A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
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AVERTISSEMENT
Puisqu'il m*a été donné de tracer de Jésus une image qui a obtenu quelque attention, j*ai cru devoir offrir cette image, sous une forme convenablement préparée, aux pauvres, aux attristés de ce monde, à ceux que Jésus a le plus aimés. Beaucoup de personnes ayant regretté que le livre, par son prix et son volume, ne fût pas accessible à tous, j*ai sacrifié Tintroduction, les notes et certains passages du texte qui suppo-
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saient le lecteur assez versé dans les recherches spéciales de la critique. Par la suppression de ces diverses parties, on a atteint un triple but. D'abord , le livre est devenu d'un format si modeste, que toute personne qui y trouvera du goût pourra le posséder. En second lieu, je ne crpis pas qu'il y reste un mot ni une phrase qui exige, pour être compris, des études préliminaires. Enfin, par ces retranchements j'ai obtenu un résultat qui ne m'est pas moins précieux. J'avais fait mon livre avec la froideur absolue de l'historien, se proposant pour unique objet d'apercevoir la nuance la plus fine et la plu^ juste du vrai. Cette franchise ne pouvait manquer de causer quelques froissements à tant d'âmes excellentes que le christianisme élève et nourrit. Plus d'une fois, j'ai regrette de voir* des personnes auxquelles j'aurais infiniment aimé à plaire, détournées de la lecture d'un livre dont quelques pages n'auraient peut-être pas été pour elles sans
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agrément ni sans fruit. Je crois que beaucoup de vrais chrétiens ne trouveront dans ce petit volume rien qui les blesse. Sans changer quoi que ce soit à ma pensée, j'ai pu écarter tous les passages qui étaient de nature à produire des malenlendus, ou qui auraient demandé de longues explications.
L'histoire est une science comme la chimie, comme la géologie. Pour être entièrement comprise, elle exige des études approfondies, dont le résultat le plus élevé est de savoir apprécier la dif- ^ férence des temps, des pays, des nations et des races. Aujourd'hui, un homme qui croit aux fantômes, îiux sorciers, n'est plus tenu chez nous pour un homme sérieux. Mais, autrefois, des hommes cminents ont cru à tout cela, et peut-être, en certains pays, est m1 encore possible, de nos jours, d'allier une vraie supériorité à de pareilles erreurs. Les personnes qui ne sont pas arrivées, par des voyages, par de longues lectures ou par une grande péné*
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Iration d'esprit, à s'expliquer ces différences, trouvent toujours quelque chose de choquant dans les récits du passé; car le passé, si héroïque, si grand, si original, n'avait pas, sur certains points fort importants, les mêmes idées que nous. L'histoire complète ne peut reculer devant cette difficulté, même au risque de provoquer les plus graves méprises. La sincérité scientifique ne connaît pas les mensonges prudents. Il n'est pas en ce monde un motif assez fort pour qu'un savant se contraigne dans l'expression de ce qu'il croit la vérité. Mais, quand une fois on a dit, sans une ombre d'arrièrepensée, ce qu'on croit certain ou probable ou possible, n'est-il pas permis de laisser là les distinctions subtiles pour s'attacher uniquement à l'esprit général des grandes choses, que tous peuvent et doivent comprendre? N'a-t-onpas le droit d'effacer *les dissonances pour ne plus songer qu'à la poésie et à l'édification, qui surabondent en ces vieux récits ? Le chimiste sait que le diamant n'est
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que du charbon; il sait les voies par lesquelles la nature opère ces profondes transfoî? mations. Estil obligé pour cela de s'interdire de parler comme le monde et de ne voir dans le plus beau oyau qu'un simple morceau de carbone?
Ce n'est donc pas ici un nouveau livre. C'est la « Vie de Jésus, » dégagée de ses échafaudages et de ses obscurités. Pour être historien, j'avais dû chercher à peindre un Christ qui eut les traits, la couleur, la physionomie de sa race. Cette fois» c'est un Christ en marbre blanc que je présente au public, un Christ taillé dans un bloc sans tache, un Christ simple et pur comme le sentiment qui le créa. Mon Dieu ! peut-être est-il ainsi plus vrai. Qui sait s'il n'y a pas des moments où tout ce qui sort de l'homme est immaculé? Ces moments ne sont pas longs; mais il y en a.
C'est ainsi du moins que Jésus apparut au peuple ^ c'est ainsi que le peuple le vit et l'aima ;
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c'est ainsi qu'il est resté dans le cœur des hommes. Voilà ce qui a vécu en lui, ce qui a charmé le monde et créé son immortalité.
