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sation de sédition : voilà pour Pilate.
Mais remarquons ces mots : par la doctrine qu'il enseigne; ils couvrent le grand grief des prêtres juifs. Pour eux, cela veut dire : il enseigne le peuple, il l'instruit, il l’éclaire; il prêche de nouvelles doctrines qui ne sont pas les nôtres. IL soulève le peuple! ce qui dans leur bouche encore, signifie : le peuple l'écoute volontiers! le peuple le suit et l’affectionne ; car il prêche une doctrine consolante et amie du peuple ; il démasque notre orgueil, notre avarice, notre misérable esprit de domination!
Pilate toutefois ne paraît pas attacher beaucoup d'importance à cette nouvelle tournure de l'accusation; mais ici se découvre sa faiblesse : il a entendu prononcer le mot Galilée :1l y voit une
occasion de renvoyer la responsabilité à un autre fonctionnaire, et il la saisit avidement. « Vous êtes donc Galiléen?
«dit-il à Jésus,» et sur sa réponse affirmative, le considérant comme étant, à ce litre, de la juridiction d’Hérode- Antipas, qui, sous le bonplaisirdeCésar, était tétrarque de la Galilée, il le lui renvoie. (Luc, xx, 6 et 7.) |
Mais Hérode, qui depuis longtemps, , dit saint Luc, souhaïtait de voir Jésus, et qui aurait désiré lui voir faire quelques miracles, après avoir satisfait une vaine curiosité, et lui avoir adressé plusieurs questions, auxqueiles Jésus ne daigna pas répondre, Hérode, malgré la présence des prêtres qui n’avaient point désemparé (car ils étaient là, s{abant, avec leurs scribes), et malgré l’opiniä-
Mo
treté avec laquelle ils continuaient d’in- |eulper Jésus; Hérode, dis-je, ne voyant rien que de chimérique dans cette accusation de royauté, en fit un sujet de Mmoquerie, et renvoya Jésus à Pilate, après Vavoir fait revétir d'une robe ; dl nche, pour témoigner que cette prétendue royauté lui paraissait plus digne de risée que de crainte. (Luc, xxu, 8 ‘et suiv. Sacy, ibid.)
$ X. — Derniers efforts devant Pilate.
Ainsi personne ne voulait condamner Jésus : ni Hérode qui n’avait vu en lui qu'un sujet de moquerie, ni Pilate, qui avait hautement déclaré qu’il ne trouvait rien en lui de criminel.
Mais la haine sacerdotale n’était point
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désarmée ; loin de là, les princes des!
prêtres, avec un nombreux cortége de!!
leurs partisans, revinrent devant Pilate, | résolus de lui forcer la main. |
Le malheureux Pilate, résumant | devant eux toute sa conduite, leur dit.
encore : « Vous m'avez présenté cet | «homme comme portant le peuple à la | «révolte, etnéanmoins l'ayant interrogé «en votre présence, je ne l'ai trouvés «coupable d'aucun des crimes dont vous « Paccusez : ni Hérode non plus, car je «vous ai renvoyés à lui, etilne l’a pas «plus que mot jugé digne de mort. Je «m'en vais donc le renvoyer, après «l'avoir fait châtier. » (Luc, xxx, 46 et 17.)
Après l'avoir fait châtier! N’étaitce pas déjà une cruauté, puisqu'il le
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de condescendance par lequel il espérait calmer la fureur dont il les voyait lagités.
«Pilate prit donc Jésus et le fit fouet- «ter.» (Jean, xix, 1.)
Et croyant avoir assez fait pour dé- | sarmer leur colère, il le leur montra en ce triste état, en leur disant voilà | l’homme : Ecce homo. (Jean, xIx, 5.) Eh bien! dis-je à mon tour, voilà
| 1. Gerhard pose à ce sujet un dilemme irréfutable : « Sois d'accord avec toi-même, Ô « Pilate ; car si le Christ est innocent, que ne « le renvoies-tu absous? et si tu crois qu'il a | « mérité d'être frappé de verges, pourquoi le « proclames-tu innocent? » Audi te ipsum, Pilate : si innocens est Christus, cur non absolwis ? Si flagris cædendum judicas, eur innocentem illum pronuncias ? (GERHARD, Harm., ch. cxcitt, page 1889.)
l’arrêt de Pilate! arrêt injuste! mais enfin ce n’est pas le soi-disant arrêt, rendu par les Juifs; c'est une décision!
toute différente; injuste, mais utile toutefois pour élever une fin de non-recevoir!
contre toute nouvelle procédure, en!
raison du même fait. Non bis in idem :| cet adage nous est venu des Romains.
Aussi, «Pilate ne cherchait plus qu’un | « moyen de délivrer Jésus. » (Jean,« xIX, 12.) - |
Mais admirez ici la haute perfidie de | ses accusateurs! « Si vous le délivrez, « Pilate, lui crièrent-ils, vous n'êtes | « point ami de César : Si hunc dimittis, «non es amicus Cæsaris. » Car qui- « conque se fait roi se déclare contre « César? » ([bid.)
I ne paraït point que Pilate ait été un
méchant homme. On voit tousles efforts qu’il avait faits à plusieurs reprises pour sauver Jésus. Mais il était fonctionnaire public ; il tenait à sa place; il fut intimidé par des cris qui révoquaient en doute sa fidélité à l'Empereur ! I craignit une destitution ; ilcéda.Cupiebat liberare Jesum; sed, cum mollis erat, eorum cedebat affectionibus.
, Aussitôt il remonte sur son tribunal.
Pro tribunali sedens. (Matth., xxvir, 29).
Etcomme sil lui était survenu de nouvelles lumières, il va prononcer un second arrêt.
Et pourtant encore, un instant arrêté par le cri de sa conscience et par lavis que lui fait passer sa femme épouvantée:
« Ne vous embarrassez point dans l’af- « faire de ce juste, » (Matth., xxvir, 49)
il tente un dernier effort, en essayan | de décider la populace à accepter Barrabasi à la place de Jésus.
« Mais les prêtres excitèrent le peuple «à demander qu’on leur délivrât plutôt! «Barrabas. » (Marc, xv, 11.) Barrabas, un meurtrier ! un assassin! |
Pilate leur dit encore : « Que voulez-| «vous donc que je fasse de Jésus ? » Mais!
«ils se mirent à crier : Crucifiez-le;:
«tolle, tolle, crucifige. — Pilate insiste : : « Crucifierai-je votre roi? prenant ainsi « des termes de raillerie pour les désar- «mer. Mais se montrant ici plus Ro- « mains que Pilate, les princes des «prêtres lui répondirent hypocrite- «ment: Nous n'avons pas d'autre roi aque César.» (Jean, xix, 15.)
Et les cris recommencèrent : Cruci-