‹ Jésus-ChristChapitre 69 sur 139 · L'INSTITUTION DE LA CONFESSION · texte numérisé non relu

L'INSTITUTION DE LA CONFESSION

r et de délier les péchés. — Peinture sur bois

Jésus-Christ transmet à son apôtre le pouvoir de lie de fra Angelico, xiv® s. Communiqué par M. le comte Lafond, à Paris.

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Après ces paroles, il souffla sur eux, leur disant : « Recevez l'Esprit saint. « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui « vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Ce souffle n’était pas encore la plénitude du Saint-Esprit, il en était plu-

Fig. 110. — Les Pèlerins d'Emmaüs. Tableau de Duccio, à la cathédrale de Sienne. xive siècle.

tôt le symbole, signifiant que le Saint-Esprit procède de J ésus selon sa divinité. Plus tard, au jour de la Pentecôte, les Apôtres recevront cette plénitude qui leur a été promise. Mais la bonté paternelle de Jésus se hâte de leur communiquer le pouvoir d’absoudre.

Thomas, l’un des Onze, n'était pas avec ses frères lors de cette appari-

tion. Ils lui en firent le récit. Mais Thomas répondit : — Si je ne vois dans

ses mains la marque des clous; si je ne mets mon doigt à la place des clous; si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai rien.

Huit jours après, les Apôtres étant dans la même maison, et Thomas s'y trouvant aussi, Jésus vint de nouveau, les portes fermées, et parut au milieu d’eux. Il leur dit: « La paix soit avec vous. » Puis, s'adressant à Thomas, il lui dit: « Mets là ton doigt et vois mes mains; approche ta « main et mets-la dans mon côté; et ne sois plus incrédule, mais fidèle. » Thomas s’écria : — Mon Seigneur et mon Dieu! Jésus lui dit : « Tu as « cru, Thomas, parce que tu as vu. Heureux ceux qui croiront, n'ayant « point vu! »

Après ces événements, les Apôtres et les Disciples étaient retournés en Galilée, où le Seigneur leur avait donné rendez-vous. Simon-Pierre, les fils de Zébédée, Nathanaël, Thomas et deux autres se trouvaient réunis sur les bords du lac de Génésareth. Un soir, Pierre leur dit: — Je vais pêcher.

Ils montèrent avec lui dans une barque ; mais cette nuit-là ils ne prirent rien. À

Au matin, Jésus parut sur le rivage, et les Disciples ne le reconnurent point. Il leur dit: « Enfants, n’avez-vous rien à manger ? » Non, répon- ‘dirent-ils. Jésus reprit : « Jetez le filet à droite, et vous trouverez. » Ils firent ainsi, et ils ne pouvaient plus tirer le filet tant il était chargé. Alors Jean dit à Pierre : — C'est le Seigneur! Pierre, entendant ces mots, remit sa tunique, se ceignit et se jeta à la mer. Les autres Disciples vinrent dans la barque, traînant le filet plein. Il contenait cent cinquante-trois grands poissons, et pourtant il ne rompit point.

Cette pêche prophétique où le filet n’est plus jeté au hasard, mais à droite, figure l'Église arrivant au port éternel où elle amène les élus. Il ya sept pêcheurs pour représenter l’universalité du sacerdoce catholique. Dans le nombre cent cinquante-trois, d’après l'interprétation de saint Augustin, sont exprimées l'unité de Dieu, la Trinité et l'humanité. Le filet ne rompt point parce qu’alors il n’y aura plus de schisme à redouter. Tout est amené à terre, au rivage stable, au repos, à la paix.

Lorsqu'ils furent à terre, les Disciples virent des charbons allumés et un

poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Venez et mangez. » Aucun

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d'eux n'osa lui demander : Qui êtes-vous ? Ils savaient bien que c'était le Seigneur.

L'Évangile dit qu’ils savaient, non qu'ils voyaient. Maintenant ils savent et ils croient sans voir.

Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : — « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci? » Pierre répondit : — Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit: « Pais mes agneaux. »

Il lui dit encore : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre répondit une seconde fois : — Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. »

Il lui dit pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre, affligé de cette troisième interrogation, répondit : — Seigneur, vous connaissez toutes choses; vous savez que je vous aime! Jésus lui dit: « Pais mes brebis. »

Ces trois affirmations de Pierre, trois fois provoquées par Jésus, expiaient ses trois reniements. Il ne faut pas, dit saint Augustin, qu’il montre moins d'amour qu'il n’a montré de crainte, et qu’il ait prononcé plus de paroles pour conjurer la mort que pour attirer la vie.

