‹ Jésus régnantChapitre 141 sur 144 · CHERS AMIS DE LA CROIX · texte numérisé non relu

CHERS AMIS DE LA CROIX

Puisque la divine Croix me cache et m'interdit la parole, ilne m'est pas possible — et je ne désire pas même — de vous parler pour vous ouvrir les sentiments de mon cœur sur l'excellence et les pratiques divines de votre union dans la Croix adorable de Jésus-Christ. Cependant aujourd’hui, dernier jour de ma retraite, je sors, pour ainsi dire, de l'attrait de mon intérieur, afin de former sur ce papier

quelques légers traits de la Croix, pour en percer vos bons cœurs. Plft à Dieu qu'il ne fallût

pour les aiguiser que le Sang de mes veines au lieu de l’encre de ma plume!

Mais hélas !

quand il serait nécessaire, il est trop criminel.

Que l'Esprit donc du Dieu vivant soit comme la vie, la force et la teneur de cette lettre que son onction soit comme l'encre de mon écritoire ; que la divine croix soit ma plume, et que votre cœur soit mon papier.

Vous êtes unis ensemble, Amis de Ja Croix, comme autant de soldats crucifiés pour combattre le monde, non en fuyant comme les religieux et les religieuses, de peur d’être vaincus, mais comme de vaillants et braves guerriers sur le champ de bataille, sans lâcher le pied et Sans tourner le dos. Courage! combattez vaillamment. Unissez-vous fortement de l'union des esprits et des Cœurs, infiniment plus forte et plus terrible au monde et à l'enfer, que ne

le sont aux ennemis de l'Etat les forces extérieures d'un royaume bien uni. Les démons s'unissent pour vous perdre, unissez-vous pour les terrasser ; les avares s'unissent pour gagner de l'or et de l'argent, unissez vos travaux pour conquérir les trésors de l'éternité, renfermés dans la Croix ; les libertins s'unissent pour 5€ divertir, unissez-vous pour souffrir : vous vous appelez Amis de Ja Croix. Que ce nom est rand!i Je vous avoue que j'en suis charmé et ébloui. Ilest plus brillant que le soleil, plus élevé que les cieux, plus glorieux et plus pompeux que les titres les plus magnifiques des rois et des empereurs, c’est le grand nom de Jésus- Christ vrai Dieu et vrai homme tout ensemble ; c'est le nom sans équivoque d’un chrétien. Mais si je suis ravi de son éclat, je ne suis as moins épouvanté de son poids. Que d'obligations indispensables et difficiles, renfermées en ce nom et exprimées par ces paroles du Saint-Esprit: Genus electum, regale sacerdotium, gens Sancla, populus acquisitionis / Un Ami de la Croix est un homme choisi de Dieu entre dix mitie qui vivent selon les sens et la seule raison, pour être un homme tout divin, élevé au-dessus de la raison, et tout opposé aux sens par une vie et une lumière de ure foi et un amour ardent pour la Croix.

Un Ami de la Croix est un roi tout-puissant et un héros triomphant du démon, et de la chair

dans leurs trois concupiscences ; Pat l'amour

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hoisi de les sens me tout et tout mière de 1 Croix.

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la chair l'amour

des humiliations il terrasse l’

Par l'amour de la pauvreté il triomphe de l’avarice du monde, par l'amour de la douleur il amortit la sensualité de Ja chair. Un Ari de la Croix est un homme saint et séparé de tout le visible, dont le cœur est élevé au-dessus de tout ce qui est caduc et périssable et dont la Conversation est dans les cieux, qui passe sur la terre comme un étranger et un pêlerin, et qui, sans y donner SON, Cœur, la regarde de l'œil gauche avec indifférence et la foule de ses pieds avec mépris. Un Ami de la Croix est une illustre conquête de Jésus-Christ crucifié sur le Calvaire, en union de Sa sainte Mère : c'est un bénoni ou Benjamin, fils de la douleur et de la droite, enfanté dans son cœur douloueux, Venu au monde par son et tout empourpré de son Sang ; tenant de son extraction sanglante, il ne respire que croix, que sang et que mort au monde, à la chair et au péché, pour être tout caché ici-bas avec Jésus-Christ en Dieu. Enfin, un parfait Ami de la Croix est un vrai porte-Christ ou plutôt un Jésus-Christ, en sorte qu'il peut dire avec vérité : Vivo jam non Ego vivit vero in me Christus; je vis, nan je ne vis plus, mais Jésus-Christ vit en moi.

Etes-vous par vos actions

orgueil de Satan,

» Mmes chers Amis and nom signifie, rai désir ou une le devenir avec la grâce de

de la Croix, tels que votre gr ou du moins avez-Vous un y volonté véritable de

Dieu, à l'ombre de la Croix du Calvaire et de Notre-Dame de Pitié ? Prenez-vous les moyens nécessaires pour cet effet? Etes-vous entrés dans la vraie voie de la vie, qui est la voie étroite et épineuse du Calvaire? N'’êtes-vous point, sans y penseï; dans la voie large du monde qui est la voie de la perdition? Savezvous bien qu’il y a uné voie qui paraît droite et sûre à l’homme, et qui conduit à la mort?

Distinguez-vous bien la voix de Dieu et de sa grâce d'avec celle du monde et de la nature ? Éntendez-vous bien la voix de Dieu, notre bon Père, qui, après avoir donné sa triple malédiction à tous ceux qui suivent les concupiscences du monde, 7&, væ, V@ habitantibus in terra, vous crie amoureusement en vous tendant les bras : “ Separamini, popule meus ; séparez-vous mon peuple choisi, chers Amis de la Croix de mon Fils ; séparez-vous des mondains, maudits de sa Majesté, excommuniés de mon Fils et condamnés de mon Saint-Esprit. Prenez garde de vous asseoir dans leur chaire tout empestée, n'allez point dans leurs conseils, ne vous arrêtez pas même dans leur chemin. Fuyez du milieu de la grande et infâme Babylone, n'écoutez que la voix et ne suivez que les traces de mon Fils bien-aimé que je vous ai donné pour être votre voie, voire vérité, votre vie et votre modèle, 22547 audite.” L'écoutez-vous cet aimable Jésus qui vous crie chargé de sa croix? ‘“ Venite post me; venez après moi;

néces., jours monde breux, moins y cour soient multit:

sont jc JEUX, C

Christ L] .

d'orais contin!

et de oyens entrés , voie VOUS ce du Savezdroite mort P de sa ature ?

re bon alédiccences terra, ant les ez-VOoUS roix de naudits Fils et z garde apestée, e vous Fuyez 1bylone, :3s traces i donné e vieet tez-vous é de sa ès mot;

celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres ; confidite, ego vici mundum ; confiezvous, j'ai vaincu le monde.”

Voilà, mes chers confrères, voilà deux partis qni se présentent tous les jours, celui de Jésus- Christ et celui du monde ; celui de notre aimable Sauveur est à droite, en montant, dans un chemin étroit et rétréci plus que jamais par la corruption du monde. Ce bon maître y esten tête, marchant les pieds nus, la tête couronnée d'épines, le corps tout ensanglanté et chargé d'une lourde croix; il n’y a qu'une poignée de gens, mais des plus vaillants, à le suivre, parce qu'on n'entend pas sa voix si délicate au milieu du tumulte du monde, ou on n’a pas le courage de le suivre dans sa pauvreté, ses douleurs, ses humiliations et ses autres croix, qu'il faut nécessairement porter à son service tous les jours de la vie. A gauche, est le parti du monde ou du démon, lequel est le plus nombreux, le plus magnifique et le plus brillant, du moins en apparence. Tout le plus beau monde y court, on y fait presse quoique les chemins soient larges et plus élargis que jamais par la multitude qui y passe comme des torrents ; ils

sont jonchés de fleurs, bordés de plaisirs et de jeux, couverts d’or et d'argent.

