit : « C’est à cause de votre peu de foi. » Ils lui dirent : Seigneur, augmentez-nous la foi. — « Si votre foi, continua Jésus, « égalait un grain de sénevé, vous diriez à cet arbre : « Déracine-toi et

« transplante-toi dans la mer ; et il vous obéirait. Oui, en vérité, si votre

« foi égalait seulement un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : « Passe d'ici là, et elle y passerait; et rien ne vous serait impossible. » Pour leur donner une ‘instruction plus spéciale sur ce qui venait d’avoir lieu, il ajouta que cette sorte de démon qui leur avait résisté ne se chasse qu'avec la prière et le jeûne. [l y a sur ce texte une grande parole de saint Jean Chrysostome. Rien, dit-il, n’est plus puissant que l'homme qui prie comme il faut. Celui qui prie comme il faut et qui jeûne n’a pas besoin de beaucoup de choses. Il a deux ailes plus rapides que le vent, et il est supérieur à la nature terrestre.

Je crois, Seigneur, aidez mon incrédulité ! Sergneur, augmentez-nous la foi! Prières profondes, paroles triomphantes. Quiconque sondera la première, connaîtra la vraie plaie et le vrai besoin de son âme; quiconque aura été exaucé en prononçant la seconde, régnera.

La foi des Apôtres augmentait, comme ils l'avaient demandé, sauf pourtant sur ce qui regardait la partie douloureuse du mystère de Jésus. Ils ne doutaient pas de sa puissance, assez de preuves leur en étaient données tous les jours; mais ces miracles multipliés leur rendaient plus difficile de croire ou de comprendre qu’il dût souffrir.

Jésus les conduisait vers Capharnaüm , qu’il voulait visiter une dernière fois. Ce voyage était un triomphe; les peuples célébraient l’homme envoyé de Dieu qui guérissait tous les malades et qui avait toute-puissance sur les démons. Notre-Seigneur dit aux Disciples : « Pour vous, gravez bien dans « vos cœurs ce que je vous annonce : Le Fils de l'Homme doit être livré. « On le fera mourir, et, après avoir été mis à mort, il ressuscitera le troi- « sième jour. »

Le temps des opprobres approchait, il y fallait préparer ces cœurs si naturellement enivrés de tant de merveilles. Il fallait aussi, par ces prédictions réitérées, leur apprendre que la Passion et la mort du Fils de Dieu seraient pleinement volontaires, puisque Celui qui pouvait les prévoir, pouvait aussi facilement les éviter. Mais ils ne comprenaient pas encore, et ce langage les désolait. Leur ambition en était blessée, non moins que l'amour qu'ils portaient à leur Maître. Partagés entre l'espérance et la crainte, ils n’osaient l’interroger là-dessus.

Les Évangiles ne rapportent qu’un seul des miracles que Jésus fit à

Capharnaüm durant ce dernier séjour. On y voit également la puissance du Fils de Dieu et l'humilité du Fils de Marie.

Les percepteurs du didrachme, qui se levait pour l'entretien du Temple, s'informèrent à Pierre si son Maître ne payait pas le tribut. Pierre se rendit près de Jésus pour l’avertir; mais Notre-Seigneur le prévint. Il lui demanda de qui les rois de la terre exigent des tributs, si c'est de leurs enfants ou des étrangers ? Pierre répondit : Des étrangers. — « Les enfants, reprit Jésus, «en sont donc exempts. Néanmoins, ajouta-t-il, afin de ne les point scan- «daliser, va jeter l’hamecon et prends le premier poisson qui montera : « dans sa bouche tu trouveras une pièce de quatre drachmes. Donne-la leur « pour moi et pour toi. »

Jésus, dit Origène, ne portait pas l’image de César ; le prince de ce monde n'avait rien en lui. C’est pourquoi il prit du sein de la mer, non de ce qu'il possédait, la pièce de monnaie dont il paya le tribut. Ce tribut qu’il ne voulut point refuser, il ne l’acquitta pas non plus d’une manière ordinaire. Après avoir fait remarquer qu'il n’y est pas soumis, alors seulement il le paye. Il paye afin que les collecteurs ne soient point scandalisés; il se montre libre afin de ne point scandaliser ses Disciples.

Ces marques et ces attestations nouvelles de la Divinité faisaient oublier aux Disciples les appréhensions qu'ils devaient concevoir. Une contestation s'éleva entre eux pour savoir qui était le plus grand. Jésus, connaissant leurs pensées, leur demanda, quelques instants après, de quoi ils avaient disputé; mais ils n’osèrent lui répondre. Ils étaient assez instruits pour prévoir qu'il condamnerait leur ambition. Alors il leur dit : « Si quelqu'un « veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous, et le serviteur de tous. » Et prenant un enfant, qu’il tint près de lui au milieu des Disciples, il glorifia la candeur et la simplicité de l'enfance : « Quiconque donc, «ajouta-t-il, se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans « le royaume des cieux (fig. 64). »

Après cet enseignement sur l'humilité, il leur parla de la charité. C’est là que fut proposée la douce parabole du pasteur qui laisse tout le troupeau sur les montagnes et s’en va à la recherche de la brebis égarée. Il leur donna encore l’adorable précepte de ne jamais refuser le pardon.

Dans cette intimité de ses Apôtres ‘et de ses Disciples, comme un bon

ÉDUCATION DES APOÔTRES.

‘onoip e

uossrod un

*A[OQIS oAX {OU2IO[A LE *OUIUILE) [OP 281159

p oUonoQ EI op soWorAp a1enb ap 2991 un Ja1HaI BA

[| R *O19ESEIN 2p:anbsai A ‘SIOdWUL P 1191991109 NE JOWOI BI [E

sns?f 2P 21PIO,[ ANS

‘anode, ‘oyone8 Y ‘inqiu o[ 104ed op 2191 JUIES V

Jp. Sus9f — *69 ‘SU

Page 1