CHAPITRE XII
MElIliRIS TBNTATITIf flTIl jiRVSALEII
Jésus, presque tous les ans, allait à Jérusalem pour la fête de Pâques. Le détail de chacun de ces voyages est peu connu ; car les synoptiques n'en parlent pas, et les notes du quatrième évangile sont ici très-confuses. (Test, à ce qu'il semble, l'an 31, et certainement après la mort de Jean, qu'eut lieu le plus important des séjours de Jésus dans la capitale. Plusieurs des disciples le suivaient. Quoique Jésus attachât dès lors peu de valeur au pèlerinage, il s'y prêtait pour ne pas blesser l'opinion juive, avec laquelle il n'avait pas encore rompu. Ces Toyages, d'ailleurs, étaient essaitiels â son dessein; car il sentait déjà que, pour jouer un rôle de premier ordre, il fallait sortir de Galilée, et attaquer le judaïsme dans sa place forte, qui était Jérusalem.
*» JÉStJS
La petite communauté galilêenne était id fort dépaysée. Jérusalem était alors à peu près ce qu'elle est aujourd'hui, une ville de pédantisme, d'acrimonie, de disputes, de haines, de petitesse d'esprit. Le fanatisme y était extrême et les séditions religieuses très-fré- . queutes. Les pharisiens y dominaient; l'étude de la Loi, poussée aux plus insignifiantes minuties, réduite à des questions de casuiste, était l'unique étude. Getle culture exclusivement théologique et canonique ne contribuait en rien à polir les esprits. C'était quelque chose d'analogue à là dôétriné ^rilë du fàqùih musulman, à celte science creuse qui s'agite autour d'une mosquée, grande dépense de temps et de dialectique faite en pure perte, et sanâ que la bonne di^ipline de Tésprit en profite. L'éducation théologique du clergé nïodt^ne, quoique trè^^sèchë, ne peut donner aucune idée de eela^ car la ren^ssance a introduit dans ^ tous ^îbs enseignements, mène les plus rebelles, une part detelles-teltrcsret de IxHiile méthode, quifait que la scàlastfque ii [iiis plus ott'tooinii uheteiDtef d'humanités. La sdeîice Hu docteur Jtdf'étàit paremeitt barbare, absurde saàs compensation, détiuée de tout élément moral. Pont comble dé malheiir, «ller^fnpii^tteiui qui s'était btigué ft racquérir d'ua ridicule o^gtteil.' Fiei* du prêteftdU savoir qui lui avait idbûté tant Mb peihfe,'ltf scribe juif avait poiii'la ôulture grecque' le môrfie dédain que le èaVant musulman a de DOS jours pour la civif&âttioà eurot)éënt]ie, et que le'vieâs
théologien catholique avait pour le savoir des gens du monde. Le propre de ces cultures scolajtiques est de fermer Tesprit à tout ce qui est délicat, Je ne laisser d'estime que pour les difficiles enfantillages où Ton a usé sa vie, et qu on envisage comme Toccupation naturelle des personnes faisant profession de gravité.
Ce monde odieux ne pouvait manquer de peser fort lourdement sur les âmes tendres et délicates du Nord. Le mépris des Hiérosolymites pour les Galiléens rendait la séparation encore plus profonde. Dans ce beau temple, objet de tous leurs désirs, ils ne trouvaient souvent que Tavanie. On verset du psaume des pèlerins : « J ai chobi de me tei|ir à la porte dans la maison de mon Dieu» » semblait fait exprès pour eux. Dn sacerdoce dédaigneux souriait de leur naïve dévotion, à peu près comme autrefois en Italie le clergé, familiarisé avec les sanctuaires, assistait froid et presque railleur à la ferveur du pèlerin venu de loin. Les Galiléens parlaient un patois assess corrompu; leur prononciation était vicieuse; ils confondaient les diverses aspirations, ce qui amenait des quiproquo dont on riait beaucoup. En religion, on leâ tenait pour ignorants et peu orthodoxes; l'expression « sot Galiléen » était devenue proverbiale. Ou cioyait (non sans raison) que le sang juif était chez eux trèsmélangé, et il passait pour constant que la Galilée ne pouvait produire un proohète. Placés ainsi aux confiai
150 i$sps.