À droite, le petit troupeau qui suit Jésus- Christ ne parle que de larmes, de pénitences, d'oraisons et de mépris du monde: on entend continuellement ces paroles entrecoupées de

manner enr a

sanglots : ‘* Souffrons, pleurons, jeûnons, prions, cachons-nous, humilions-nous, appauvrissOnsnous, mortifions-nous ; Car celui qui n’a pas l'Esprit de Jésus-Christ, qui est un esprit de croix, n’est point à Jui; ceux qui sont à Jésus- Christ ont crucifié leur chair avec leurs concupiscences ; il faut être conforme à l'image de Jésus-Christ ou être damné. Courage, s'écrientils, courage, si Dieu est pour nous, en nous et devant nous, qui sera contre nous ? Celui qui est en nous est plus fort que celui qui est dans Je monde ; le serviteur n'est pas plus que le

maître; un moment d’une légère tribulation

roduit un poids éternel de gloire ; ilya moins d'élus qu’on ne pense ; il n’y a que des courageux et violents qui ravissent le Ciel de vive force ; personne n'y sera couronné que celui

ui aura combattu légitimement selon l’Evangile et non pas selon la mode. Combattons donc avec force, courons bien vite afin que nous atteignions le but, afin que nous gagnions la couronne.”

Voilà une partie des paroles divines dont les Amis de la Croix s’'animent mutuellement.

Les mondains, au contraire, pour s’animer à persévérer dans leur malice sans scrupule, crient tous les jours : “ La vie, la vie, la paix, la paix, la joie, la joie Mangeons, buvons, chantons, dansons, jouons : Dieu est bon, Dieu ne nous à pas faits pour nous damner, Dieu ne défend pas de se divertir ; nous

ne set scrupu Sou:

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)rions, [SSONSa pas prit de Jésusconcuage de scrientnous et elui qui st dans que le ulation a MOINS courade vive ue celui J'Evan- 1battons fin que agnions

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s’animer

scrupua vie, la eons, bu- Dieu est ous damtir; nous

JÉSUS RÉGNANT PAR MARIE 289 ne serons pas damnés pour cela, point de scrupule : #0n moriemini, etc.” Souvenez-vous, mes chers Confrères, que notre bon Jésus vous regarde à présent et vous dit'à chacun en particulier : “ Voilà que quasi tout le monde m’abandonne dans le chemin royal de la Croix: les idolâtres aveugles se moquent de ma Croix comme d’une folie, les Juifs obtinés s'en scandalisent comme d’un objet d'horreur, les hérétiques la brisent et l’abatient, comme une chose digne de mépris ; mais ce que je ne puis dire que les larmes aux yeux et le cœur percé de douleur : mes enfants que j'ai élevés dans mon sein et que j'ai instruits en mon école, mes membres que j'ai animés de mon Esprit, m'ont abandonné et méprisé .en devenant les ennemis de ma Croix. Numquid et vos vultis abire? Voulez-vous point aüssi vous autres m'abandonner en fuyant ma Croix, comme les mondains qui sont en cela autant d’antéchrists, anfichristi multi? Voulez-vous, afin de vous conformer à ce sièc!e présent, mépriser la pauvreté de ma Croix pour courir après les richesses, éviter la dou: leur de ma Croix pour rechercher les plaisirs, haîr les humiliations de ma Croix pour ambitionner les honneurs? J'ai beaucoup d’amis en apparence, qui protestent qu’ils m’aiment et qui dans le fond me haïssent, parce qu'ils n’aiment pas ma Croix, beaucoup d’amis de ma table et très peu de ma Croix.”

A cet appel amoureux de Jésus, élevons-nous au-dessus de nous-mêmes ; ne nous laissons pas séduire par "nos sens, comme Eve ; ne regardons que l’Auteur et le Consommateur de notre foi, Jésus crucifié ; fuyons la corruption de la concupiscence du monde corrompu; aimons Jésus-Christ de la belle manière, c'esta-dire au travers de toutes sortes de croix.

Méditons bien ces admirables paroles de notre aimable Maître qui renferment toute la perfection de la! vie chrétienne : Si quis vult venire post me, abneget semetipsum, et tollat crucem suam, et sequalur me: Toute la perfection chrétienne, en effet, consiste: 1° à vouloir devenir un saint: 4? quelqu'un veut venir après moi; 2° à s'abstenir, gw'i/ renonce à soimême; 3° à souffrir, gw'il porte sa croix 5 40 à agir, ef qu'il me suive.

Si quis, Si quelqu'un, quelqu'un et non pas quelques-uns, POUT marquer le petit nombre des élus qui veulent 5€ conformer à Jésus-Christ crucifié en portant leur Croix. Ilest si petit, si petit que si nous le connaissions, nous nous en pâmerions de douleur. Ilest si petit que si Dieu voulait Îles assembler, il leur crierait comme il fit autrefois par la bouche d'un pro-

hète: Congregamini unus. et unus, assemblezvous un à un, un de cette province, un de ce

royaume ?.

1 Vrais et parfaits Amis de la Croix.

Si qu té, une la natur ou le re victorie à tout ll mysteri la Croi peu de ter sur Croix a soit un homme de et d volonté entrepr Sachez, mi vou:

marche aile et parce © Amis d Christ, faut qu gâter :

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nous ssons »; ne ‘ur de ption )mpU ; c'estcroix.

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Si quis vult, si quelqu'un a une vraie volonté, une volonté entière et déterminée non par la nature, la coutume, l’amour-propre, l'intérêt ou le respect humain, mais par une grâce toute victorieuse du Saint-Esprit qui ne se donne pas à tout le monde, son omnibus datum est nosse mysterium. La connaissance du mystère de la Croix dans la pratique n'est donnée qu'à peu de gens ; il faut qu'un homme, pour monter sur le Calvaire'et s'y laisser mettre en Croix avec Jésus au milieu de son propre pays, soit un courageux, un héros, un déterminé, un homme élevé en Dieu, qui fasse litière du monde et de l'enfer, de son corps et de sa propre volonté, un déterminé à tout quitter, à tout entreprendre et tout souffrir pour Jésus-Christ. Sachez, ch2rs Amis de la Croix, que ceux parmi vous qui n’ont pas cette détermination ne marchent que d’un pied, ne volent que d’une aile et ne sont pas dignes d’être parmi vous, parce qu'ils ne sont pas dignes d’être nommés Amis de la Croix, qu'il faut aimer avec Jésus- Christ, corde magno et animo volenti. Ilne faut qu’une demi-volonté de cette manière pour gâter tout le troupeau, comme une brebis galeuse. S'il y en a déjà quelqu’une d'entrée par la mauvaise porte du monde dans votre bergerie, au nom de Jésus-Christ crucifié, qu’on la chasse comme une louve entrée p:rmi les brebis.

Si quis vult post me venire, si quelqu'un veut

venir après moi qui me suis si humilié et si anéanti que je suis devenu plutôt un vermisseau qu'un homme, €g0 sum vermis et non homo; après moi qui ne suis venu au monde que pour embrasser la Croix, ecce venio, que pour la placer dans le milieu de mon cœur, ## medio cor dis, que pour l'aimer dès ma jeunesse, hanc amauvi a juventute mea, que pOur soupirer après elle pendant ma vie, guomodo coarctor, que pour la porter avec joie en la préférant à toutes les joies et les délices du ciel et de la terre, proposito sibi gaudio sustinuit crucem, El enfin qui n’aiété content que lorsque je suis mort dans ses divins embrassements.

Si quelqu'un donc veut venir après moi ainsi anéanti et crucifié, qu'il ne se glorifie comme moi que dans la pauvreté, les humiliations et les douleurs de ma Croix; abneget semetipsum, qu'il renonce à soi-même. Loin de la compagnie des Amis de la Croix ces souffrants orgueilleux, ces sages du siècle, ces grands génies et ces esprits forts qui sont entêtés et boufñs de leurs lumières et de leurs talents ; Join d'ici ces grands babillards qui font grand bruit et point d'autre fruit que celui de la vanité ; loin d'ici ces dévots orgueilleux qui portent partout le quant à moi de l’orgueilleux Lucifer, non sum sicut cæteri, qui ne peuvent souffrir qu'on les blâme sans s’excuser, qu'on les attaque sans se défendre et qu'on les abaisse sans

se relever! Prenez bien garde d'admettre en

votre c qui crai et se pl jamais | discipli tence, e mêlent :

la plus ] Tolla suam, le que ce pratiun l’autre :

brasse avec co sa Croi nombre j'ai der sions d épäisset deur; s tie de c:

un effet Croix, « puisse f compos des hun maladie par ma qu'à sa gueur d

et si ermis- 1 non monde 0, que ur, 27 Inesse, upirer arctor, srant à t de la cem, et je suis

>i ainsi

comme

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fipsum,

compauffrants grands têtés et talents ; t grand la vaniportent Lucifer, souffrir les atta-

se sans ettre en

votre compagnie de ces délicats et sensuels qui craignent la moindre piqûre et qui s’écrient et se plaignent à la moindre douleur, qui n'ont jamais goûté de la haïire, du cilice et de la discipline et des autres instruments de pénitence, et qui, parmi leurs dévotions à la mode, mêlent une délicatesse et une immortification la plus plâtrée et la plus raffinée.

