CALME AUGUSTE DE SA PAROLE
qui ae borne à eotralner les hommes en enflammant ]&QTQ passions, mais cet art supérieur qui est la royauté deTesprit siur l'esprit et qui s'adresse aux plus nobles facultés de Tètie bumain* Le talent le plus brillant est insuffisant pour arriver à un tel résultat; il y faut l'ac^ tion morale la plus élevée. Le mot d'éloquence, même dans sa plus haute acception, semble profane appliqué à Jésus-Christ, parce qu'il rappelle encore le soin de la forme, la recherche de l'effet et l'amour de la gloire. Son éloquence à lui, c'est l'ascendant de sa perfection morale, c'est sa vie répandue dans ses discours; elle est donc toute vertu,, ou plutôt toute sainteté. Il n'est pas un seul des traits distinctifs de sa parole qui ne soit une manifestation de l'une de ses qualités morales, si bien que son enseignement, considéré dans sa forme et sa méthode, c'est lui-même encore, comme sa personne en constitue le fond intime et l'objet principal. Là éclate précisément la perfection de cet enseignement, car plus notre parole communique véritablement nos pensées et nos sentiments, plus elle répond à sa destination. Qui donc a parlé comme celui dont on sent en quelque sorte battre le cœur miséricordieux, dans chacun des mots qu'il a prononcés?
D'où vient ce calme auguste dont sont empreints ses discours et qui fait dire en l'écoutant : C'est le maître ? N'est-ce pas de la possession parfaite de lui-même, de sa sérénité constante et de l'harmonie de tout son être. ]^n dans son enseignement ne rappelle l'exaltation ou l'excitation extraordinaire du sentiment, parce qu'il