Après les deux premières réponses, Pierre est confirmé dans sa dignité d'Apôtre; après la troisième, il est investi de la dignité sans égale de Pasteur des Pasteurs.

C'est la dernière main au grand ouvrage que Jésus n’a cessé d'édifier, l'Église.

Maintenant, on peut dire qu’elle est faite.

Les paroles que Jésus ajouta assurèrent Pierre de sa fermeté future et lui marquèrent en même temps la gloire de sa mort : « En vérité, en vérité, « quand tu étais jeune, tu te ceignais toi-même et tu allais où tu voulais; « mais, quand tu seras vieux, tu tendras les mains et un autre te ceindra et «te conduira où tu ne voudrais pas aller. » Et Jésus lui dit encore, à lui seul : « Suis-mor. » Comme pour marquer par un trait de plus sa dignité sans égale et jeter une sorte de lueur sur le caractère particulier de son martyre.

Ensuite les Onze se rendirent en Galilée, sur la montagne où Jésus leur

avait dit qu’ils le verraient. On pense que ce fut là que plus de cinq cents disciples à la fois le virent, comme saint Paul en rend témoignage, et ils l’adorèrent. Quelques-uns néanmoins restèrent dans le doute, ce que l’on ne peut entendre des Apôtres. S'approchant des Onze, Jésus leur dit :

« Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez donc, « enseignez toutes les nations. Baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du « Saint-Esprit, et apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé. « Et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Il leur dit encore :

« Allez dans le monde entier, prêchez l'Évangile à toute créature. Celui «qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira point sera

condamné. Des miracles accompagneront ceux qui croiront. En mon nom

«ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils pren- « dront les serpents, et, s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur «€ nuira point ; ils imposeront les mains sur les malades et les malades seront « guéris. » |

Neuf apparitions de Notre-Seigneur sont mentionnées dans l'Évangile. Ce qui suit se rapporte à la dixième et dernière, qui eut lieu à Jérusalem, où les Apôtres étaient revenus.

Mangeant avec eux, Jésus leur ordonna de ne point s'éloigner de Jérusalem, mais d’y attendre l’accomplissement de la promesse du Père, qu'ils avaient reçue de sa bouche, et il leur annonça de nouveau le baptême de l'Esprit saint.

Alors, encore préoccupés du règne temporel du Messie, ils lui firent cette demande : « Seigneur, est-ce le temps que vous rétablirez le royaume ‘ « d'Israël ? » ;

Le Saint-Esprit devait bientôt les désabuser de cette idée. Jésus se contenta de leur répondre : « Ce n’est point à vous de savoir les temps et « les moments que le Père a marqués dans sa toute-puissance, Mais vous « recevrez la vertu du Saint-Esprit qui viendra sur vous d’en haut , et vous «serez mes témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie 9 « et jusqu'aux extrémités de la terre, »

C'était la prise de possession du monde. Mais, si voisins de ce miracle,

ils ne soupconnaient encore ni quel il serait ni la part qu’ils y prendraient. |

Fig. 111. — L'Ascension. Fresque de Taddeo Gaddi, à la chapelle des Espagnols de Sainte-Marie-Nouvelle, à Florence, xive siècle. — Jésus s'élève dans une nuée lumineuse. Il est accompagné

dans le ciel par les anges et les saints. Les douze apôtres, partagés en deux groupes, assistent à l'ascension de leur maître; la Vierge, au milieu d'eux, se résigne et adore. o , Le) L , Ce nér] 3: ©

Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur Jésus les mena hors de la ville, du côté de Béthanie. Alors, de ses mains que les clous avaient percées, il leur donna une bénédiction; et, tandis qu'il les bénissait, ils le virent s’élever et monter dans le ciel. Bientôt une nuée le déroba à leurs yeux.

Et comme ils regardaient toujours, deux Hommes vêtus de blanc se trouvèrent à leurs côtés, qui leur dirent : « Que restez-vous ainsi à regarder ? Ce Jésus, qui du milieu de vous vient de s'élever dans le Ciel, en reviendra

un jour de la même manière que vous l’avez vu monter. »

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