du judaïsme fit presque e|i.dp)io|rs, l^s p^^yr^ Galiléens n'avaient pour releyer Jeurs espérances qu'un passage d'Isaîe asseï mal interprété : « Terre de Zabulon et terre de Nepbtaliy Voie de t^ iper, Galijée des gentils ! Le pepple qui inarchait dans l'on^bre p. vu une grande lumière ; le soleil s'est lev^ pour ce\ix qui étaient assis dans les ténèbres. » La renommée de la ville natale de Jésus était particwlièrem^nt mauvaise. C'était On proverbe populaire : « Peut-il venir quelque cbose d^ bon de Nazaretji ! n
La profonde sécheresse de la nature aux environs ^e Jérusalem devait ajoi^ter au déplaisir de Jésus. Les vallées y sont sans es^p; Ip sol est aride et pierreux. Quand Tœil plonge dans la dépression de la vfiev Morte, la vue 9 quelque phose de saisissant ; ailleurs, elle est monotone. Seule, la colline de Mizpa, avec ses souvenirs de la plus vieille histoire d*Israçl, soutient le regard. La ville présentait, du temps de Jésus, à peu près la même assise jiu'aujourd'hui. Elle n'avait guère de monuments anciens ; car, jusqu'aux Asmonéens, les Juifs étaient restés étrajigers à tous les arts ; Jean Hyrcan avait commencé à l'embellir, let Hérode le Grand en avai^ fait une des plus ^perbes villes de l'Orieixt. Les constructions béro- 4iennes le disputent aux plus achevées de l'antiquité par leur caractère gr^n^iose, la perfection de l'exécution, la J^eautédes mat^^^*^* 0^^ ^Qule de superbes tombeaux, ^m 4^ orîgin^i s'41evjûent vers le même temps aux
environs de Jérusalem. Le style de ces moriuipeiits étoit le style grec, mais approprié aux usages des Juifs, et considérablement modifié selon leurs principes. Les qr* nements de sculpture vivante, que les Ilérodes se p^rmettaient, au grand mécontentement des rigoristes, en étaient bannis et étaient remplacés par une décoration végétale. Le goût des anciens habitants de la Phénicie et de la Palestine pour les monu][nents monolithes taillés sur la roche vive, semblait revivre en ces gingiiliers tombeayx découpés dans le rocher, et où le» ordres grecs soi)t si bizarrement appliqués à une architecture de troglodytes. Jésus, qui envkageait les ouvrages d'art cornmp i|n pompeux étalage de vanité , voyait tous ces monuments jde mauvais œil. Son spiritualisme absolu et aon opinion arrêtée que la figure du vieyx monde allait passer i^p lui laissaient de goût que pour les choses du cçBur.
Le temple, à l'époque de Jésus, était tout neuf, et les ouvrages extérieurs n'en étaient pas cpmplétenjent terminés. Hêrode eji avait fait commencer la reconstruction Tan 20 ou 21 avant Tère chrétienne, pour le mettre à Funisson de ses ai^tres édifices. Le vp/iseap du temple fut achevé en dix-huit mois, les portigjes en Jbuit ans; qnais les partiel accessoires se continui^ rent lentement et ne turent terminées que peu de temp avant la prise àp Jérusalem. Jésus j vit probablement travaill^er^ non iKins cnielque humeur fecr^ta. Cet ^ f)4ranjMi d'^ ^oiy
avenir étaient comme une insulte à son prochain avènement. Plus clairvoyant que les incrédules et les fanatiques, il devinait que ces superbes constructions étaient appelées à une courte durée.