Je ne réfuterai pas pour la vingtième fois le reproche qu'on m'adresse de porter atteinte à la religion. Je crois la servir. Certaines personnes s'imaginent que, par de timides réticences, on empêchera le peuple de perdre la foi au surnaturel. Quand même une telle précaution serait honnête, elle serait fort inutile. Cette foi, le peuple Ta perdue. Le peuple, en cela d'accord avec la science positive, n'admet pas le surnaturel particulier, le miracle. Faut-il conclure de là qu'il est étranger aux hautes croyances qui font la noblesse de Thomme? Ce serait une grave erreur. Le peuple est religieux à sa manière. Quoi de plus touchant que son respect pour la mort? Son courage, sa sérénité, son désir de s'instruire, son indifférence au ridicule, ses grands instincts d'héroïsme, son goût pour
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les ouvrages d'art ou de poésie qui procurent aes émotions sérieuses en s' adressant aux sentiments nobles, cette perpétuelle jeunesse qui brille en lui quand il s'agit de gloire et de patrie, tout cela est de la religion et de la meilleure. Le peuple n'est nullement matérialiste. On lui plaît par l'idéalisme. Son défaut, si c'en est un, est de faire bon marché de tous les intérêts quand il s'agit d'une idée. Il serait funesle de lui prêcher rirréligion ; il serait inutile d'essayer de le ramener aux vieilles croyances surnaturelles. Reste un seul parti, qui est de lui tout dire. Le peuple saisit très-vite et par une sorte d'instinct profond les résultats les plus élevés de la science. Il voit que, parmi les formes religieuses qui ont existé jusqu'ici, aucune ne peut prétendre à une valeur absolue; mais il sent bien aussi que le fondement de la religion ne croule pas pour cela. Lui inspirer le respect même des formes qui passent, lui en montrer la grandeur dans l'histoire,
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mettre en relief ce que ces formes antiques OTi^i eu de bon et de saint, n'est-ce pas faire ^;;ie pieux? Pour moi, je pense que le peuple tournerait le dos à sa délivrance, le jour où il tiendrait pour des chimères la foi, rabnégation, le dévouement. La pari d'illusions qui autrefois se mêlait à tous les grands mouvements soit politiques, soit religieux, n'est pas un motif pour refuser à ces mouvements la sympathie et l'admiration. On peut être bon Français sans croire à la sainte ampoule. On peut aimer Jeanne d'Aro sans admettre la réalité de ses visions.
Voilà pourquoi j*ai pensé que le tableau de la plus étonnante révolulion populaire dont on ait gardé le souvenir pouvait être utile au peuple. C'est ici vraiment la vie de son meilleur ami ; toute cette épopée des origines chrétiennes est l'histoire des plus grands plébéiens qu'il y ait jamais eu. Jésus a aimé les pauvres, haï les prêtres
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riches et mondains, reconnu le gouvernement existant comme une nécessité ; il a mis hardiment les intérêts moraux au-dessus des querelles des partis ; il a prêché que ce monde n'est qu'un songe, que tout est ici-bas image et figure, quelle vrai royaume de IMeu, e'est l'idéal, que l'idéal appartient à tous. Cette légende est une source vive d'éternelles consolations ; elle inspire une suave gaieté; elle encourage à Tamélioration des mœurs sans vaine hypoerisie ; elle donne le goAt de la liberté; elle porte enfin à refléchir sur les problèmes sociaux, qui sont les premiers de notre temps. Jésus ouvre sur ce point des vues d'une profondeur étonnante. Quand on sort de soïi école, on conçoit très-bien que la politique ne saurait plus être un jeu frivole, que Tessentiel un jour sera de travailler au bonheur, à l'instruction et à la vertu des hommes, que tout effort pour écarter de telles questions est frappé de stérilité.
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Humbles serviteurs et servantes de Dieu, qui portez le poids du jour et de la chaleur ; ouvriers qui travaillez de vos bras à bâtir le temple que nous élevons à Tesprit; prêtres vraiment saints qui gémissez en silence de la domination d*orgueilleux sadducéens ; pauvres femmes qui souFfrez d'un çtat social où la part du bien est encore faible ; ouvrières pieuses et résignées au fond de la froide cellule oii le Seigneur est avec vous, venez à la fête qu'un jour Dieu, en son sourire, prépara pour les simples de cœur. Vous êtes les vrais disciples de Jésus. Si ce grand maître revenait, où croyez-vous qu'il reconnaîtrait la vraie postérité de la troupe aimable et fidèle qui l'entourait sur le bord du lac de Génésareth? Serait-ce parmi les défenseurs de symboles qu'il ne connaissait pas, dans une église officielle qui favorise tout ce qu'il a combattu , parmi les partisans d'idées vieillies associant sa cause à leurs intérêts et à leurs passions ? Non ; ce serait parmi nous, qui
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L'éyén4»Qent papital de l'histoire du iponde est la révolution par laquelle les plus nobles povtioas de Thumanité ont passé des anciennes religions, comprises sous le nom vague de paganisme, à une religion fondée sur l'unité divine» la trinité, Tincarnation du Fils de Dieu. Cette conversion a eu besoin de près de mille ans pou se faire. La religion nouvelle avait mis elle-même au moins trois cents ans à se former. Mais l'origine de h révolution dont il s'agit est un fait qui eut lieu sous ies
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règnes d'Auguste et de Tibère. Alors vécut une personne supérieure qui, par son initiative hardie et par Famour qu'elle sut inspirer, créa l'objet et posa le point de départ de la foi future de l'humanité.
