IV. — La fête DB PURDi A JÉRUSALEM. — GUÉRISON
d'un paralytique. — Discours apologétique.
Vers le mois de mars Jésus se rendit à Jérusalem pour assister à la fête de Purim qui avait été instituée en souvenir de la délivrance des Juifs par Esther et Mardochée^. Cette solennité amenait dans la ville sainte un
1 nivreç ê6a6ixaÇov l%\ toTç X^^otç Tîjç x^^*^^ '^^'î ix^opeuojxévoiç èx TOu (Tzà^onoç aÔTOÛ. (Luc rv, 22.)
> Il importe beaucoup, pour fixer la chronologie du Nouveau Taetament, de déterminer quelle était la fête dont il est parlé Jean V, 1 Dans la plupart des manuscrits Tarticle manque, et nous avons simplement èopTY] TÛv louSa(ii>v. On en tirait un argument en ftiTeur de la fête de Purim contre la fête de Pâque. L'article reparaît dans le
OUÉRISON D'UN PARALYTIQUE. 413
grand concours d'assistants et elle se faisait remarquer par son caractère populaire et joyeux. Au nord-est du tsnple, non loin de la porte des Brebis, aujourd'hui porte Saint-Etienne, était située la vaste piscine de Bétbesda ; les malades et les perclus venaient demander le soulagement de leurs maux à ses eaux, qui avaient la propriété d*être intermittentes*. La piscine formait une espèce de portique circulaire qui conduisait au bassin par un escalier étroit. Sur un banc de marbre se pressaient une foule de malades et d'impotents; ils présentaient un spectacle lamentable et bien propre à émouvoir le cœur compatissant de Jésus. Selon sa coutume, c*e8t au plus abandonné, au plus pauvre qu'il s'adresse tout d'abord. Un malheureux paralytique gisait sur le sol> sansjamais trouver des mains amies qui le plongeassent dans la piscine : c Veux-tu être guéri? lui dit Jésus. . . Lève-toi, emporte ton lit et marche ! » Le paralytique crut à cette parole et il se releva comme aux temps
Sinaitictu. Malgré cela, les raisons qui font écarter la fête de PAque nous semblent prépondérantes. Nous indiquons les principales : 1* Jean désigne toi^urs par leurs noms les grandes ffttes juives, et en première ligne la fête de Pâque (il, 13, 23 — YI, 4; XI, 55; XII, 1,^. 2" Si la fête dont il s*agit était la Pâque, Jésus, ayant célébiv une Pâque en Chdilée (Jean VI, 4), ne serait revenu à Jérusalem que pour la fête des Tabernacles, qui aurait suivi le mois de Nizan 783. li serait donc resté éloigné de la ville sainte pendant un an et demi, ce qui semble bien peu probable. 3** Dans cette hypothèse, nous aurions une année entière du ministère de Jésus, celle qui se serait écoulée entre la Pâque à Jérusalem et la Pâque en Galilée, dont le quatrième évangile ne dirait rien, ce qui est de tonte invraisemblance.
^ Le verset Jean V, 4, où il est question de Tange qui venait troubler Tean de la piscine, manque dans les plus anciens manuscrits, et spécialement dans le Sinaittcns.
4]4 ON L*A0CU5B DB TIOLER LR %ABBAT.
de sa force. Jamais le résenroir de Béthesda ne mérite mieux qne ce jour-là son beau nom de maison de miséricorde. Dans cette scène si g^rande et«i toudiante, les pharisiens n'ont vu qu'une chose, c'est que lenrtradîfixA n'a pas été respectée. Devant cet homme gisiéri et pardonné ils en&ït au scandale, panse qoe le mâracle a été accompli un jour de sabbat. Le sabbatisme à outrsoce était le génie i»ropre de la religion pharisaïque ; en k défendant, die défendait sa raison d'^re, son prinàpe essentiel; en l'attaquant ouvertement ou plutôt en « plaçant simplement, pour fiâre le biœ, au-dessus de ses ridicules presc^ptiona, Jésus fondait la religion de l'Esprit et abolissait celle de la forme. Il suffisait d'an âan de son amour compatissasit pour briser oe résett serré de préceptes mesquins; d'un souffle il fusait tom* ber en poussière le cadavre du judaïsme hypocrite embaumé avec tant de soin. Accomplir un acte de mis^ ricorde le jour dn sabbat, c'était opposer la morale éternelle et divine à la morale artificielle et de convention. Les pharisiens eurent raison, à leur point de vue, d'engager la lutte sur ce terrain; ils combattaient vnômat pro a/ris et focis.
L'émoi fut donc très grand à Jérusalem quand on apprit que le nouveau docteur avait osé violer k sabbat pour secourir une créature immortelle fisdte à l'image de Dieu. On le poursuivit de récriminalioBS violentes, avec la pensée bien arrêtée de lui fiGÛre un procès en règle ^ Jésus ne s'abaisse pas k jus-
» Jean V, 16.
DISeOUBS^ APOLOaÊTXQUB DS JÉSUS. 41S
tifier son miraele. Il âève le débal à ea pins grande haateor. Il en appelle h sa relation étemelle aveo Dieu, à cette esti^ subordination dn Ffls au Père^ (fà aboutit à uœ harmonie psofcmde et à un partage de piûsance^ L'activité de Tamour divin est incessante; elle ne connaît point de repos, point de sabbat. I>8 là son droit d'interv^r à toute heure pour le bien et k salut ifes hommes. Cette ooniEonnité entre Jésus et Dieurident d'apparaître dans le miracle qu'on lui reproeàe; die se [sianijfestera d'une manitee bi^aplus éclatante enoore par le jugement du nu^e et la résurrection des morts au dernier jour. Ces œuvres vraiment dmaes ont commencé à s'accomplir. La parokde Jésus eonèamne les cœurs qui le repoussent et donne la vie étemelle à o^ix qui l'accueillent. Ainsi dès maintenant ilestbienOehii qui juge et qui ressuscite. Que si on lui le de prouver ces assertions si hardies qui font ' au Uasphèmet il invoque un autre témoignage que le aien v son garant est plus grand que Jean-BaptisÉB^ c'est Dmt m^e qui parle par les enivres mira-* ealeuses de son Envoyé, ^ qui se £sit entendre avec plus de paâseaiice encore dans le fond des cœurs, par la voix secrète de la conscience, vraie parole divine pour ceux qui l'écoutent* c Vous m'araz pas sa parole demeurant en vous, panse que vous ne erojez pas à Oetui qu'A a envx^ > CesA bien à tort 91e ToBi mvoquenril rEdritvca sainto contre ce tânmgnage intérieur, elle ne fait que le confirmer. La vraie nâson ^ai Joigne Isa J«i& da Jésus est, ait fond, une