Le temple, du reste, formait un ensemble merveilleusement imposant. Les cours et les portiques servaient journellement de rendez-vous à une foule considérable, si bien que ce grand espace était à la fois le temple, le forum, le tribunal, l'université. Toutes les discussions religieuses des écoles juives, tout renseignement canonique, les procès même et les causes civiles, toute l'activité de la nation, en un mot, était concentrée là. C'était un perpétuel cliquetis d'arguments, un champ clos de disputes, retentissant, de sophismes et de questions subtiles. Le temple avait ainsi beaucoup d'analogie avec une mosquée musulmane. Pleins d'égards à cette époque pour les religions étrangères, quand elles restaient sur leur propre territoire, les Romains s'interdirent l'entrée du sanctuaire; des inscriptions grecques et latines marquaient le point jusqu'où il était permis aux non-Juifs de s'avancer. Mais la tour Antonia, quartier général de la force romaine, dominait toute l'enceinte et permettait de voir ce qui s'y passait. La police du temple appartenait aux Juifs; un capitaine du temple en avait l'intendance, faisait ouvrir et fermer les portes, empêchait qu'on ne traversât l'enceinte avec un bâton à la main, avec des chaussures poudreuses,
en portant des paquets ou pour abréger le chemin. On veillait surtout scrnpnleusement à ce que personne n'entrât à Tétai d'impureté légale dans les portiques intérieurs. Les femmes avaient une loge absolument séparée.
C'est là que Jésus passait ses journées, durant le temps qu'il restait à Jérusalem. L'époque des fêtes amenait dans cette ville une affluence extraordinaire. Réunis en chambrées de dix et vingt personnes, les pèlerins envahissaient tout et* vivaient dans cet entassement désordonné où se plaît l'Orient. Jésus se perdait dans la foule, et ses pauvres Galiléens groupés autour de lui faisaient peu d'effet. Il sentait probablement qu'il était ici dans un monde hostile et qui ne l'accueillerait qu'avec dédain. Tout ce qu'il voyait Hndisposait. Le temple, comme en général les lieux de dévotion très-fréquentés, offrait un aspect peu édifiant. Le service du culte entraÎHait une foule de détails assez repoussants, surtout des opérations mercantiles, par suite desquelles de vraies boutiques s'étaient établies dans l'enceinte sacrée. On y vendait des bêtes pour les sacrifices ; il s'y trouvait des tables pour l'échange de la monnaie; par moments, on se serait cru dans un bazar. Les bas officiers du temple remplissaient sans doute leurs fonctions avec la vulgarité irréligieuse des sacristains de tous les temps. Cet air profane et distrait dans le maniement des choses saintes blessait le sentiment religieux de Jésus, parfois
porté jusqu'au scrupule. Il disait qu'on avait fait de la maison de prière une caverne de voleurs. On jour même, dit-on; la colère l'emporta; il frappa à coups de fouet ces ignobles vendeurs et renversa leurs tables. En général, il aimait peu le temple. Le culte qu'il avait conçu pour son Père n'avait rien à faire avec des scènes de boucherie. Toutes ces vieilles institutions juives lui aéptaisaient, et il souffrait d'élre obligé de s'y conformer. Aussi le temple et son emplacement n'inspirèrent-ils de sentiments pieux, dans le sein du christianisme, qu'aux chrétiens judaîsants. Les vrais hommes nouveaux eurent en aversion cet antique lieu sacré, oonstantin et les premiers empereurs chrétiens y laissèrent subsister les constructions païennes d'Adrien. Ce furent les ennemis du christianisme, comme Julien, qui pensèrent à cet endroit. Quand Omar entra dans Jérusalem, l'emplacement du temple était à dessein pollué en haine des Juifs. Ce fut l'islam, c'est-àdire une sorte de résuirection du judaïsme, qui lui rendit ses honneurs. Ce lieu a toijyours été antichrétien.