Tollat crucem suam, qu'il porte sa Croix:

suam, la sienne. Que celui-là, que cet homme, que cette femme rare, de ultimis finibus Draætium ejus, que toute la terre d’un bout à l’autre ne saurait payer, prenne avec joie, embrasse avec ardeur et porte sur ses épaules:

avec courage sa Croix, et non celle d’un autre, sa Croix que par ma sagesse je lui ai faite avec nombre, poids et mesure ; sa Croix, à laquelle j'ai de ma propre main mis ses quatre dimensions dans une grande justesse, savoir: son épaisseur, sa longueur, sa largeur et sa profondeur ; sa Croix, que je lui ai taillée d’une partie de celle que j'ai portée sur le Calvaire, par un effet de la bonté infinie que je lui porte ; sa Croix, qui est le plus grand présent que je puisse faire à mes élus sur la terre ; sa Croix, composée en son épaisseur des pertes de biens, des humiliations, des mépris, des douleurs, des maladies et des peines spirituelles qui doivent par ma Providence lui arriver chaque jour jusqu’à sa mort; sa Croix, composée en sa longueur d’une certaine durée de mois ou de jours

qu'il doit être accablé de la calomnie, être étendu sur un lit, être réduit à l’aumône et être en proie aux tentations, aux sécheresses, abandons et autres peines d’esprit ; sa Croix, composée en sa largeur de toutes les circonstances les plus dures et les plus amères, soit de la part de ses amis, de ses domestiques, de ses parents ; sa Croix, enfin composée en Sa Profondeur des peines les plus cachées dont je l’affligerai, sans qu’il puisse trouver de consolation dans les créatures qui même, par mon ordre, lui tourneront le dos et s’uniront avec moi pour le faire souffrir.

Tollat, qu'il la porte, et non pas qu'il la traîne, et non pas qu'il la secoue, et non pas qu'il la retranche, et non pas qu'il la cache, c'est-à-dire qu'il la porte haute à la main, sans impatience ni chagrin, sans plainte ni murmure volontaire, sans partage ni ménagement naturel, sans honte et sans respect humain. Zo/Jat, qu'il la place sur son front, en disant avec saint Paul: ÂWihi absit gloriari, nisi in Cruce Domini nostri Jesu Christil A Dieu ne plaise que je prenne ma gloire en autre chose que la Croix de Jésus-Christ mon maître | Qu'il la porte sur ses épaules à l'exemple de Jésus- Christ, afin que cette Croix lui devienne l'arme de ses conquêtes et le sceptre de son empire, imperium principatus ejus Super humerum ejus; enfin, qu'il la mette dans son cœur par l'amour, pour la rendre un buisson ardent qui

brûle jc se cons

Cru n'ya ri doux, r chose] de la C

a pas u moi pli soient ] le sont l’autre :

avec nt la misé tiera et sera lé ceurs e le tem] nécessa est rése ce ven£ sang, q vantab sible, 9 sans m sans pi bornes

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le, être et être s, aban- X, comstances t de la , de ses sa prodont je consolaar mon >nt avec

qu'il la non pas \ cache, Lin, SANS nurmure nt natu- . Tollat, vec saint ruce Done plaise se que la

Qu'il la le Jésusne l’arme 1 empire, humerum cœur par rdent qui

brûle jour et nuit du pur amour de Dieu sans se consumer.

Crucem, la Croix, qu'il la porte, puisqu'il n’y a rien de si nécessaire, de si utile et de si doux, ni de si glorieux que de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ. En effet, chers Amis de la Croix, vous êtes tous pécheurs ; il n’y en a pas un parmi vous qui ne mérite l'enfer, et moi plus que personne. Il faut que nos péchés soient punis en ce monde ou dans l’autre; s'ils le sont en celui-ci, ils ne le seront pas dans l’autre ; si Dieu les punit en celui-ci de concert avec nous, la punition sera amoureuse, ce sera la miséricorde qui règne en ce monde qui châtiera et non la justice rigoureuse ; le châtiment: sera léger et passager, accompagné de douceurs et de mérites, suivi de récompenses dans le temps et l'éternité. Mais, si le châtiment nécessaire aux péchés que nous avons commis est réservé dans l’autre monde, ce sera la justice vengeresse de Dieu, qui met tout à feu et à sang, qui fera ce châtiment ! Châtiment épouvantable, Z4orrendum, ineffable, incompréhensible, qguis novit potestatem iræ tuæ? châtiment sans miséricorde, /udicium sine misericordia, sans pitié, sans soulagement, sans mérites, sans bornes et sans fin. Oui, sans fin ; ce péché mortel d'un moment que vous avez fait, cette pensée mauvaise et volontaire qui a échappé à votre connaissance, cette parole que le vent a emportée, cette petite action contre la loi de

RUE D à

Dieu, qui a si peu duré, sera punie une éternité, tant que Dieu sera Dieu, avec les démons dans les enfers, sans que ce Dieu des vengeances ait pitié de vos effroyables tourments, de vos sanglots et de vos larmes, capables de fendre les rochers. A jamais souffrir, sans mérite, Sans miséricorde et sans fin ! Ÿ pensons-nous, mes chers frères et sœurs, quand nous souffrons quelque peine en ce monde ! Que nous somnes donc heureux de faire un si heureux échange d’une peine éternelle et infructueuse en une passagère et méritoire, en portant cette Croix avec patience ! Combien avons-nous de dettes non payées! Combien avons-nous de péchés commis, pour l’'expiation desquels, même après une contrition amère et une confes:ion sincère, il faudra que nous souffrions dans le Purgatoire des siècles entiers, parce que nous nous sommes contentés en ce monde de quelques pénitences fort légères! Ah!

payons dans ce monde à l'amiable, en portant bien notre Croix ; tout est payé à la rigueur jusqu'au dernier denier jusqu’à une ‘parole oiseuse dans l’autre, Si nous pouvions seulement ravir au démun le livre de mort oùila marqué tous nos péchés el la peine qui leur est due, que nous trouverions un grand débit de compte, et que nous serions ravis de souffrir des années entières ici-bas, plutôt que de souffrir une seule journée en l’autre | Ne vous flattez-vous pas, mes Amis de la

Croix, deveni qu'il fe ami d amict.

eut le:

le fron

eu son calice :

désirei deman une fol petatis faut, « chose dans le tribula avec r:

vous d vous a car il f pas du ô quel êtes, c réprou monde se réjo citoye Si Die en tem se sou

éternité, ns dans nces ait vos sanndre iles te, sans Jus, mes ouffrons Jus somMheureux uctueuse ant cette -nous de -nous de desquels, une conouffrions rs, parce e monde s! Ah!

n portant a rigueur e ‘parole >ns seulertoüila e qui leur and débit de souffrir e de souf-

mis de la

JÉSUS RÉGNANT PAR MARIE 297 Croix, d'être les amis de Dieu ou de vouloir le devenir? Résolvez-vous donc à boire le calice qu'il faut boire nécessairement pour être fait ami de Dieu: Calicem Domini biberunt, et amici Dei facti sunt. Le bien-aimé Benjamin eut le calice, et ses autres frères n’eurent que le froment ; le grand favori de Jésus-Christ a eu son cœur, a monté au Calvaire et a bu au calice: Potestis bibere calicem? Ilest bon de désirer la gloire de Dieu, mais la désirer et la demander sans se résoudre à tout souffrir, c’est une folle et extravagante demande, escitis quid petatis... oportet per multas tribulationes ; 1 faut, oportet, c'est une nécessité ; c’est une chose indispensable ; il faut que nous entrions dans le Royaume des cieux par beaucoup de tribulations et de croix. Vous vous glorifiez avec raison d’être les enfants de Dieu, glorifiezvous donc des coups de fouet que ce bon Père vous a donnés et vous donnera dans la suite, car il fouette tous ses enfants. Si vous n'êtes pas du nombre de ses fils bien-aimés, vous êtes, ô quel malheur ! 6 quel coup de foudre ! vous êtes, comme dit saint Augustin, du nombre des réprouvés. Celui qui ne gémit pas dans ce monde, comme un pèlerin et un étranger, ne se réjouira pas dans l’autre monde comme un citoyen du Ciel, dit le même saint Augustin.