Jésus naquit à Nazareth, petite ville de Galilée, qui n'eut avant lui aucune célébrité. Toute sa vie il fut désigné du liom de « Nazaréen, » et ce n'est que par un détour assez embarrassé qu'on réussit, dans sa légende, à le faire naître à Bethléhem. Nous verrons plus tard le motif de cette supposition , et comment elle était la conséquence obligée du rôle prêté à Jésus. On ignore la date précise de sa naissance. Elle eut lieu sous le règne d'Auguste, vers l'an 750 de Renne, probablement quelques années avant Fan 1*' de Fère que tous les peuples civiliisés font dater du jour où il naquit.
La population de Galilée était fort mêlée. Cette province comptait parmi ses habitants, au temps de Jésus, beaucoup de non-Juife (Phéniciens, Syriens, Arabes et même Grecs). Les conversions au judaasme n'étaient pas rares dans ces sortes de pays mixtes. Il est donc impossible de soulever ici aucune question de race et de recfaerdier quel sang coulait dans les veines de celui qui a le plus contribué à effacer dans l'humanité les distinctionsde sang.
Il sortit des rangs du peuple. Son père Joseph et sa mère Marie étaient des gens de médiocre condition,
des artii;ans viyaiit de leur travail, dans cet état si commun en Orient, qui n'est ni l'aisnnce ni la misère.. L'extrême simplicité de la vie dans de telles contrées, en écartant le bespin de confortable, rend le privilège du riche presque inutile, et fait de tout le monde des pauvres volontaires. D'un autre côté, le manque total de goût pour les arts et pour ce qui contribue à l'élégance de la vie matérielle, donne à la maison de celui qui ne manque de rien un aspect de dénûment. La ville de Nazareth, au temps de Jésus, ne différait peut-être pas beaucoup de ce qu'elle est aujourd'hui. Les rues où il joua enfant, nous les voyons dans ces sentiers pierreux ou ces petits carrefours qui séparent les cases. La maison de Joseph ressembla beaucoup sans doute à ces pauvres boutiques, éclairées par la porte, servant à la fois d'établi, de cuisine, de chambre à coucher, ayant pour ameublement une natte, quelques coussins à terre, HU ou deux vases d'argile et un coffre peint.
La famille, qu'elle provînt d'un ou de plusieurs mariages, était assez nombreuse. Jésus avait des frères et des sœurs, dont il semble avoir été l'aîné. Tous sont restés obscurs; car il parait que les quatre personnages qui sont donnés comme ses frères, et parmi lesquels un au moins, Jacques, est arrivé à une grande importance dans les premières années du développement du christianisme, étaient ses cousins germains. Marie, en effet, avait une sœur nommée aussi Marie, qui épousa un oer«^
« i£sus.
jtaip kï^t^. ou riéophas (ces dei^x ^Q^l$ paraissent dêsignek' unO m5me personne), et fut mère de plusieurs ' fils qui ^'^èreut un rôle consijdérable parmi lespreniiers disci{>4es ù^ ^ésus. Ces cousins germains, qui adhérèrent au jeuue maître, pendant que ses wais frères lui fais^ent de Vopposition, prirent le titre de « frètes d^ Seigneur. » L^ vrais frères de Jésus n'eurent d'importance, ainsi <{ue leur mère, qu'après $a mort. Même alors ils ne paraissent pas avoir égalé ep considération leurs cousins, dont la conversion avait été plus spontanée et dont le caractère semble avoir eu plus d'originalité.