L'orgueil des Juifs achevait de mécontenter Jésus, et de lui rendre pénible le séjour de Jérusalem. A mesure que les grandes idées d'Israël mûrissaient, le sacerdoce s'abaissait. L'institution des synagogues avait donné à l'interprète de la Loi, au docteur, une grande supériorité sur le prêtre. 11 n'y avait de prêtres qu'à Jérusa-
lem, et, là même, réduits à des fonctions toutes rituelles, â peu près comme nos prêtres de paroisse exclus de la prédication, iîs étaient primés par l'orateur dé la synagogue, le casuiste, le scribe, tout laïque qu était ce dernier. Les hommes célèbres du talmud ne sont pas des prêtres; ce sont des savants selon les idées du temps. Le haul sacerdoce de Jérusalem tenait, il est vrai, un rang fort élevé dans la nation ; mais il n'était nullement à la tête du mouvement religieux. Le souverain pontife, dont la dignité avaât déjà été avilie par Ilérode, devenait de plus en plus un fonctionnaire romain, qu'on révoquait fréquemment pour rendre là charge profitable à plusieurs. Opjposés aux pharisiens, zélateurs laïques très-exaltés, les prêtres étaient presque tous des sadducéens, c'est-à-dire des membres de cette aristocratie incrédule qui s'était formée autour du temple, vivait de Tautel, mais en voyait la vanité. La caste sacerdotale s'était séparée à tel point du sentiment national et de la grande direction religieuse qui entraînait le peuple, que le nom de « sadducéen » (sadoki)^ qui désigna d'abord simplement un membre de la fa« mille sacerdotale de Sadok, était devenu synonyme de c matérialiste » et d' a épicurien. »
Un élément plus Qiauvais encore était venu, depuis le règne d'Hérode le Grand, corrompre le haut sacerdoce. Hérode s'étant pris d*amour pour Mariamne, fille d'im certain Simon, fils lui^nnême de Boëthus d'Alexandrie,
et ayant voulu Fépouser (vers Tan 28 avant J. C), ne vit d'autre moyen, pour anoblir son beaii-père et Télever jusqu'à lui, que de le faire grand prêtre. Cette famille intrigante resta maîtresse, presque sans interruption, du souverain pontificat pendant trente-cinq ans. Étroitement alliée à la famille régnante, elle ne le perdit qu'après la déposition d'Archélaûs, et elle le recouvra (l'an 42 de notre ère) après qu'Hérode Agrippa eut re&itpour quelque temps l'oeuvre d'Hérode le Grand. Sous le nom de Boéthusiniy se forma ainsi une nouvelle noblesse sacerdotale,très-mondaine, très-peu dévote^ qui se fondit à peu près avec les Sadokites. De tout cela résulta autour du temple une sorte de « cour de Rome, » vivant de politique, peu portée aux excès de zèle, les redoutant même, ne voulant pas entendre parler de saints personnages ni de novateurs, car elle profitait de la routine établie. Ces prêtres épicuriens n'avaient pas la violence des pharisiens ; ils ne voulaient que le repos ; c^'étaient leur insouciance morale, leur froide irréligion qui révoltaient Jésus. Bien que très-différents, les prêtres elles pharisiens se confondirent ainsi dans ses antipathies. Hais, étranger et sans crédit, il dut longtemps renfermer son mécontentement en lui-même et ne communiquer ses sentiments qu'à la société intime qui l'aoeompagnait. ^
Avant le dernier séjour, de beaucoup le plus long da )ous qu'il fit l Jérusalem et qui se termina par sa mort.
JésHS essaya cependant de se faire écouter. Il prêcha ; on parla de lui; on s'entretint de certains actes que Ton considérait comme miraculeux. Mais de tout cela ne résulta ni une Église établie à Jérusalem, ni un groupe de disciples hiérosolyroites. Le diarmant docteur, qui pardonnait à tous pourvu qu'on l'aimât, ne pouvait trouver beaucoup d*écbo dans ce sanctuaire des Taines disputes et des sacrifices vieillis. Il en résulta seulement pour lui quelques bonnes relations, dont plus tard il recueillit les fruits. Il ne semble pas que dès lors il ait fait la connaissance de la iamille de Béthanie qui lui apporta, au milieu des épreuves de ses derniers mois, tant de consolations. Mais de bonne heure il attira l'attention d'un certain Nicodème, riche pharisien, membre du sanhédrin et fort considéré à Jérusalem. Cet homme, qui paraît avoir été honnête et de bonne foi, se isentit attiré vers le jeune Galiléen. Ne voulant pas se compromettre, il vint le voir de nuit et eut avec lui une longue conversation. Il en garda sans doute une impression favorable, car plus tard il défendit Jésus contre les préventions de ses confrères, et, à la mort de Jésus, nous le trouverons entourant de soins fneux le cadavre du maître. Nicodème ne se fit pas chrétien; il crut devoir à sa position de ne pas entrer dans un mouvement révolutionnaire, qui ne c(miptait pas encore de notables adhérents. Mais il porta évidemment beaucoup d*amitié ï Jésus et lui rendit des services, sans pouvoir rarrach«r
à une mort dont Tarrêt, à l'époque où nous sommes arrivés, était déjà comme écrit.