Si Dieu le Père ne vous envoie pas de temps en temps quelques bonnes croix, c’est qu'il ne se soucie plus de vous, c’est qu'il est en colère

à LE cp aus uient sm sittiitenemnnc eee © Le

contre vous ; il ne vous regarde plus que comme un étranger hors de sa maison et de sa protection, ou comme un enfant bâtard qui, ne méritant pas d’avoir sa portion dans l'héritage de son père, n’en mérite pas les soins et la correction. :

Amis de la Croix, écoliers d’un Dieu crucifié, le mystère de la Croix est un mystère inconnu des Gentils, rejeté des Juifs et méprisé des hérétiques et des mauvais catholiques ; mais c'est le grand mystère que vous devez apprerf dre en pratique dans l’école de Jésus-Christ et que vous ne pouvez apprendre qu’à son école.

Tous chercherez en vain dans toutes les académies de l'antiquité un philosophe qui l'ait enseigné; vous consulterez en vain la lumière des sens et de la raison: il n’y a que Jésus- Christ qui puisse vous enseigner et faire goûter ce mystère par sa grâce victorieuse, Rendezvous donc habiles en cette science suréminente sous un si grand Maître, et vous aurez toutes les autres sciences, puisqu'elle les renferme toutes éminemment : c’est notre philosophie naturelle et surnaturelle, notre théologie divine et mystérieuse et notre pierre philosophale qui change, par la patience, les métaux les plus grossiers en précieux, les douleurs les plus aiguës en délices, les pauvretés en richesses, les humiliations les plus profondes en gloire. Celui parmi vous qui sait mieux porter sa Croix, quand il ne saurait d’ailleurs ni æ ni 6, est le plus

savant qui,às les my:

qu’il ne Christ pauvre . VOUS sa plus qu’ si bien de Jésu nécessit est cour couronn couvert et les m sur le tr se repo:

ment co serait ui Compag pas: ce côtés, o élevés e disciple:

vous fer et à la v contraire chrétien Sauveur traîtres ; font le s

coma proui, ne ritage et la

ucifié, connu sé des ; mais pprerfirist et école.

acadéait enumière Jésusgoûter endezainente utes les toutes aturelle mystéchange, rossiers zuës en aumilialui par- , quand le plus

savant de tous. Ecoutez le grand saint Paul qui, à son retour du troisième ciel où il apprit les mystères cachés aux anges mêiae, s’écrie qu’il ne sait et qu'il ne veut savoir que Jésus- Christ crucifié. Réjouissez-vous, pauvre idiot, pauvre femme sans esprit et sans science ; Si

. Vous savez souffrir joyeusement, vous en saurez

plus qu’un docteur de Sorbonne qui ne sait pas si bien souffrir que vous. Vous êtes membres de Jésus-Christ, quel honheur ! Mais quelle nécessité de souffrir en cette qualité! Le Chef est couronné d’épines, et les membres seraient couronnés de roses! Le Chef est bafoué et couvert de boue dans le chemin du Calvaire, et les membres seraient couverts de parfums sur le trône! Le Chef n’a pas un oreiller pour se reposer, et les membres seraient délicatement couchés sur la plume et le duvet! Ce serait un monstre inouï. N on, non, mes chers Compagnons de la Croix, ne vous y trompez pas: ces chrétiens que vous voyez, de tous côtés, ornés à la mode, délicats à merveille, élevés et graves à l’excès, ne sont pas les vrais

disciples ni les vrais membre; de Jésus crucifié : vous feriez injure à ce Chef couronné d’épines et à la vérité de l'Evangile, que de croire le

contraire. © mon Dieu! que de fantômes de

chrétiens, qui se croient être les membres du

Sauveur et qui sont ses persécuteurs les plus

traîtres ; parce que, tandis que de la main ils

font le signe de la croix, ils en sont les enne-

Ha

mis dans leur cœur! Si vous êtes conduits par le même Esprit, si vous vivez de la même vie que Jésus Christ, votre Chef tout épineux, ne vous attendez qu'aux épines, qu'aux Coups de fouets, qu'aux clous, en un mot, qu’à Ja Croix, parce qu'il est nécéssaire que le disciple soit traité comme le maître et le membre comme le Chef, et si le Ciel vous présente comme à sainte Catherine de Sienne une couronne d'épines et une couronne de roses, choisissez avec elle la couronne d’épines sans bal:ncer, et vous l’enfoncez dans la tête pour ressembler à Jésus-Christ.

Vous n'ignorez pas que vous êtes les temples vivants du Saint-Esprit, et que vous devez, comme autant de pierres vives, être placées par ce Dieu d'amour au bâtiment de la Jérusalem céleste ; attendez-vous donc à être taillées, coupées et ciselées par le marteau de la Croix; autrement vous demeureriez comme des pierres brutes qu’on n’emploie à rien, qu’on méprise et qu'on rejette loin de soi. Prenez garde de faire régimber le marteau qui vous frappe, et prenez garde au ciseau qui vous taille et à la main qui vous tourne. Peut-être que cet habile et amoureux architecte veut faire de vous une des premières pierres de son édifice éternel, et un des plus beaux portraits de son Royaume céleste. Laissez-le donc faire, il vous aime, il sait ce qu'il fait, il à de l’expérience ; tous ses Coups sont adroits et amou-

reux: il1 le rende:

Saint-Esp qui purif ordures ; comme le vous êtes bientôt vc un feu qu de ses fla mant qui pour la ] autrefois ( creuset d’ où le faux souffrant ] en s’éleve c'est dans tentation purifient :

ennemis s ce et leurs Regarde regardez témoins qi vous dis.

Juste et tu.

net étranger

de son pay son frère ; ent; un

nduits même ineux, coups qu'à Ja isciple e comcomme uronne nisissez |: ncer, sembler

temples devez, placées Jérusataillées, , Croix; es pier- 1 mépriz garde frappe, e et à la cet habide vous ce éterde son faire, il e l’expé-

et amou-

reux: il n'en donne aucun de faux si vous ne le rendez inutile par votre impatience. Le Saint-Esprit compare la Croix tantôt à un van qui purifie le bon grain de la paille et des ordures; laissez-vous donc sans résistance, comme le grain du van, ballotter et remuer :

vous êtes dans le van du Pére de famille, et bientôt vous serez dans son grenier ; tantôt à un feu qui ôte la rouille du fer par la vivacité de ses flammes: notre Dieu est un feu consumant qui demeure, par la Croix, dans une âme pour la purifier sans la consumer, comme autrefois dans le buisson ardent ; tantôt à un creuset d’une forge où le bon or se raffine, et où le faux or s’évanouit en fumée, le bon en souffrant patiemment l'épreuve du feu, le faux en s'élevant en fumée contre ses flammes :

c'est dans le creuset de la tribulation et de la tentation que les vrais Amis de la Croix se purifient par leur patience, tandis que ses ennemis s’en vont en fumée par leur impatience et leurs murmures.

Regardez, mes chers Amis de la Croix, regardez devant vous une grande nuée de témoins qui prouvent sans dire mot ce que je vous dis. Voyez, comme en passant, un Abel juste et tué par son frère ; Un Abraham juste

pet étranger sur la terre ; un Lot juste et chassé

de son pays ; un Jacob juste et persécuté par

son frère ; un Tobie juste et frappé d'aveuglehumilié et

ent; un Job juste et appauvri,

DUR ns

1squ’à la martyrs jerges et chassés, nt Paul:

et le conen lui et fert pour] Voyez, à rçant qui e et innoeu aucun ne puis-je et de l’au-

souffrons

se la poten- du démon

je jouisse

‘uX animaux | mugissant mit la mail

à la Croix même de Jésus-Christ, malgré lui, et qui ne faisait que murmurer en la portant. Il vous arrivera enfin ce qui est arrivé au mauvais larron qui, du haut de sa croix, tomba dans le fond des abîmes. Non, non, cette terre maudite où nous vivons ne fait point de bienheureux; on ne voit pas bien clair en ce pays de ténèbres; on n'est point dans une parfaite tranquillité sur cette mer orageuse ; on n'est point sans combats dans ce lieu de tentation et ce champ de bataille; on n'est point sans piqûre sur cette terre couverte d'épines ; il faut que les prédestinés et les réprouvés y portent leur croix, bon gré mal gré. Retenez ces quatre vers :

Choisis une des Croix que tu vois au Calvaire, Choisis bien sagement, car il est nécessaire

De souffrir comme un saint ou comme un pénitent, Ou comme un réprouvé qui n’est jamais content.