. Ses sœurs se marièrent à Nazareth, et il y passa les années de sa première jeunesse. Nazareth était une petite ville, située dans un pli de terrain largement ouvert au sommet du groupe de montagnes qui ferme au nord l\ plaine d'Esdrelon. La population est maintenant de ti ois à quatre mille âmes, et elle peut n'avoir pas beauco np varié. Le froid y est vif en hiver et le climat fort salubre. La ville, comme à cette époque toutes les bourgades juives, était un amas de cases bâties sans style, et devait présenter cet aspect sec et pauvre qu'offrent les villages dans les pays orientaux. Les maisons, à ce qu'il semble, ne différaient pas beaucoup de ces cubes de pierre, sans élégance extérieure ni intérieure, qui couvrent aujourd'hui les parties les plus riches du pp^^ et oui, mêlés aux vignes et aux fi^uiers^ ne laissent
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pas d*être fdrt agréaUes. Les enTurons, d'ailleurs^ sont charmantSj et nul et.droH du monde ne foi si bien fait pour les réfes de l'absolu bonheur. Même de nos jours^ Nazareth est encore un délicieux s^our, le seulendrmt peut4tre de h Palesâie oà l'âme se sente un peu soa-« lagée dd fardeau qui l'oppresse au milieu de cette désohtion sans égale. La population est aimable et souriante ; lès jardins sont frais et verts. Antonin Hartyri à la fin du sixième siècle, fait xta tableau enchanteur de k fertilité des environs, qu'il ccnnpare au paradis. Quelques vallées du cAté de l'ouest justifient pleinement sa description. La fontaine, oà se concentraient autre* fois la vie et la gaieté de la petite ville, est détruite; ses canaux crevassés ne donnent plus qu'une eau trouble. Hais la beauté des femmes qui s'y rassemblent le soir^ cette beauté qui était déjà remarquée au sixième siècle et où l'on voyait un don de la Vierge liarie^ s'est eonservée d'une manière firappante. C'est le type syrien danë toute sa grâce pleine dé langueur. Nul doifte que Marie n'ait été ta presque tous les jours, et n'ait pris rang, l'urne sur l'épaule, dans la file de ses compatriotes restées obscures. Antonin Martyr remarque que les femmes juives, ailleurs dédaigneuses pouir les chrétiens, sont id pleines d'affabilité. Aujourd'hui encore, ^le& haines religieuses sont à Nazareth ihoins vives qu'ailleurs.
L'horizon de la ville est étroit; mais, si l'on monte
quelque peu et que Ton atteigne le plateau fouetté d'une brise perpétuelle qui domiue les plus hautes maisons, la perspective est splendide. A l'ouest, se déploient les belles lignes du Garniel, terminées par une pointe abrupte qui semble se plonger dans la mer. Puis se déroulent le double sommet qui domine Hageddo, les montagnes du pays de Sichem avec Jours lieux saints de Tâge patriarcal, les monts Gelboé, le petit groupe pittoresque auquel se rattajcheut les souvenirs gracieux ou terribles de Sulem et d'Endor, le Thabor avec sa belle forme arrondie, que Tantiquité comparait à un sein. Par une dépression entre la montagne de Sulem et le Thabor, s'entrevoient la vallée du Jourdain et les hautes plaines de la Pérée, qui forment du côté de Test une ligne continue. Au nord, les montagnes de Safed^ en s'inclinant vers la mer, dissimulent Saint-JTean-d'Acre, mais laissent se dessiner aux yeux le golfe de Khaïfa. Tel fut l'horizon de Jésus. Ce cercle enchanté, berceau du royaume de Dieu, lui représenta le monde durant des années. Sa vie même sortit peu des limites familières à son enfance. Car au delà, du côté du nord. Ton entrevoit presque, sur les flancs de THermon, Césarée de Philippe, sa pointe la plus avancée dans le monde des gentils, et, du côté du sud, on pressent, derrière ces montagnes déjà moins riantes de la Samarie, la triste Judée, desséchée comme par un vent brûlant d'abstraction et de mort. Si jamais le monde resté chrétien, mais arrivé à uae
notion meilleure de ce qui constitue le respect des origines, veut remplacer par d authenticpies lieux saints les sanctuaires apocryphes et mesquins où s'attachait la piété des âges grossiers, c'est sur cette hauteur de Nazareth qu'il bâtira son temple. Là, au point d'apparition du christianisme et au centre d'action de son fondateur, devrait s'élever la grande église oi!^ tous les chrétiens pourraient prier. Là aussi, sur cette terre où dorment le charpentier Joseph et des milliers de Nazaréens oubliés, qui n'ont pas franchi l'horizon de leur vallée, le philosophe serait mieux placé qu'en aucun Heu du monde pour contempler le cours des choses humaines, se consoler de leur contingence, se rassurer sur le but divin que le monde poursuit à travers d'innombrables défaillances et nonobstant l'universelle vanité.