Quant aux docteurs célèbres du temps, Jésus ne paraît pas avoir eu de rapports avec eux. Hilîeî et Schammaï étaient inorts; la plus grande autorité du moment élait Gamaliel, petit-ûls de Hillel. Celait ijn esprit libérai et un homme du monde» ouvert aux études profanes, formé à la tolérance par son commerce avec la haute société. A rencontre des pharisiens très-sévères, qui marchaient voilés ou les yeux fermés, il regardait les femmes, même les païennes. La tradition le lui pardonna, comme d*avoir su le grec, parce qu'il approchait de la cour. Après la mort de Jésus, il exprima sur la secte nouvelle des vues très-modérées. Saint Paul sortit de son école. Hais il est bien probable que Jésus ii*y entra jamais.
Une pensée du moins que Jésus emporta de Jérusalem, et qui dès à présent paraît chez lui enracinée, c'est qu'il n'y a pas de pacte possible avec l'ancien culte juif. L'abolition des sacrifices qui lui avaient causé tant de dégoût, la suppression d'un sacerdoce impie et hautain, et dans un sens général l'abrogation de la Loi lui parurent d'une absolue nécessité. A partir de ce mo« ment, ce n'est plus en réformateur juif, c'est en destructeur du judaïsme qu'il se pose. Quelques partisans d^ idées messianiques avaient déjà admis que le Messie apporterait une loi nouvelle, qui serait commune à
toute la terre. Les esséniens, qui étaient à peine des juifs, paraissent aussi avoir élé indilTérenls au temple et aux obsenrances mosaïques. Mais ce n*étaient là que des hardiesses isolées ou non avouées. Jésus le premier osa dire quâ partir de lui, ou plutôt à paitir de Jean, la Loi n existait plus«Si quelquefois il usait de termes plus discrets, c'était pour ne pas choquer trop violemment les préjugés reçus. Quand, on le poussait à bout, il levait tous les voiles, et déclarait que la Loi n'avait plus aucune force. H usait à ce sujet de comparaisons énergiques. « On ne raccommode pas, disait-il, du vieux avec du neuf. On ne met pas le vin nouveau dans de Tieilles outres, t Voilà, dans la pratique, son acte de maître et de créateur. Ce temple exclut les non-Juifs de son enceinte par des affiches dédaigneuses. Jésus n'en ▼eut pas. Cette Loi étroite, dure, sans charité, n'est faite que pour les enfants d'Abraham. Jésus prétend que tout homme de bonne volonté, tout homme qui l'accueille et l'aime, est fils d*Abraham. Lorgueil du sang lui parait l'ennemi capital qu'il faut' combattre. Jésus, en d'autres termes, n'est plus juif. Q est révolutionnaire au plus haut degré ; il appelle tous les hommes à un culte fondé sur leur seule qualité d'enfants de Dieu. Il proclame les droits de l'homme, non les droits du juif; la religion de l'homme, non la religion du juif; la délivrance de l'homme, non la délivrance du juif. Ah ! que nous sonunes loin d'un Judas Gaulonite, d'un Mathias
Hargaloth, probant la révolution au nom He la Loi ! La religion de rhiimsmité, établie non sur le sang, mais sur le cœur, est fondée. Moïse est dépassé ; le temple n*a plus de raison d'être et est irrévocablement condamné