C'est-à-dire que, si vous ne voulez pas souffrir avec joie comme Jésus-Christ, ou avec patience comme le bon larron, il faudra que vous souffriez malgré vous comme le mauvais larron ; il faudra que vous buviez jusqu’à la lie du calice e plus amer, sans aucune consolation de la srâce, et que vous portiez le poids tout entier

Me votre Croix, sans aucune aide puissante de

Jésus-Christ. Il faudra même que vous poriez le poids fatal que le démon ajoutera à otre Croix par l’impatience où elle vous jette-

ra, et qu'après avoir été malheureux avec le mauvais larron sur la terre, vous alliez le trouver dans les flammes.

Mais si, au contraire, vous souffrez comme il faut, la Croix deviendra un joug très doux que Jésus-Christ portera avec vous ; elle deviendra les deux ailes de l’âme qui s'élève au ciel; elle deviendra un mât de navire qui vous fera heureusement et facilement arriver au port du salut. Portez votre Croix patiemment, et par cette Croix bien portée, vous serez éclairés en vos ténèbres spirituelles, car qui ne souffre rien par la tentation ne sait rien. Portez votre Croix joyeusement, et vous serez embrasés du divin amour, car personne ne vit sans douleur dans le pur amour du Sauveur. On ne cueille de roses que parmi les épines; la Croix seule est la pâture de l'amour de Dieu, comme le bois est celle du feu. Souvenez-vous donc de cette belle sentence du livre de l’Imitation: Autant que vous vous ferez de violence en souffrant patiemment, autant vous avancerez dans l'amour divin. N'attendez rien de grand de ces âmes délicates et paresseuses qui refusent la Croix quand elle les aborde, et qui ne s’en procurent aucune avec discrétion ; c’est une terre inculte qui ne donnera que des épines, parce qu'elle n’est point coupée, battue ni

remuée par un sage ilaboureur; c'est une eau

croupissante qui n'est propre ni à laver ni à boire. Portez votre Croix joyeusement, et

vous y et vous laquelle frères, :

de sou Interro; n'ont j l’âme 4 tourmet Viennen martyr.

Thérèse disait se être mé, Jean de même !

Croyez souffre j

Saint-Es

joies por

de la Cr vre que ses, que trône, qu millions qui rem

captifs q

qu'on s’i

d’ici-bas,

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avec le lliez le

omme il >Jux que viendra el ; elle ra heuport du , et par airés en ffre rien Z votre rasés du douleur e cueille 1x seule mme le donc de itation :

en souf- -ez dans yrand de refusent ne s'en ’est une épines, attue ni

une eau à

ver ni à ment, et

VOUS y trouverez une force victorieuse à laquelle aucun de vos ennemis ne pourra résister, et vous y goûterez une douceur charmante à laquelle il n’y a rien de semblable. Oui, mes frères, sachez que le vrai Paradis terrestre est de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ.

Interrogez tous les saints, ils vous diront qu’ils n'ont jamais goûté un festin si délicieux à l'âme que lorsqu'ils ont souffert les plus grands tourments., Que fous les tourments du démon Viennent fondre sur moi, disait saint Ignace martyr. Ou souffrir ou mourir, disait sainte Thérèse. Mon pas mourir, mais souffrir, disait sainte Madeleine de .Pazzi. Soufrir çt être méprisé pour vous, disait le bienheureux Jean de la Croix, et tant d’autres ont tenu le même langage, comme on lit dans leur vie.

Croy«z Dieu, mes chers Frères : quand on souffre joyeusement pour Dieu, la Croix, dit le Saint-Esprit, est le sujet de toutes sortes de joies pour toutes sortes de personnes. La joie

de la Croix est plus grande que celle d’un pau-

vre que l'on combie de toutes sortes de riches-

ses, que la joie d’un paysan qu’on élève sur le

trône, que la joie d’un marchand qui gagne des

millions d’or, que la joie des généraux d’armée

qui remportent des victoires, que la joie des

captifs qui sont délivrés de leurs fers : enfin, qu'on s’imagine toutes jes pius grandes joies d'ici-bas, celle d’une personne crucifiée qui

souffre bien les renferme et les surpasse toutes.

Réjouissez-vous donc et tressaillez d’allégresse, lorsque Dieu vous fera part de quelque bonne croix; car ce qu'il y a de plus grand dans le ciel et en Dieu même tombe en vous, sans vous en apercevoir. Le grand présent de . Dieu que la Croix! Si vous le compreniez,

vous feriez dire des messes, vous feriez des neuvaines aux tombeaux des saints, vous entreprendriez de longs voyages, comme les saints ont fait, pour obtenir du Ciel ce divin présent. Le monde l'appelle une folie, une infamie, une sottise, une indiscrétion, une imprudence ; laissez dire ces aveugles : leur aveuglement, qui leur fait regarder la Croix en hommes et tout de travers, fait une partie de notre gloire ; toutes les fois qu’ils nous procurent quelques croix par leur mépris et leurs persécutions, ils nous donnent des bijoux, il nous mettent sur le trône, ils nous couronnent de lauriers ; que dis-je? toutes les richesses, tous les honneurs, tous les sceptres, toutes les couronnes brillantes des potentats et des empereurs ne sont pas ‘ comparables à la gloire de la Croix, dit saint Jean Chrysostôme; elle surpasse la gloire d'apôtre et d'écrivain sacré. Je quitterais volontiers le Ciel, s’il était à mon choix, dit ce saint homme éclairé du Saint-Esprit, pour endurer pour le Dieu du Ciel. Je préiérerais les cachots et les prisons aux trônes de l’Empyrée, je n’ai pas tant d'envie de la gloire des

Séraphins que des plus grandes croix. J'esti-

me m

comn ment:

morts Pierr cachc troisi dis.

né à.

noms, chisse enfer:

bien homn plernt cle, e serait Croix.

sur 1 acqui comp qu'op bien année croix Assur Ciel v

vous ( vous !

tout ll ment,

d’alléuelque grand | vous, ent de reniez, ez des entresaints résent.

ie, une e ; laisnt, qui et tout e; touss Croix ls nous sur le s; que nneurs, brillanont pas it saint gloire uitterais x, dit ce t, pour crérerais de j'Emoire des J'esti-

vero age 28 rt

me moins le don des miracles par lequel on commande aux démons, on ébranle les éléments, on arrête le soleil, on donne la vie aux morts, que l’honneur des souffrances. Saint Pierre et saint Paul sont plus glorieux dans les cachots, les fers aux pieds, que de s'élever au troisième Ciel et de recevoir les clefs du Paradis. En effet, n’est-ce pas la Croix qui a donné à Jésus-Christ #7 nom au-dessus de tous les noms, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse, au Ciel, et sur la terre, et dans les enfers? La gloire d’une personne qui souffre bien est si grande, que le Ciel, les anges, et les hommes, et le Dieu même du Ciel, la contemplent avec joie, comme le plus glorieux spectacle, et que si les saints avaient un désir, ce serait de revenir sur la terre porter quelques croix. Mais si cette gloire est si grande même sur la terre, quelle sera donc celle qu’elle acquiert dans le Ciel? Qui expliquera et qui comprendra jamais ce poids éteruel de gloire qu'opère en nous un seul moment d'une croix bien portée? Qui comprendra celle qu’une année, et quelquefois une vie tout entière de croix et de douleurs, opère dans le Ciel?

Assurément, mes chers Amis de la Croix, le Ciel vous prépare à quelque chose de grand, vous dit un grand Saint, puisque le Saint-Esprit vous unit si étroitement dans une chose que tout le monde fuit avec tant de soin. Assurément, Dieu veut faire autant de saints et de

saintes qué vous êtes d'Amis de ia Croix, si vous êtes fidèles à votre vocation, si Vous pOrtez votre croix comme il faut, comme Jésus- Christ l'a portée.

