CONCLUSION
Royaume de Dieu (1). Le christianisme de la primitive Église n’est ni une forme du judaïsme (2), ni la transformation d’un mystère païen, et cela malgré tous les éléments qu’il a en commun avec ces deux formes religieuses. C’est une religion nouvelle. Si, dans la suite, le christianisme s’est intégré des éléments étrangers à la pensée de Jésus etau judaïsme, il est né cependant dela prédication de Jésus et de l'impression qu’elle avait produite sur les quelques hommes qui s'étaient groupés autour de lui, Le christianisme n’est pas la religion qu’a eue Jésus; c’est celle des adorateurs de Jésus. C’est la personne du maître qui relie l'Évangile prêché en Galilée et la religion de la primitive Église et qui explique l’unité organique de tout le mouvement inauguré par Jésus.
Non seulement la pensée de Jésus a exercé sur l’Église, dans le domaine moral en particulier, une influence décisive et a été la source de son inspiration, mais encore c’est l'impression produite par la personne de Jésus qui a fourni l'impulsion sous l’action de laquelle s’est developpée toute la pensée chrétienne. Entre la prédication du Royaume de Dieu faite par Jésus et la doctrine du salut élaborée et développée dans l’Église, il y a plus
qu’une simple coïncidence dans le temps, il y a une relation organique. C’est à cause de l'impression produite par Jésus que l’Église a professé sa doctrine de la rédemtion, Si cette doctrine a quelque parenté avec les religions de mystères, elle s’en distingue cependant et ne peut être ramenée à elles. Tandis que les adorateurs de Mithra, d'Attis et d’Adonis savaient bien que l’histoire rédemptrice de leur héros plongeait dans une si fabu-
(4) Lors, Les mystères païens et le mystère chrétien, p. 210.
(2) Il est vrai que la rupture entre le christianisme et le judaïsme n'a pas été immédiatement réalisée, elle était cependant fatale dès le début, c’est-à-dire dès l’instant où les Chrétiens se réclamèrent d’un homme qui avait été désayoué et rejeté par les représentants autorisés du judaïsme,
leuse antiquité qu’elle en perdait toute réalité, 1 tiens avaient le sentiment que ce n était pas au mencement mais à la fin des temps que leur Chris véeu. Sa vie s’insérait, pour eux, d’une manière très é dans la réalité de l’histoire. |
Si le christianisme est un mystère, il st an my
justement M. Loisy (1), qui a Forte ont insisté sur ginalité du christianisme comparé aux religions conten poraines, « On dira, si l’on veut, que le christianism Fe un mystère, mais il sera bien entendu que ce mystèr est unique en son genre et qu’il ne rentre pas dans I même catégorie, qu’il n’est pas du même type qu mystères païens auxquels pourtant on le compare € il est, en quelque manière, issu » (1). 5 il y a dans le c |
éléments juifs et même païens antérieurs, c'est s base d’une tradition historique sur la vie et sur la : de Jésus que cette spéculation s'est secs
Mantes qui, sans elle, resterait une énigme et, à àp ment parler, un AS
(1) Lorïsy, Les inystères païens et le mystère chrétien, r. 368. \ 3 :