Mais il ne suffit pas de souffrir, le démon et le monde ont leurs martyrs ; mais il faut souffrir et porter sa Croix sur les traces de’ Jésus- Christ, seguatur me, qu'il me suive, c’est-à-dire de la-manière qu’il l'a portée, et voici pour cela lés règles que vous devez garder :

yo Ne vous procurez point exprès et par votre faute des croix; il ne faut pas faire du mal pour qu'il en arrive du bien ; il ne faut pas, sans une inspiration spéciale, faire les choses d'une mauvaise manière, pour s’attirer le mépris des hommes : il faut plutôt imiter Jésus-Christ dont il est dit qu’il a bien fait toutes choses, non pas par amour-propre ou par vanité, mais pour plaire à Dieu et pour gagner le ‘prochain. Et si vous vous acquittez le mieux que vous pourrez de vus emplois, vous n'y manquerez pas de contradictions, de persé-

cutions ni de mépris que la divine Providence vous enverra contre votre volonté et sans votre choix.

20 Si vous faites quelque chose d’indifférent dont le prochain se scandalise, quoique mal à propos, abstenez vous-en par charité, pour faire cesser le scandale des petits, et l’acte héroïque

de la charité que vous faites en cette occasion vaut infiniment mieux que la chose que vous

ixX, Si s por- Jésus-

ion et . souf- Jésusà-dire

pour

et par ire du ne faut ire les attirer imiter it touou par gagner ttez le s, vous > perséyidence :t sans

ifférent * mal à ur faire éroique )CCasion ue vous

faisiez ou que vous vouliez faire. Si cependant le bien que vous faites est nécessaire ou utile au prochain, et que quelque Pharisien ou mauvais esprit s’en scandalise mal à propos, consultez un sage pour savoir si la chose que vous faites est nécessaire et beaucoup utile au commun du prochain, et s’il la juge telle, continuezla et les laissez dire, pourvu qu'ils vous laissent faire, et répondez en cette occasion ce que répondit Nôtre-Seigneur à quelques-uns de ses Disciples qui vinrent !.: dire que les Scribes et les Pharisiens étaient :.…idalisés de ses paroles et de ses actions: Zaissez-les, ce sont des aveugles.

3° Quoique quelques saints et grands per-

sonnages aient demandé, recherché, et même se soient procuré par des actions ridicules, des croix, des mépris et des humiliations, adorons et admirons seulement l'opération extraordinaire du Saint-Esprit dans leur âme, et humilions-nous à la vue d’une si sublime vertu, sans

oser voler si haut, n'étant auprès de ces aigles

rapides et de ces lions rugissants que des

poules mouillées et des chiens morts.

4° Vous pouvez cependant, et même vous

devez demander la sagesse de la Croix, qui est une science savoureuse et expérimentale de la

vérité, qui fait voir dans le jour de la foi les

mystères les plus cachés, entre autres celui de la Croix, ce qu'on n'obtient que par de grands travaux, de profondes humiliations et des

RSS OT een

Re

prières ferventes. Si vous avez besoin de cet Esprit principal, qui fait porter les croix les plus lourdes avec courage ; de cet esprit bon et doux, qui fait goûter dans la partie supérieure de l'âme les amertumes les plus dégoûtantes ; de cet esprit sain et droit, qui ne cherche que Dieu; de cette science de la Croix, qui renferme toutes choses ; en un mot, de ce trésor infini dont le bon usage rend une âme participante de l'amitié de Dieu: deman-

dez la Sagèsse, demandez-la incessamment et

fortement, sans hésiter, sans crainte de ne la pas obtenir, et vous l'aurez immanquablement, et puis vous verrez clairement par expérience, comment il se peut faire qu’on désire, qu'on recherche et qu’on goûte la Croix.

so Quand vous aurez, par ignorance ou même par votre faute, fait quelque bévue qui vous procure quelque croix, humiliez-vous-en aussitôt en vous-même, sous la main puissante de Dieu, sans vous en troubler volontairement, disant, par exemple, intérieurement : Voilà, Seigneur, un tour de mon métier, et S'il y a du péché dans la faute que vous avez faite, prenez l'humiliation qui vous en revient COMME son châtiment, et s'il n’y a point de péché, comme une humiliation de votre orgueil. Sou-

vent, et même très souvent, Dieu permet que

ses pius grands serviteurs, qui sont les plus élevés en sa grâce, fassent des fautes des plus humiliantes, afin de les humilier à leurs yeux

cet

les et devant les hommes, afin de leur ôter la vue Jon et la pensée orgueilleuse des grâces qu’il leur pé- donne et du bien qu'ils font, afin gw’aucune oû- chair, comme dit le Saint-Esprit, ze se glorifie ne devant Dieu.

la 60 Soyez bien persuadés que tout ce qui est not, er nous est tout corrompu par le péché d'Adam une et par les péchés actuels, et non seulement les \an- sens du corps, mais toutes les puissances de L et l’âme, et que dès lors que notre esprit corrome la pu regarde quelque don de Dieu en nous ent, avec réflexion et complaisance, ce don, cette nce, action, cette grâce devient toute souillée et u'on corrompue, et Dieu en détourne ses yeux divins. Si les regards et les pensées de l'esprit

ou de l’homme gâtent ainsi les meilleures actions qui et les dons les plus divins, que dirons-nous des s-en actes de la volonté propre qui sont encore plus puis- corrompus que ceux de l'esprit? Après cela, ntai- il ne faut pas s'étonner si Dieu prerd plaisir à ent : cacher les siens dans les secrets de sa face, + s'il afin qu’ils ne soient point souillés par les aite, regards des hommes et par leurs propres conmme naissances ; et pour les cacher ainsi, que ne ché, permet et ne fait point ce Dieu jaloux? (Com- Sou- bien d’humiliations leur procure-t-il? En comque bien de fautes les laisse-t-il tomber? De quelplus les tentations permet-il qu’ils soient attaqués plus comme saint Paul? En quelles incertitudes, yeux ténèbres, perplexités les laisse-t-11? Oh que

Dieu est admirable dans ses saints et dans ies

voies qu'iltient pour les conduire à l'humilité et à la sainteté!

7° Prenez donc bien garde de croire, comme les dévots orgueilleux et pleins d'eux-mêmes, que vos croix sont grandes, qu'elles sont des épreuves de votre fidélité et des témoignages d'un amour singulier de Dieu en votre endroit ; ce piège d'orgueil spirituel est fort fin et délicat, mais plein de venin. Vous devez croire : 10 que votre orgueil et votre délicatesse vous fonc prentire pour des poutres, des pailles ; pour des plaies, des piqûres ; pour un éléphant, un rat; pour une injure atroce et un abandèn cruei, une petite parole en l’air, un petit rien dans la vérité ; 2° que les croix que Dieu vous envoie sont plutôt des châtiments amoureux de vos péchés, comme il est en effet, que des marques d’une bienveillance spéciale ; 3° que quelque croix et quelque humiliation qu’il vous envoie, il vous épargne infiniment, vu le nombre et l’énormité de vos crimes, que vous ne devez regarder qu’à travers la sainieté de Dieu, qui ne souffre rien d’impur, et que vous avez attaqué ; à travers un Dieu mourant, et accablé de douleurs à cause de l'apparence de votre péché ; et à travers un enfer éternel que vous avez mérité mille et peut-être cent mille fois ; 4 que dans la patience avec laquelle vous souffrez, vous y mêiez plus d’humain et üe naturel.que vous ne pensez: témoin ces petits ménagements ; ces secrètes recherches de la

cons relle

ces € tes, « ont f ment

regar avec | souffr beauc vaise souffr:

c'est qu'on lièrem vienne tantes.

recher Croix de bie obscur de grâ.

tes dot compt.

lité

mme mes, des ages roit ; délioire :

vous illes ; hant, ndén rien vous 1x de mar- ) que vous nom- 1s ne Dieu, AVEZ cablé votre vous > fois ; vous et de petits de la

consolation ; ces ouvertures de cœur si naturelles à vos amis, peut-être à votre directeur ; ces excuses si fines et si promptes ; ces plaintes, ou plutôt ces médisances de ceux qui vous ont fait le mal, si bien tournées, si charitablement prononcées ; ces retours et ces cmplaisances délicates en vos maux ; cette croyance de Lucifer, que vous êtes quelque chose de grand, etc. Je n'aurais jamais fait, s’il fallait ici décrire les tours et les détours de la nature, même dans les souffrances.

8° Faites profit et même davantage des petites souffrances que des grandes. Dieu ne regarde pas tant la souffrance que la manière avec laquelle on souffre, Souffrir beaucoup et souffrir mal, c’est souffrir en damné ; souffrir beaucoup et avec Courage, mais pour une mauvaise cause, c’est souffrir en martyr du démon ; souffrir peu ou beaucoup ét souffrir pour Dieu, c'est souffrir en saint. S'il est vrai de dire qu'on peut faire choix des Croix, c’est particulièrement des petites et wbscures quand elles viennent en parallèle avec les grandes et éclatantes. L’orgueil de la nature peut demander, rechercher, et même choisir et embrasser les croix grandes et éclatantes ; mais de choisir et de bien joyeusement porter les croix petites et obscures, ce ne peut être que l'effet d’une grande grâce et d’une grande fidélité à Dieu. Faites donc comme le marchand au regard de son comptoir : faites profit de toùt, ne laissez pas

314 JÉSUS RÉGNANT PAR MARIE perdre la moindre parcelle de la vraie Croix, quand ce ne serait qu'une piqûre de mouche ou d’épingle, qu'un petit travers d’un voisin, qu'une petite injure par méprise, qu’une petite perte d’un denier, qu'un petit trouble dans l'âme, qu'une petite lassitude dans le corp, qu'une petite douleur dans un de vos membres, etc. Faites profit de tout, comme l'épicier de sa boutique, et vous deviendrez bientôt riches en Dieu, comme il devient riche en argent, en mettant dénier sur denier dans son comptoir.

A la moindre petite traverse qui vous arrive, dites : Dieu soit béni, mon Dieu, je vous remersie; puis cachez dans a mémoire de Dieu, qui est comme votre comptoir, la croix que vous venez de gagner ; et puis ne vous en SOUVENEZ plus que pour dire: Grand merci où miséricorde.

o Quand on vous dit d’aimer la Croix, on ne vous parle pas d'un amour sensible, qui est impossible à la nature ; distinguez donc bien trois amours : l'amour sensible, l'amour raisbnnable, l'amour fidèle et suprême, ou autrement l'amour de la partie inférieure qui est la chair, l'amour de la partie supérieure qui est la raison, et l'amour de la partie suprême, ou cime de l’âme, qui est l'intelligence éclairée de la foi. Dieu ne demande pas de vous que vous aimiez la Croix de la volonté de la chair ; comme elle est toute corrompue et criminelle, tout ce qui en naît est corrompu, et même elle ne peut être

sourr à sa Seigr s’'écri ct no lhom n’a p à plu:

romp!

la vér sensit sieurs vient chair ; qui e Saint-.

sur Ja momet dire :

d'allés autre a nable, [ est lar comme qu'on a ble et Intérieu raisonn:

n'est P:

Joyeuse Yaun:a

Croix, ouche roisin, petite dans COTE 5 nbres, ier de riches nt, en 1ptoir.

arrive, remereu, qui e vous uvenez miséri-

oix, on qui est ic bien raisbntrement a chair, | la raiou cime le la foi.

aimiez me elle it ce qui eut être

soumise par elle-même à la volonté de Dieu et à sa loi crucifiante, C’est Pourquoi Notre- Seigneur, parlant d'elle au Jardin des Olives, s'écria: Mon Père, que votre volonté soit faite,

€ non la mienne. Si la partie inférieure de l’homme en Jésus-Christ, quoiqu'elle fût Sainte, n’a pu aimer la Croix sans aucune interruption, à plus forte raison la nôtre qui est toute corrompue la repoussera-t-elle. Nous pouvons à la vérité éprouver quelquefois une joie même sensible de ce que nous souffrons, comme plusieurs saints ont ressenti: mais cette joie ne vient pas de la chair, quoiqu’elle soit dans la chair ; elle ne vient que de la partie supérieure qui est si remplie de cette divine joie du Saint-Esprit, qu’elle Ja fai jai

Sur la partie inférieure ; moment la personne la dire: Mon cœur et ma d'allégresse dans Le

est la raison : cet amour

Dieu, il est perceptil'âme, il la réjouit intérieurement et la fortifie. Mais cet amour raisonnable et aPETÇU, quoique bon et très bon, n'est pas toujours nécessaire pour souffrir Cest pourquoi il

et de la pointe

JoÿYeusement et divinement.

Y à Un autre amour de la cime

b se Mt PPT 0 .

tres de la vie spirituelle, t les philosophes, Par dans les sens,

sans apercevoir aucun plaisir raisonnable dans l'âme, on aime cependant et On goûte, par la

vue de la pure foi, Ja Croix qu’on porte, quoirre et en alarmes

que souvent tout soit en gue

dans la partie inférieure qui gémit, qui se

plaint, qui pleure et qui cherche à se soulager,

en sorte qu'on dise avec Jésus-Christ : Mon

Père, Que votre volonté soit faite et n07 pas la

mienne; OÙ avec la sainte Vierge : Voict fait selon

l'esclave du Seigneur; qu'il ime soit votre parole. C’est de l’un de ces deux amours

de la partie supérieure que nous devons aimer

et agréer la Croix.

109 Résolvez-vous;, chers Amis de la Croix,

à souffrir toutes sortes de croix sans exception

et sans choix : toute pauvreté, toute injustice, toute humiliation,

toute perte, toute maladie, omnie, toute séchentérieure et

de l'âme, disent les mai

ou de l'intelligence; disen lequel sans ressentir aucune JOIe

toute contradiction, toute cal resse, tout abandon, toute peine ?

extérieure ; -disant toujours : Mon cœur est

préparé, mon Dieu, mon CŒur est préparé.

Préparez-vous donc à être délaissés des hommes et des anges, et comme de Dieu même, à être persécutés, enviés, trahis, calomniés, décrédités et abandonnés de tous ; à souffrir la :£ Ja mendicité, là nudité, l'exil, la t toutes sortes de supplices,

quoique vous ne l'ayez pas mérité pour les Cri-

drift

mes € qu’ap neur, son c Hong dans] un fut qu'on plaies ne ref qu’ave laisse des de moind ment € divine parfait une sai Pren grand :

dat dar louang regarde sur Jeu:

qu'avec armées choses

des hon

homme:

Qu'est

tuelle, s, par

;s sens; e dans par la , quoilarmes qui se ulager;, + Mon pas la . Woict it selon amours 1s aimer

a Croix, xception injustice; miliation, ite sécherieure et cœur est préparé.

des hom- [eu même, -alomniés, souffrir la

, l'exil, la |

supplices, our les Cri-

mes qu’on vous impose, Enfin imaginez-vous qu'après avoir perdu vos biens et votre honneur, après aVoir été jetés hors de votre maison comme Job et sainte Elisabeth, reine de Hongrie, on vous jette comme cette sainte dans la boue, on vous traîne comme Job sur un fumier, tout puant et couvert d’ulcères, sans qu'on vous donne du linge pour mettre sur vos plaies, ni un morceau de pain à manger, qu’on ne refuserait pas à un cheval ou à un chien, et qu'avec tous ces maux extrêmes Dieu vous laisse comme en proie à toutes les tentations des démons, sans verser dans votre âme la moindre consolation sensible. Croyez fermement que voilà le souverain point de la gloire divine et de la félicité véritable d’un vrai et parfait Ami de la Croix.

11° Pour vous aider à bien souffrir, faites-vous une sainte habitude de regarder quatre choses : Premièrement, l'œil de Dieu, qui, comme un grand roi, du haut d’une tour, regarde son soldat dans la mêlée avec complaisance et avec louange de son Courage. Qu'est-ce que Dieu regarde sur la terre? Les rois et empereurs sur leurs trônes? Il ne les regarde souvent qu'avec mépris ; les grandes victoires des armées de l'Etat, les pierres précieuses, les choses en un mot qui sont grandes aux yeux

des hommes? Ce qui est grand aux yeux des

hommes est une abomination devant Dieu.

Qu'est-ce donc qu'il regarde avec plaisir et

complaisance et dont il demande des nouvelles fe aux anges et aux démons mêmes? C'est un re age homme qui se bat pour Dieu avec la fortune, ae avec le monde, avec l'enfer et avec soi-même, pus un homme qui porte joyeusement sa croix. va N'as-tu pas vu sur la terre une grande merveille ae : que tout le ciel regarde avec admiration, dit le E +3) Seigneur à Satan? ÂW'as-lu pas VU M0 ser vi- Ed cr teur Job, qui souffre pour mot ? LL.

Secondement, considérez la main de ce puis- Ds sant Seigneur qui fait tout le mal de la nature + ha qui nous arrive, depuis le plus grand jusqu’au mortif La même main qui à mis une armée thai :

de cent mille hommes SÛr Je carreau a fait attei : tomber la feuille de l'arbre et le cheveu de sh votre tête ; la main qui avait touché Job rude- pas h ment vous touche doucement par le petit mal de ke qu’elle vous fait. De la même main il forme d'in Je jour et la nuit, le soleil et les ténèbres, le etäl £ bien et le mal; il à permis les péchés qu'on LL. commet en vous choquant, il n’en a pas fait la me il L mais il en à permis Vaction. Ainsi votre yand vous verrez un Séméi vous dire des. inju- diquei

vous jeter des pierres comme au roi David, chemin

nt, laissons-le faire,

onné d'en ag!

toutes sortes d'outrage ce que Dieu me puünit.

pez point, ne dites mot:

“Ne nous vengeons dans 1 car le Seigneur lui a dans la irainsi. Je sais que j'ai mérité À vous gl s et que c'est avec justi- tre

Arrêtez-VOUS, MES E vous ar et votre menace

n vous-mêmes :

vous, ma langue;

velles est un )rtune; même, croix. rveille , dit le y SerUt-

*e puis-

, nature usqu’au

e armée

1 A fait eveu de bb rudeetit mal il forme èbres, le és qu'on as fait la 1, Ainsi des. injuoi David, vengeons eur lui a j'ai mérité avec juStl-

yous, mes k

s, ne frap- > ou cette

JÉSUS RÉGNANT PAR MARIE 319 femme me disent ou font des injures, ce sont les ambassadeurs de Dieu qui viennent de la part de sa miséricorde pour tirer vengeance à l'amiable. N'irritons Pas sa justice en usurpant les droits de sa véngeance, ne méprisons pas sa miséricorde en résistant à ses coups le fouet tout amoureux, de peur qu'elle ne nous renvoie pour se venger à la pure justice de l'éternité.” Regardez une main de Dieu toute puissante et infiniment prudente qui vous soutient, tandis que son autre vous frappe; il mortifie d’une main et vivifie de l'autre ; il abaisse et il relève, et de ses deux bras il atteint d’un bout à l’autre de votre vie doucement et fortement, doucement en ne permettant Pas que vous soyez tentés et affigés au-dessus de vos forces, fortement en vous secondant d’une grâce puissante qui correspond à la force et à la durée de la tentation et de l’affiction ; fortement encore en devenant lui-même, somme ille dit par l'esprit de sa sainte Eglise, votre appui sur le bord du précipice auprès duquel vous êtes, votre Compagnon dans le chemin où vous vous égarez, votre ombrage dans le chaud qui vous brûle, votre vêtement dans la pluie qui vous mouille et le froid qui vous glace, votre voiture dans la lassitude qui vous accable, votre secours dans l’adversité qui vous arrive, votre bâton dans les pas glissants et votre port au milieu des tempêtes qui vous menacent de ruine et de naufrage

Res —

320 JÉSUS RÉGNANT PAR MARIE Troisièmement, regardez les plaies et les | douleurs de Jésus-Christ crucifié. Il vous le dit lui-même : ‘“ O vous tous, qui passez par la voie épineuse et crucifiée par laquelle j'ai passé, regardez et Voyez ; regardez des yeux mêmes de votre corps, et voyez par les yeux de votre contemplation, si votre pauvreté, voire nudité, votre mépris, vos douleurs, vos abandons sont semblables aux miens; regardezmoi, moi qui suis innocent, et plaignez-vous, vous qui êtes coupables.” Le Saint-Esprit nous ordonne par la bouche des Apôtres, ce même regard de Jésus-Christ crucifié ; 1l nous commande de nous armer de cette pensée plus perçante et plus terrible à tous nos ennemis que toutes les autres armes. Quand vous serez attaqués par la pauvreté, l'abjection, la douleur, la tentation et les autres croix, armezvous d’un bouclier, d'une cuirasse, d'un casque, d’une épée à deux tranchants, savoir de la pensée de Jésus-Christ crucifié ; voilà la solution de toute difficulté et la victoire de tout ennemi. Quatrièmement, regardez 6% haut la belle couronne qui vous attend dans le Ciel, si vous portez bien votre croix. C'est cette récomense qui a soutenu les Patriarches et les Prophètes dans leur foi et leurs persécutions, qui à animé les Apôtres et les Maïtyrs dans leurs travaux et leurs tourments. Nous aimons mieux, disaient les Patriarches avec Moïse, nous aimons mieux vire afiigés avec le peuple

de L lui, à crim lions Prop des 7; facle 710$ $0 thème Marty éme, d'une , dons s ‘“ Prer Pour I:

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JÉsus RÉGNANT PAR MARIE

de Dieu, pour être lui, que de Jouir po criminel.

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lacle au monde, 710$ Soufrances, et comme la thème dy Monde, disaient ] Martyrs avec saint Paul,

UT un moment d'un Plaisir

marquée Si vous la

Couronne, Patiemment,

Regardons en bas

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Saint Augustin : Brâles, ergreur, Coupez, laillez, {ranchez en ce mondecé Pour punir mes Péchés,

Pourvu que vous des

dans l'éternité,

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120 Ne vous plaignez jamais volontairement et avec murmure des créatures dont Dieu se sert pour vous affiger. Distinguez pour cela trois sortes de plaintes dans les maux.

première est involontaire et naturelle: c'est celle du corps qui gémit, qui soupire, qui se plaint, qui pleure, qui se lamente ; quand l'âme, comme j'ai dit, est résignée à la volonté de Dieu dans sa partie supérieure, il n’y a aucun péché. La seconde est raisonnable : c'est quand on se plaint et découvre son mal à ceux qui peuvent y mettre ordre, comme un Supérieur, un médecin: cette plainte peut être imparfaite quand elle est trop empressée, mais elle n’est pas péché. La troisième est criminelle: c'est lorsqu'on se plaint du prochain

pour s’exempter du mal qu’il nous fait souffrir

ou pour se venger, OU qu'on se plaint de la douleur que l’on souffre, en consentant à cette plainte et y ajoutant limpatience et le murmure. 13° Ne recevez jamais aucune croix sans la baiser humblement, avec reconnaissance, et uand Dieu tout bon vous aura favorisés de

quelque croix un peu considérable, remerciezl'en d’une manière spécl

jaie et l’en faites remercier par d’autres, à l'exemple de cette pauvre femme, qui, ayant perdu tout son bien par un

procès injuste qu'on lui suscita, fit aussitôt

dire une messe d'une pièce de dix sous qui lui

restait, aventure qui lui était arrivée.

140 Si vous voulez vous rendre dignes de

afin de remercier Dieu de la bonne

rece

part gez-\ dire.

quel que disai Jésu:

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« sans la ance, et orisés de merciezes remeTre pauvre n par un aussitôt as qui lui

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recevoir les croix qui vous viendront sans votre participation, et qui sont les meilleures, char- 8ez-vous-en de voiontaires, avec l'avis d’un bon directeur. Par exemple, avez-vous chez vous quelque meuble inutile auquel vous ayez quelque affection? Donnez-le aux pauvres en disant : “ Voudrais-tu avoir du superflu, qr :nd Jésus est si pauvre ?” Avez-vous horreur de quelque nourriture, de quelque acte de vertu, de quelque mauvaise odeur ? Goûtez, pratiquez, Sentez, vainquez-vous. Aimez-vous avec un peu trop de tendre et empressé quelque personne, quelques objets ? Absentez-vous, privez-vous, éloignez-vous de ce qui vous flatte. Avez-vous quelque saillie de nature pour voir,

-Pour agir, pour paraître, pour aller en quelque endro:i: ? Arrêtez-vous, taisez-vous, cachezvous, détournez vos yeux. Haïssez-vous natu-

rellement un tel objet, une telle personne ?

Allez-y fréquemment, surmontez-vous.. Si vous

êtes yraiment Ami de la Croix, l'amour qui est

toujours industrieux, vous fera trouver ainsi mille petites croix, dont vous vous enrichirez insensibiement, Sans crainte de la vanité, qui se mêle souvent dans la patience avec laquelle on endure les. croix éclatantes, et parce que vous aurez été ainsi fidèles en peu de chose, le

Seigneur, comme il l'a promis, vous établira

Sur beaucoup, c'est-à-dire sur beaucoup de

grâces qu'il vous donnera, sur beaucoup de

croix qu’il vous enverra, sur beaucoup de gloire qu’il vous préparera.

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